DioGÈNE Laerge, X
nible\ Épicure paraît avoir admis que les atomes diffèrent les uns des autres par leur poids ; Démocrite soutenait au contraire, d'après la plupart des commentateurs, que le poids est une qualité sensible, tout comme la couleur, l'odeur, le son, qu'il n'appartient pas essentiellement aux atomes, dont tous les mouvements ne viennent que du choc, TT'Xviyv], qu'il n'est que par rapport à nous^.
Les atomes n'existent jamais isolément, mais réunis en des corps qui renferment plus ou moins de vide ; ils sont plus ou moins rapprochés les uns des autres, leurs mouvements sont plus ou moins rapides. Quant aux choses, les unes sont des assemblages, les autres des corps dont ces assemblages sont formés. Tous les corps sont constitués par un nombre plus ou moins grand d'atomes et toutes
1. Stobée, Ed. phys., 306. Heer. 'AY£VvrjTa,àtôta, a^Gapxa, où'ts 6paua6^vai 8uv(£{xeva o5V àXXoiouG^vat., . Elprjxe'. oè aTojxoç, où-^ 8x1 laxiv iXay{cfT7], àXX' 8n ou Buvaxat TtxTjôîjvai, dl^iaGTjç ouaa xa\ dc|xÉTO)(^oç xevoû.
2. Leucippe et Démocrite considéraient-ils le poids comme une propriété inhérente aux atomes, c'est une question fort discutée encore aujourd'hui. M. Rivaud le croit {Le problème du devenir., p. 160); il combat l'opinion de la plupart des historiens français (Renouvier, Manuel de philosophie ancienne^ I, 245. — Liard, De Democrito philosopha, p. 45. — Hamelin, Annales de la Faculté de Bordeaux, 1888. — Pillon, Année philosophique, 1891, p. 122); il se rallie à l'opinion des critiques allemands ; il pense que le mouvement déterminé par cette pesanteur n'est pas une chute verticale, mais plutôt un tourbillon, ô(vr].
les qualités que nous percevons s'expliquent par la quantité des atomes qu'ils contiennent et par leur mode de groupement, de même que les lettres de l'alphabet par leurs diverses combinaisons composent tous les mots et toutes les phrases. Aristote avait déjà fait remarquer que la lettre A et la lettre Z diffèrent par leur forme, c)^vî[J<'aTt -îi pu(î(jLw, N et Z par leur position, Ôscst, les syllabes AN et NA par l'ordre des lettres qui les constituent'. Le nombre des particules extrêmement petites qui entrent dans la composition du corps va sans cesse croissant ou décroissant graduellement; c'est là ce qui explique des faits auxquels nous ne faisons pas attention, tant l'habitude nous les a rendus familiers. Épicure entre à ce propos dans des détails fort intéressants qui font songer au rôle attribué par Leibnitz aux infiniment petits : l'eau qui suinte goutte à goutte creuse la pierre, le pavé des rues est usé par les pieds des passants, l'anneau que l'on porte au doigt s'amincit, les végétaux et les animaux grandissent d'une manière continue et insensible : nous ne voyons pas pousser les plantes et quelques-unes en viennent à présenter une taille colossale.
L'existence de l'autre principe, le vide, n'est pas