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GicÉRON, De finibus, II, m

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bares, il croyait que les Grecs seuls sont capables et dignes de philosopher, (jlovou;; 'ElV/ivaç (piXococp-Ticat ^uvaaôat *. Il n'est plus question chez lui des moyens de reconquérir ou de sauvegarder la liberté politique ; il ne s'inquiète que d'assurer la liberté intérieure. Il va jusqu'à dire qu'à l'occasion le sage ne refusera pas de faire la cour aux princes ; il sacrifiera donc même sa dignité personnelle au souci de garantir sa tranquillité. Il ne semble pas qu'Epicure ait connu le sentiment de l'honneur.

Cependant la règle posée comporte des exceptions. Il est clair que si tout le monde l'observait à la lettre, l'espèce humaine ne tarderait pas à s'éteindre et que les affaires publiques, abandonnées aux insensés, iraient déplus en plus mal; il y a donc des hommes qui font sagement de se marier et de s'occuper de politique. De même il y a des cas où le sage devra ouvrir école, écrire des livres, faire des lectures publiques ; d'autres fois il devra s'arrêter au parti contraire. Tous les hommes ne sont pas appelés aux mêmes choses. C'est à chacun de se connaître soi-même, comme le recommandait Socrate, et de vivre conformément à sa propre nature. Voilà des préceptes parfaitement raisonnables ; le malheur est qu'ils ne se concilient

1. DioGÈNE Laerce, X, 117.— Clément d'Alexandrie, Strom., 1. XV, 67.

guère avec la prétention souvent affirmée de donner des règles universelles, avec cette affirmation tant de fois répétée que la nature est partout et toujours la même. Pour lui, c'est le célibat qui est la règle, le mariage Texception, ce qui ne paraît pas d'accord avec les lois de la nature. Quand on n'est pas sûr d'être né pour le mariage ou pour les affaires publiques, c'est folie d'en courir le risque : rien n'est plus funeste à l'homme que la présomption. Mais à quoi le sage reconnaîtra-t-il qu'il doit rester célibataire ou contracter mariage, qu'il est né pour la vie politique ou qu'il doit préférer une condition privée? Certains hommes sont tourmentés d'un violent amour de la gloire, ils ont des qualités qui les rendent éminemment propres à gérer les affaires publiques; leur naissance les y invite ou bien le hasard des événements ; ils sont de famille royale ou le prince les appelle dans ses conseils. Il n'est pas moins pénible à ceux qui sont nés pour les affaires de se tenir dans le repos qu'à ceux qui sont nés pour le repos de s'occuper des affaires. Epicure ne parle pas des temps où la République fait appel à tous les bons citoyens, aux hommes sages et vertueux, et leur demande de lui sacrifier leur repos.

Les hommes vivent en société ; nous devons nous appliquer à tirer tout le parti possible de cette con-

dition. L'essence de la justice est la réciprocité; il nous faut faire en sorte de nous attirer la reconnaissance ou du moins la bienveillance, la sympathie des autres; de notre côté nous devons nous montrer reconnaissants envers ceux qui nous ont fait du bien; cette vertu délicate, le sage seul connaît comment il faut la pratiquer. Nous devons ne jamais porter atteinte au droit d'autrui pour être sûr que notre droit ne sera pas méconnu, [M-h p>.à7rT£tv àXk/i'kQuç (///lâs ^IxizTec^ctiy ^ nec lœdere nec violari^. Le fondement de Tordre social, c'est la pratique de la justice ; l'origine de la justice est une convention adoptée pour concilier les intérêts des particuliers, <7u[xêo"Xov tou GU(i,(p£povToç. La justice n'a pas un principe antérieur et supérieur à l'existence des sociétés humaines, c'en est plutôt le résultat : aucune action ne peut être appelée juste ou injuste, aucun objet n'est mien ni tien avant l'institution des lois. On a souvent remarqué combien cette politique individualiste était d'accord avec la cosmologie atomistique du maître.

« Il n'y a ni justice ni injustice à l'égard des animaux qui, par leur férocité, n'ont pu vivre avec l'homme sans l'attaquer et sans être attaqués à leur tour. Il en est de même de ces na-

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