‹ ÉpicureChapitre 5 sur 121 · Bulletin de correspondance hellénique, XVI · texte numérisé non relu

Bulletin de correspondance hellénique, XVI

Cette inscription a été étudiée en détail par Rudolph Jïeberdeyet Ernest Kalinka, de Vienne, et reproduite dans le Bulletin de 1897 (XXI) ; elle ne nous apprend rien de nouveau. Plusieurs phrases sont à comparer avec les x.jptat ^M^ai rapportées par DiogèneLaërce, mais ne sont pas disposées dans le même ordre. Les théories des Epicuriens sont surtout connues par les écrits des Stoïciens, leurs adversaires. 11 est certain que l'école stoïcienne compte un grand nombre de bons auteurs dont les livres se lisent avec plaisir. De plus il faut reconnaître que nous écoutons avec une complaisance toute spéciale ceux qui expriment de grandes pensées et de beaux sentiments : il semble que nous nous grandissions à nos propres yeux; nous oublions de nous assurer s'ils disent bien vrai, tant nous voudrions qu'ils eussent raison. Mais est-il permis de s'en rapporter aux Stoïciens sur le compte des Épicuriens ? C'étaient des adversaires passionnés et même, il faut bien le dire , jaloux ; car l'école d'Epicure attirait plus de disciples que celle de Zenon. Les Stoïciens avaient une très haute idée d'eux-mêmes et poussaient fort loin le dédain de leurs contradicteurs ; leur sage était une sorte de surhomme et ils considéraient tous les autres comme des bêtes de troupeau. Enfin ce qui est particulièrement grave, nous savons que leur polémique manquait souvent de

bonne foi : ils ne se contentaient pas de tirer des principes formulés par Epicure, des conséquences absurdes et odieuses que désavouaient les véritables épicuriens ; ils avaient composé un certain nombre de livres apocryphes qu'ils répandaient dans le public comme ayant été écrits par Epicure lui-même ou par ses auditeurs immédiats ; ces livres, accueillis trop légèrement, ont contribué à constituera légende qui s'est formée sur le véritable caractère de rÉpicurisme. Gicéron le reconnaît lui-même : « Sit ista in gnecoruni levitate perversitas, qui nialedictis inseetantur eos a quibus de veritate dissentiunt V » 11 nous faut donc bien prendre garde de ne pas accepter comme l'expression de la pensée d'Epicure les propositions que lui ont prêtées ceux qui cherchaient par tous les moyens à le couvrir de ridicule.

Non moins jaloux du succès de l'Epicurisme, non moins ardents dans leurs critiques, mais moins violents dans leurs procédés de discussion étaient Arcésilas et les philosophes de la Nouvelle Académie.

Nombreux sont les écrivains qui ont répété l'écho des protestations indignées des Stoïciens sans se donner la peine d'en contrôler l'exactitude ; c'est

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