Gh. Huit, La philosophie de la nature chez les Anciens
détail la physique d'Épicure; il ny a rien à en retenir; c'est un tissu d'erreurs dont quelquesunes nous feraient sourire. La connaissance de la nature a fait bien des progrès depuis le iv^ siècle avant l'ère chrétienne ; mais ne nous y trompons pas : il n'y a pas longtemps qu'elle a changé complètement de physionomie et pris un caractère véritablement scientifique. Pour s'en convaincre, il suffit de lire les ouvrages de Descartes, et tout particulièrement les Météores : de quelles étranges hypothèses ce grand homme se déclare-t-il encore satisfait ! Épicure lui aussi s'est beaucoup occupé des phénomènes célestes, du lever et du coucher du soleil, des phases de la lune, des éclipses, de Tarc-en-ciel, de l'éclair, du tonnerre, des tempêtes, de la neige, de la rosée, des comètes, des étoiles filantes, de ces bouleversements qui de tout temps ont fait une impression profonde sur les imaginations humaines et ont sollicité une vive curiosité. Pour la plupart de ces phénomènes il donne plusieurs explications entre lesquelles il ne se prononce pasV II lui est indifférent (nous avons dit pourquoi) que Ton accepte l'une ou l'autre, et quant à lui il ne se donne pas la peine d'étudier la question à fond; il lui suffit de reconnaître que