CicÉRON, De fin., II, xxv
2. DioGÈNE, X, 142 : « Si les choses qui donnent du plaisir délivraient de la crainte des dieux et de celle de la mort et de la douleur, et qu'elles apprissent à mettre des bornes aux cupidités, je n'aurais aucun motif de blâmer les voluptueux qui, comblés de voluptés, seraient sans douleurs et sans chagrins, c'est-à-dire sans aucun mal. » Plutarque, Contre Colotès, 30 : « Toutes les vertus prises ensemble, si on les sépare du plaisir, ne valent pas un jeton de cuivre. » — Sénèque, Lettres, LXXXV, 18 : « Ipsam virtutem non satis esse ad beatam vitam, quia beatum efficit voluptas, quœ ex virtute est, non ipsa virtus. » — Athé>'Ée, XII, lxvii, 547 : T'.|jLriTéov to )ca>.bv xa\ làç àpctàç xal toc TotouT6Tpo:îa èàv tjSovtjv 7:apaffxeud[Çr|' |àv 8è [xr] TrapaaxsudiÇrj, y^a(peiv la-céov.
moral : « Le véritable épicurien, dit M. Renouvier, ne s'oblige à rien et sa doctrine n'oblige à rien... C'est une école de raison pratique, mais malheureusement abaissée au niveau des hommes d'aspiration minimum, contents de s'assurer pour toute fin des plaisirs modérés et les meilleures chances de paix personnelle, présente et future. Cette adaptation de toute une doctrine aux vues des gens d'une certaine humeur, assez commune en tout temps, sans être jamais dominante, a permis la fondation d'une école V » « La doctrine d'Epicure, disait déjà de Gérando, trace le cercle le plus étroit autour de la pensée de l'homme ; elle est en quelque sorte à la philosophie ce que l'hiver est à la nature; elle décolore, elle dépouille toutes les productions de l'intelligence, elle en assoupit toutes les forces vitales^. » Epicure enseigne que les vertus ne constituent pas des biens par ellesmêmes, mais en considération des avantages qu'elles procurent, de même que nous avons
1. Renouvier, Esquisse d'une classification des doctrines, I, 357 sq.
2. De Gérando, Histoire comparée des systèmes, t. II, p. 447. — Le même jugement a été porté par Vinet : « On comprend vite que cet homme (l'épicurien) si aimable, si commode dans la société, si uni, si lisse au toucher, n'est pas un homme dont le commerce puisse devenir un besoin de l'âme... On dirait qu'une gelée subite a arrêté dans leur développement tous les bons germes qui pouvaient être en lui. »
recours à la médecine afin de recouvrer la santé \ Les Stoïciens disaient au contraire que les vertus doivent être recherchées pour elles-mêmes, àpsTa; slvai ^i aÙTaç atpsxaç : c'était un jeu de mots qui amusait l'esprit des Grecs et aidait la formule à se graver dans la mémoire ; mais en réalité il s'agissait du principe même de la morale : les Stoïciens avaient-ils donc raison d'opposer la vertu au plaisir comme contraires et incompatibles? Pour être vertueux faut-il commencer par fuir le plaisir et lui déclarer la guerre? l'ascétisme a-t-il par luimême quelque valeur morale ? La sagesse ne consiste-t-elle pas plutôt à reconnaître tous les éléments de la nature humaine, sans en mépriser aucun, à chercher les moyens de satisfaire tous nos besoins, en tenant compte de leur dignité respective ?