DiOGÈivE Laerce, X
titude au cours des derniers temps ne nous autorise à croire qu'il ait voulu se donner un démenti aussi formel. S'il avait pris un tel parti, il se serait discrédité aux yeux de ses disciples ; la preuve que ce soupçon ne pénétra pas dans leurs esprits ou n'y trouva nulle créance c'est la persistance même de l'école et de la vénération pour la personne du maître.
Epicure avait trois frères qui moururent avant lui, Néoclès, Gharidème, Aristobule; Plutarque les cite comme des modèles d'amitié fraternelle.
Dans son testament, il se préoccupe d'assurer la perpétuité de son école : ses exécuteurs testamentaires devront veiller à ce que les jardins restent la propriété de la secte épicurienne; ils seront donc occupés par Hermarchus (Epicure avait d'abord désigné comme successeur son ami Métrodore, mais celui-ci étant mort 7 ans avant son maître, il lui substitua Hermarchus, qui avait adopté toutes ses doctrines) ; après lui, ils passeront à celui qui lui succédera comme chef de l'école ; de plus tous les Epicuriens s'y réuniront périodiquement pour prendre part à des repas communs et pour célébrer l'anniversaire de la mort de leur chef, de manière à entretenir l'amitié qui les unit. Cette amitié, comme le remarque M. Dugas, a des caractères tout particuliers :
VIE d'épicure. 29
ce Dans cette amitié entre l'esprit de secte; les amis doivent avoir la même foi philosophique... Il met à son amitié pour condition qu'on embrasse sa doctrine ; il comble de bienfaits les fils de Métrodore et de Polyène, mais il exige d'eux qu'ils obéissent à son successeur Hermarchos, qu'ils vivent et philosophent avec lui; quant à la fille de Métrodore, elle sera aussi soumise à Hermarchos; elle acceptera le mari de son choix et ce mari devra être Epicurien ^ . » Cette clause fut longtemps observée. Cependant au temps de Cicéron, les jardins, alors en fort mauvais état, étaient devenus la propriété d'un Romain, C. Memmius. Cicéron lui écrit ^ pour lui demander de les restituer à l'école épicurienne; nous ne savons quel fut le résultat de cette démarche^.
Ce n'est pas tout : Epicure qui, de son vivant, avait pris à sa charge les enfants de son ami Métrodore, les recommande à ses exécuteurs testamentaires afin qu'ils ne manquent de rien. Enfin il donne la liberté à quatre de ses esclaves, trois hommes et une femme ^.