DiOGÈNE LaercEjX
tique de la vertu, qui est la garantie du bonheur, nous procure aussi le plus sûr moyen de parvenir à la science. Épicure parle souvent de la raison; il dit que nous devons la prendre pour guide de nos jugements comme de nos actions, mais il n'explique pas quel sens il donne à ce mot ; il semble qu'il ne la distingue pas de l'expérience. Et pourtant d'autres fois il lui attribue une certaine impulsion naturelle en vertu de laquelle elle se porte en avant à la découverte de la vérité, ce qu'il appelle (pavracTix//) Itzi^qXvi TTÎçStavoLaç. Qu'est-ce au juste que ce mouvement de la pensée? est-il actif ou passif? est-il provoqué par une image qui se présente à l'esprit? est-ce un élan en avant, grâce auquel nous devinons parfois la vérité avant d'être à même de la connaître? Quel sens et quelle importance fautil attacher à cette doctrine que nous trouvons indiquée dansDiogène Laërce ^ et qui nous paraît d'origine aristotélicienne ou même platonicienne : il se produit deux mouvements, Tun venant des choses, l'autre de notre esprit ; quand ils sont d'accord, il en résulte la connaissance de la vérité; s'ils sont en désaccord, notre conception ne peut être que fausse ? La vérité se fait jour avec une facilité très inégale dans les diverses intelligences. Il y a lieu en