Lucrèce, V
tionsavec qui Ton n'a pu contracter d'alliance pour empêcher les offenses réciproques ' . » Les animaux carnassiers, si féroces qu'ils soient, lorsqu'ils dévorent les oiseaux ou les brebis, ne commettent pas d'injustice; il en est de même de l'homme qui les tue pour les manger ou pour se défendre. Enfin quand nous massacrons les barbares, ce peut être l'effet de la colère ou de la méchanceté, mais ce n'est pas une injustice. Épicure en effet ne s'est point élevé au-dessus des préjugés de son pays et de son temps contre les barbares : il y a là une étroitesse d'esprit que nous avons le droit de trouver choquante. Les Grecs seuls, dit-il, sont capables d'être philosophes. Ignorait-il donc que, lors de l'expédition d'Alexandre, on avait trouvé dans l'Inde des philosophes dont les Grecs avaient admiré la sagesse? C'est l'expérience qui a enseigné aux hommes les règles qu'ils se sont données et qu'ils ont souvent modifiées selon les pays et selon les siècles ; car les différentes nations ont des lois très différentes et cette diversité s'explique sans peine. Grâce au règne des lois, nous jouissons de la sécurité que tous nous désirons si fort. Afin d'assurer l'observation des lois, tous les peuples punissent de