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Sextus Empiuicus, Adv. Math., V

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ments, nos émotions, nos passions exercent une influence considérable sur notre conduite ; mais nos émotions, nos passions résultent de l'effet produit en nous par les sensations et les perceptions ; ou bien encore nous écoutons les suggestions qui nous viennent d'autres personnes. « On nous adresse des avertissements, parce que la cause de nos actions réside en nous-même et dans notre constitution primitive et non dans les influences fatales du milieu ou dans les accidents du hasard * . d Tantôt il assimile nos décisions à la déviation des atomes, puisqu'il n'y a entre les deux séries de phénomènes qu'une différence de degré et non pas de nature; elles échappent donc non seulement à toute détermination do temps et de lieu (dccliiiamus item motus... necregione locicerta nec tempore certo), mais rien n'intervient pour les produire. Ce ne sont pas des phénomènes sans causes, notre volonté en est la cause complète et suffisante. N'est-ce pas les déclarer inexplicables, inintelligibles? Or ce que nous demandons avant tout à un système philosophique, c'est qu'il nous explique les assertions qu'il avance-.

1. Fragments de la physique d'Epicure publiés par M. Gom- PERz. Comptes rendus des séances de l'Acad. de Vienne, t. LXXXIII, 1876, p. 87.

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Il semble pourtant qu'Epicure n'avait pas beaucoup à faire pour concevoir une théorie bien autrement satisfaisante ; il est tout près de reconnaître le caractère moral de la question, puisque la liberté est la condition de la responsabilité : la nécessité, dit-il, est irresponsable; d'autre part le hasard est instable, mais la liberté est sans maître et le blâme, ainsi que son contraire, l'accompagne naturellement, ttîv [/.èv àvxyy.7iv àvu7:£yÔuvov elvau.. to r^è Trap' 71 {/.aç àô^GiroTov, w y.cà to fX£[/.rTov x.al to evavTtov TTapaxoXouÔEiv 7:£(pux£^ Mais il s'est arrêté dans cette voie ; il n'a pas approfondi le problème de la responsabilité et ne s'est pas même aperçu que c'était un singulier moyen de la garantir que de faire consister la liberté dans l'indifférence. Ces questions qui nous semblent, à nous, primordiales,

comme beaucoup l'admettent; il était l'adversaire du fatalisme, non du déterminisme ; il ne croyait pas que les actes de la volonté humaine fussent des phénomènes sans causes ; celuilà seul à ses yeux (comme à ceux de Voltaire et de bien d'autres) est moralement libre dont les actions sont déterminées par ses propres jugements, od^ai; il évitait, comme les meilleurs penseurs de nos jours (tels que Mill, Grote et Bain), l'emploi du mot nécessité dans la description des phénomènes de la volonté ; il croyait que cette expression ne donne pas une idée exacte des rapports des faits; il jugeait impropre de désigner par un seul et même mot l'action ( Wirksamkeit) de causes irrésistibles et l'action de toutes les causes en général. » Neue Bruckstûcke Epicurs^ Wien, 1876. 1. DioGÈisE Laerce, X, 133.

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puisque c'est de là que dépeild le caractère essentiel de la moralité, Epicure n'en a pas saisi l'intérêt. De même il ne parle jamais du moi, de ce qui constitue l'unité et l'identité de la personne. 11 a bien connu les hommes tels qu'ils sont, mais ne s'est pas demandé s'ils doivent être meilleurs. ^ L'âme n'est pas d'autre nature que le corps, c'est ce que l'expérience nous atteste à chaque instant. L'âme en effet met le corps en mouvement et reçoit le contre-coup de tout ce qui vient le frapper; ils sont donc l'un et l'autre en contact immédiat, ce ([ui est le fait de la matière ' . L'âme n'existe pas avant le corps, nous n'avons aucun souvenir d'une vie antérieure. A quel moment prétendez-vous ([u'elle s'est introduite dans les membres et a commencé de les animer? Vous a-t-il jamais été donné de constater l'existence d'âmes sans corps ou de corps vivants sans âmes ? L'âme ne peut vivre sans le corps, ni le corps sans l'âme, de même que l'œil ne peut voir sans le corps tout entier ni le corps sans l'œil. Elle est engendrée par les parents, tout comme le corps. Les aptitudes intellectuelles, les sentiments, le caractère, les qualités de l'esprit et du cœur

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