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DiOGÈNE Laerce, X

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D'après certains commentateurs, Epicure, outre ses jardins d'Athènes, aurait encore possédé une maison de campagne à Mélité et l'aurait léguée, elle aussi, à son école. Mais si nous regardons les plans d'Athènes et de l'Attique qui ont été reconstitués par les archéologues, nous voyons que le nom de Mélité désigne non pas une localité distincte, mais un quartier de la ville, près de la porte occidentale. Nous croyons donc qu'Épicure avait non pas deux propriétés, l'une en deçà, l'autre au delà des murs, mais une seule, comprenant jardin (xvjtwo;) et maison d'habitation, sise dans Athènes tout près de l'extrémité du faubourg.

Malgré les troubles qui affligèrent la Grèce, Epicure passa à Athènes toute la seconde partie de sa vie, excepté deux ou trois voyages qu'il* fît sur les confins de l'Ionie, pour rendre visite à des amis. Il ne se mêla point des affaires publiques, ne joua aucun rôle dans les révolutions successives de sa patrie, ne s'attira ni sur lui ni sur ses amis la haine d'aucun parti. Sa carrière ne fut donc signalée par aucun événement important et les historiens anciens ne nous rapportent pas sur son compte d'anecdotes intéressantes. Pendant un siège de la ville, alors que les habitants souffraient cruellement de la disette, il nourrit ses

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disciples en partageant avec eux les provisions de fèves qu'il avait eu la précaution de mettre en réserve, et donnant aux autres tout autant qu'il en gardait pour lui-même (îtar' àpiôpv).

La vogue qu'il obtint ne fut pas éphémère ; elle se prolongea sans interruption pendant 36 ailnées; elle consola Epicure des cruelles atteintes d'une terrible maladie, la pierre; il la supporta avec une grande fermeté et mourut en 270, la 2^ année de la 127'' Olympiade, à l'âge de soixantedouze ans. Il donnait de cette fermeté des marques bien ingénieuses et bien délicates. « Pendant mes maladies, écrit-il, je ne parlais à personne de ce que je souffrais dans mon misérable corps ; je n'avais point avec ceux qui venaient me voir de ces sortes de conversation. Je ne les entl'etenais que de ce qui tient le premier rang dans la nature. Je m'attachais surtout à leur faire voir comment notre âme, sans être insensible aux commotions de la chair, pouvait cependant être exempte de troubles et se maintenir dans la jouissance paisible du bien qui lui est propre. En appelant des médecins, je ne contribuais point par ma faiblesse à leur faire prendre des airs importants, comme si la vie, qu'ils tâchaient de me conserver, était pour moi un grand bien. En ce temps-là même je vivais tranquille et heu-

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reux*. )) Sa constance ne se démentit pas même au moment de la mort; voici en effet sa dernière lettre à Idoménée. « Ce jour où je t'écris est le dernier de ma vie et aussi un jour heureux. Je ressens des douleurs de vessie et d'entrailles telles qu'on n'en saurait concevoir de plus violentes ; mais ces souffrances sont compensées par la joie qu'apporte à mou âme le souvenir de nos conversations". » Dans les derniers temps de sa vie, il ne pouvait ni supporter un vêtement, ni descendre de son lit, ni souffrir la lumière, ni voir du feu. Hermarchus rapporte qu'après avoir été tourmenté par d'incessantes douleurs pendant 14 jours, s'étant fait mettre dans une cuve d'airain pleine d'eau chaude pour donner quelque répit à son mal et ayant bu un peu de vin, il exhorta ses amis à se souvenir de ses préceptes et finit sa vie dans cet entretien. Guyau compare la sérénité de la mort d'Epicure à celle de Socrate. D'autres historiens au contraire ont été jusqu'à dire que ces pratiques constituaient un véritable suicide. Nous ne sommes pas de cet avis : le recours à une mort volontaire dans de telles circonstances n'aurait pas été d'accord avec les enseignements d'Epicure et rien dans son at-

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