DiOGÈNE Laerce, X
DE LA NATURE DE l'aME. — DE LA MORT. 131
un terme aux plaisirs que nous apporte la vie, c'est incontestablement un grand mal. — Non pas, répond Epicure, car la prolongation n aurait rien ajouté à ces plaisirs : At enim negat Epicurus ne diuturnitatem quidem temporis ad béate vwendum aliquid afferre, nec minorent voluptatem percipiin brevitate temporis quam si illa sit sempiterna. . . Quum enim summum bonum in voluptate ponat, negat infinito tempore œtatis voluptatem fieri majorera quamfinito atque modico^ — « Le temps, qu'il soit sans bornes ou borné, contient un plaisir égal, si on sait mesurer par la raison les bornes de ce plaisir^ ». « Il y a dans la jouissance une sorte de plénitude qui la rend indépendante du temps ; le vrai plaisir porte son infinité au dedans de lui^. » Disons mieux : puisque la cessation de la douleur est par elle-même le plus grand bien, la mort, qui met définitivement un terme à tous nos maux, qui nous garantit contre la possibilité d'un mal à venir, doit être considérée comme un bonheur. La vie non plus n'est pas un bien par elle-même, de sorte que nous ne pouvons dire que c'aurait été un mal pour nous que de ne pas exister \
1. CicÉRON, De flnibus, II, xxvii, 87,88. — Ibid., I, xix, 63.