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CicÉRON, De fmibus, I, xxi

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Nous n'étudierons donc les phénomènes physiques que parce qu'il nous est impossible de ne pas les remarquer, de n'en pas chercher Texpiication et dans la mesure seulement où nous en pourrons tirer quelque indication utile pour notre conduite. Épicure a senti — et cela nous montre que c'était un esprit véritablement philosophique — la soif d'unité qui tourmente l'intelligence humaine, le besoin de mettre d'accord nos croyances théoriques et nos principes pratiques, de fonder les règles de notre morale sur une conception de notre nature et de l'univers où nous sommes placés. Tout le système n'est en réalité qu'une morale, une théorie du bonheur ; or, il n'y a pas de bonheur possible pour l'homme tant qu'il est tourmenté de la peur de la mort et de la crainte des dieux ; il faut donc l'en affranchir en lui faisant connaître les lois et les principes de la nature ; enfin, pour faire comprendre la solidité des explications qu'on lui fournit et pour le garantir contre les séductions de l'erreur, il faut déterminer les moyens que nous avons de connaître le vrai et de le discerner du faux. La canonique et la physique sont nécessaires ; mais encore une fois, nous ne devons les étudier qu'en raison des services qu'elles rendent à la morale et nous ne devons nullement nous inquiéter des pro-

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blêmes qui n'ont pas de rapport avec la vie pratique V Ce qui fait la valeur de la canonique c'est qu'elle fonde en nous la certitude ; or, la certitude est un des contre-forts du bonheur, puisqu'elle seule donne la sécurité et Fataraxie". La canonique n'est en réalité qu'une partie de la physique : Epicurei duas partes philosophise putaverunt esse, naturalem atque inoralem : rationalem removerunt . Deinde cum ipsis rébus cogerentur ainbigua decernerey falsa siih specie veri latentia coarguere^ ipsi quoqiie locum queni de judicio et régula appellaiit^ alio no mine rationaleni induxerunt : sed eam accessionern esse naturalis partis e,2'^5^^ma/^^^. La physique affranchit l'homme des préjugés et des terreurs qui l'empêchent d'être heureux; la morale lui enseigne d'une manière positive les moyens d'arriver au bonheur.

Voici comment Epicure déterminait l'objet des trois parties de la science : la canonique étudie

1 . Bacon reprochait à Épicure « d'avoir accommodé et assujetti sa philosophie naturelle à sa morale, en ne voulant admettre aucune opinion qui pût affliger, inquiéter l'âme et troubler cette eurythmie dont Démocrite lui avait donné l'idée ». De dign. et augm., II, 13.

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