Bayle, Dictionnaire, art. l^picure. y
OU jamais de nous rappeler les sages conseils de Renan sur la prudence avec laquelle il nous est permis de conclure en matière historique.
Lorsque nous voulons étudier les doctrines d'Epicure, notre principale source d'informations est le X° livre de Diogène Laërce ; Diogène a consacré à Epicure beaucoup plus de pages qu'aux autres philosophes; nous y trouvons un long exposé du système et même le texte in-extenso de plusieurs écrits du maître : ce sont d'abord trois lettres, la première à Hérodote, contenant un résumé de tout le système et spécialement de la physique ; la deuxième à Pythoclès, sur les météores; la troisième à Ménécée, sur la morale; puis un recueil de sentences fondamentales, xuptai ^6;ai, qui faisaient autorité dans l'école ; enfin le testament d'Epicure. Malheureusement Diogène Laërce est un auteur fort peu digne de foi; il ne s'est pas donné la peine de vérifier les renseignements de toute sorte qu'il nous fournit ; ou plutôt la compilation qui nous est parvenue sous son nom est l'œuvre d'un assez grand nombre d'écrivains sur la valeur desquels il nous est impossible de faire fond * ; nous ne savons avec quel soin ils contrôlaient l'exactitude de leurs informations; les règles de la critique