CHAPITRE VI
DE LA NATURE DE l'aME. DE LA MORT.
Parmi les phénomènes dont se compose la vie de l'homme, il en est de particulièrement curieux, d'autant plus qu'il ne nous est pas donné de les observer chez les autres êtres, ce sont les phénomènes de l'âme ou de l'esprit ; un grand nombre de philosophes les attribuent à un principe distinct du corps. Nous ne pouvons accepter cette opinion, dit Épicure, puisqu'il n'existe pas autre chose que les atomes et le vide*. L'âme est, elle aussi, de nature corporelle, elle est formée d'atomes, mais des atomes les plus subtils et les plus mobiles. Il n'y a en elle ni terre, ni eau, ni rien de pesant ; elle ne peut être ni vue ni touchée ; elle renferme de l'air, du vent, du feu et aussi une autre sorte d'atomes plus délicats encore, qu'on