‹ EphesiacaChapitre 9 sur 23 · Créophyle, dans Athénée, VIII, O2 (éd. Kaibel · texte numérisé non relu

Créophyle, dans Athénée, VIII, O2 (éd. Kaibel

ti. Hist. nal., V, ii5 (éd. Sillig).

y. Forschungen in Ephesos, t. I, p. /19 et 58.

LA TOPOGUAPIIIE D El'HESE IQ

qu'on entreprit de le reconstruire^ il fallut surélever de 2"" 68 le stylobate du nouveau temple et porter à dix le nombre des gradins du soubassement. Cet exhaussement anormal de l'infrastructure prouve que le travail de superposition des couches alluviales, par lequel, en 2,5oo ans, le temple fut recouvert d'un suaire épais de 8 à 9 mètres, avait puissamment cru. Au temps de la naissance d'Alexandre, le vieux port ne devait plus être qu'une lagune impraticable aux trières et presque exclusivement sillonnée par les barques de pêche. C'est ce qui explique qu'en 287 Lysimaque ait transféré le gros de la population à une demi-lieue plus loin, dans le quartier de Boudroumia. La fondation de la nouvelle Ephèse ne fut donc nullement le caprice d'un despote, mais un acte de prévoyante intelligence, qui, en maintenant le contact avec la mer, empêcha la vie politique et commerciale de disparaître du pays.

Conçue et tracée d'après un plan grandiose, entourée d'une enceinte de murs et de tours qui représentent un des plus beaux types de fortification de l'Orient grec, la cité de Lysimaque, un moment parée du nom d'Arsinoeia, en l'honneur de la dernière femme du roi, acquit une étendue et prit une importance que n'avait jamais eues le vieux château d'Androclos. Mais le port et le fleuve continuaient à être des frères ennemis; le rôle mondial de l'un ne pouvait durer qu'au prix d'une lutte acharnée contre l'autre. En 190 avant Jésus-Christ, durant la guerre contre Antiochus III, on devait, pour atteindre la rade de Boudroumia, franchir au préalable un long chenal obstrué par des bancs de sable'. Le bassin, alors comme aujourd'hui, offrait la configuration d'une outre dont le col s'efTilc. C'est ce qui suggéra au chef de la flotte romaine l'idée d'y bloquer Polyxénidas, l'amiral commandant l'escadre syrienne, en coulant des vaisseaux de transport à l'orifice du goulet 2. On voit que la manœuvre de l'embouteillage, rendue célèbre par la dernière guerre de Cuba, n'est pas une invention contemporaine.

I. " InDuminis modumi longuni cl anguslum et vadosum » (Tile-Livc, XXXVIIj «4,7).

a. Titc-Livc, mcinc cliapilrc.

iO ÈPHESIACA

Quatre siècles ont passé depuis Lysimaque et le nouveau port est retombé dans la même situation précaire que l'ancien. Pour disputer la ville à l'étreinte du fleuve, il eût fallu recommencer la gigantesque entreprise de 287, reprendre la marche à l'ouest, battre en retraite de Coressos à Panormos. Mais, avec Rome, le monde avait changé d'axe. L'ionie ne tenait plus, dans la Méditerranée, qu'une place subalterne. Hadrien répara; il ne sauva pas. Génie clair et positif, peu enclin aux conceptions démesurées, il borna son œuvre à détourner le cours du Caystre et à rendre, provisoirement, les ports à la navigation'.

Éphèse est alors à son apogée. Elle comprend deux villes : lune, la ville administrative, militaire et marchande, largement à l'aise dans le périmètre de ses remparts; l'autre, la ville religieuse, groupée autour de l'Artémision. Deux voies partant du sanctuaire et divergeant, celle du nord, vers la porte voisine du stade, celle du sud, vers la porte de Magnésie, réunissent le château d'Androclos à l'enceinte de Lysimaque, comme, en Attique, les Longs Murs, les «Jambes », joignaient Athènes au Pirée. De l'acropole d'Ayasolouk au dernier ballon du Bulbul-Dagh, sur un arc de cercle de six kilomètres, c'est une succession ininterrompue de quartiers, de portiques et de monuments.

L'invasion des Gotlis, en 268, marque le déclin. A l'est de la plaine, l'Artémision, incendié et pillé, reste en ruines. A l'ouest, la ville de Lysimaque, appauvrie, abandonnée, se tasse sur elle-même. Plus l'insécurité grandit, plus l'enceinte se rapetisse : c'est à peine si le mur byzantin englobe la terrasse de Boudroumia et la moitié du Panayir-Dagh. On a cessé le duel contre le fleuve. En renonçant à la mer, Ephèse dit adieu à la vie. Sous Justinien, la population désertant la cité hellénistique, reflue vers la colline d'Ayasolouk. Elle y végète quelques siècles; puis, la conquête turque létreint et l'étoufîe. Les cités, comme les hommes, reviennent parfois mourir à leur berceau.

),i|i3va; TtOTafiov K-x-Jfj-^'yj CBiill, de Corr. hellén,, t. I, 1877, p. 291, n» 78, I. i3-i6). Nous avons vu qu'à cette date « les ports» désignent Boudroumia et Panormos.

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