‹ ÉpicureChapitre 25 sur 121 · CicÉRO^-, De fmibus, I, v · texte numérisé non relu

CicÉRO^-, De fmibus, I, v

l'école et le système. 55

il n'aurait pas été sensible, car il ne faisait point (le cas de l'érudition et déclarait inutile la recherche curieuse de l'histoire. Il n'avait pas étudié les mathématiques qui sont, d'après Platon, le vestibule de la philosophie. Quelques commentateurs, interprétant certains textes de Gicéron, croient qu'Épicure avait un enseignement exotérique et un enseignement ésotérique. Clément d'Alexandrie * dit que les Epicuriens avaient des doctrines secrètes qu'ils ne révélaient pas au vulgaire et se gardaient bien d'écrire ; cela ne nous parait pas vraisemblable.

Épicure n'est pas un philosophe original : pas une seule de ses théories qui n'ait été bien avant lui enseignée par quelque autre ^ ; et pourtant, s'il n'a pas imaginé une théorie de son cru sur les principes des choses, ne nous hâtons pas d'en conclure que son génie n'avait pas assez de puissance pour cela; il n'attachait pas, nous l'avons dit, une grande importance à l'étude des sciences

1. Clémeist d'Alexandrie, Stromates, V, xii, 139. Diogène Laërce, X, 5.

2. « Pourquoi hésiterions-nous à comparer Epicure à ces oiseaux nonchalants et sans industrie qui , sans prendre la peine de se construire une demeure, vont déposer leur jeune famille dans quelque vieux nid abandonné et ne travaillent des pieds et de l'aile que pour arranger selon leurs besoins cet asile emprunté? » Martha, Le poème de Lucrèce, p. 86.

naturelles et ne leur reconnaissait de valeur qu'en tant qu'elles apportent un concours nécessaire à la morale. Il s'occupa donc longuement des questions de physique; son traité Trspl <pu(7£w; n'avait pas moins de 37 livres. Tous les historiens sont d'accord sur ce point qu'il n'a fait faire de progrès ni à la science, ni à la philosophie; mais il n'en a jamais manifesté l'ambition. Il se vantait, nous dit-on, de ne rien devoir à personne, d'être le seul auteur de son système et ne tarissait pas en railleries plus ou moins spirituelles sur tous les philosophes antérieurs; n'y a-t-il point là une contradiction qui ne tourne pas précisément à son honneur? Il disait que Nausiphane n'était qu'un poumon (irXsufxovx), à cause sans doute de la force et de la beauté de sa voix; Platon, un homme d'or ()^pi»(7o0v) , ami du faste; Aristote, un débauché, adWTov, qui avait mangé son patrimoine ; Protagoras, un portefaix; Heraclite, un brouillon ()tux-/iTviv) ; les Cyniques, les ennemis de la Grèce; les Dialecticiens, des corrupteurs; Pyrrhon, un ignorant et un homme mal élevé; Démocrite, un maîtpo d'écriture et de lecture (ypaçea). D'autres fois il parodiait le nom de ce dernier et l'appelait ArpoxpiTov \

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