‹ ÉpicureChapitre 118 sur 121 · Lucrèce, I, lxxviii · texte numérisé non relu

Lucrèce, I, lxxviii

nous frappent, à diriger le cours de nos pensées vers le souvenir des biens que nous avons goûtés et vers la prévision de ceux que nous réserve l'avenir. Le nombre est grand des hommes dont le caractère n'a rien d'austère ni d'héroïque, qui s'accommodent merveilleusement de ce système et qui s'abandonnent avec confiance à la bonne loi naturelle.

Ils s'abandonnent, tel est le trait caractéristique de l'épicurisme. C'est la philosophie du relâchement, av£<7tç, comme dit Gléanthe ^ ; le stoïcisme est fondé sur l'idée contraire de la tension, de l'effort, Tovoç. Arcésilas, comme on lui demandait pourquoi bien des hommes passaient des autres sectes à celle d'Epicure et non réciproquement, répondit : (( Parce que des hommes peuvent devenir eunuques, tandis que les eunuques ne peuvent redevenir hommes, r/CfAèvyàp àv^pwv y%"X>>oi ytvovTai, Ijc ^£ ycxXko)^ av^pgç où ytvovTat ■. » Comme le dit l'Encyclopédie, on se fait stoïcien, mais on naît épicurien. Ritter va beaucoup trop loin lorsqu'il dit que cette morale a un caractère de lâcheté et de bassesse ; il revient continuellement sur cette accusation; il

1. CLÉA^'T^E, Hymne dans Stobée. Eclog., t. I, p. 32. — Cf. DiOGÈNE Laerce, VII, 114 : TÉpJ^tç ôè oTov T:p£(|/iç, TrpoTpojcr) t^-W/^ç èrlto àvefjjisvov.

Page 1