DuGAs, 1. II, ch. I, IV, p
sions qu'il avait mises en réserve. Les adversaires des Epicuriens ne peuvent leur refuser ce témoignage qu'ils étaient constants dans leurs amitiés ; on n'avait pas à leur reprocher d'abandonner leurs amis dans la détresse ni à plus forte raison de les trahir * . Ils avaient au plus haut degré le culte des amis absents ou morts. En somme la théorie de l'amitié laisse beaucoup à désirer chez les Epicuriens, tandis qu'ils pratiquaient merveilleusement cette vertu. Sans doute les hommes d'un caractère mou et flexible s'accommodent mieux ensemble que les hommes d'un caractère fort et décidé ; Epicure prescrivait à ses disciples de se dégager de tous les sentiments, de tous les intérêts qui divisent les hommes et les mettent aux prises; d'autre part la similitude des goûts, la communauté des convictions porte les sages à se rechercher réciproquement et à trouver un grand charme dans la vie commune : ils s'y abandonnaient sans chercher curieusement à s'en rendre compte.
Pour avoir des amis chauds et fidèles et aussi pour être capable d'éprouver une amitié forte et constante, il faut être vertueux; l'amitié est une des plus précieuses récompenses de la vertu. Il