DiocÈNE Laerce, X
rien n'empêche que les choses se passent de telle ou telle façon. « Ce dont nous avons besoin, ce n'est pas de concevoir des idées originales qui nous rapporteraient une vaine gloire, mais de vivre sans trouble. Or, nous ne voyons pas que ceux qui ont le plus patiemment étudié les phénomènes du monde soient à l'abri de la crainte des dieux oii de la mort * . »
Il ne fait pas de distinction entre les phénomènes que nous appelons encore aujourd'hui physiques et ceux qu'étudient à part les sciences de la vie ; les uns et les autres se produisent de la même manière et obéissent aux mêmes lois. Il ne semble pas que nous ayons à lui faire honneur d'avoir inspiré les développements si intéressants que nous lisons dans le V^ livre de Lucrèce sur l'apparition successive des plantes et des animaux, puis sur l'histoire de l'humanité primitive, sur ses lents progrès, ses tâtonnements, ses découvertes graduelles, suggérées par le désir d'échapper à la rude pression du besoin. « Il faut admettre que chez les hommes l'expérience et la nécessité vinrent souvent en aide à la nature. Le raisonnement perfectionna les données naturelles et y ajouta de nouvelles découvertes, ici plus vite, là plus lente-