‹ ÉpicureChapitre 104 sur 121 · Stobée, Floril., XLV · texte numérisé non relu

Stobée, Floril., XLV

peuple, parce que le peuple n'approuve pas ce que je sais et que j'ignore ce que le peuple approuve. » Il se consolait aisément de ce que son nom même était inconnu. « Au milieu des biens infinis que nous procurait la sagesse, nous ne nous sommes jamais aperçus, Métrodore ni moi, que c'ait été un mal pour nous que cette Grèce si fameuse non seulement ne nous ait point connus, mais n'ait presque pas entendu parler même de nos noms. Nous étions Tun à l'autre un assez ample théâtre. » Métrodore écrivait de son côté : « Ne nous occupons pas de sauver la Grèce ni de mériter des couronnes civiques : la seule couronne désirable est celle delà sagesse. » Epicure en effet avait l'orgueil de croire que la postérité lui rendrait justice ; nous avons vu ce qu'il écrivait à Idoménée. Il se croyait et se disait sage : Se unus qiiod sciam sapientem proflteri sit ausus V Que nous voilà loin des anciens Grecs qui s'adonnaient avec tant de passion aux affaires de la cité ! Platon et Aristote eux-mêmes ne séparaient pas la vie sociale de la vie morale et considéraient la politique comme faisant partie intégrante de l'éthique. Epicure ne paraît pas avoir eu de théorie en politique ni en sociologie. Il méprisait les bar-

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