Lucrèce, IV, 82'i
tains mouvements plus ou moins utiles, et les animaux, remarquant cette accommodation, en tirent plus ou moins ingénieusement parti. La thèse des cause-fmaliers est chaque jour démentie par l'expérience qui nous montre combien certains organes sont de mauvais outils pour Tusage que nous sommes contraints d'en faire. De même, il ne faut pas se figurer que l'univers a été organisé en vue de pourvoir aux besoins des hommes, puisqu'ils n'occupent qu'une très petite partie du monde et qu'un grand nombre d'objets et de phénomènes nous causent plus de mal que de bien. Fénelon, qui développe avec complaisance l'argument des causes finales, a consacré le chapitre m de la i^^ partie du Traité de l'existence de Dieu à la réfutation de l'Épicurisme. Quelle que soit la valeur littéraire de ce livre, ce n'est pas une discussion sérieuse et approfondie de la doctrine que nous examinons. M. Ch. Huit^ dit qu'Epicure est amené à personnifier la nature et à en faire une véritable Providence ; ce n'est pas notre avis. L'erreur de M. Huit vient de ce qu'il juge l'épicurisme d'après certains passages de Lucrèce, qui est un poète de la plus riche imagination.
Il serait inutile, croyons-nous, d'exposer en