‹ ÉpicureChapitre 67 sur 121 · DioGÈNE Laerce, X · texte numérisé non relu

DioGÈNE Laerce, X

La mort n'est jamais un bien en soi et ne peut être désirée, mais elle n'est pas non plus un mal et nous n'avons pas lieu de la fuir, surtout quand la vie elle-même est un mal. « Ainsi la connaissance de cette vérité que la mort n'est rien fait que nous trouvons du charme à la mortalité de la vie, non qu'elle nous fasse espérer un temps infini, mais parce qu'elle nous affranchit du désir de l'immortalité * . » Epicure ne méconnaît pas que la mort est quelquefois douloureuse, lorsqu'elle est causée par une blessure ou par une maladie cruelle; mais la douleur cesse au moment de la mort. Si la mort nous fait peur, c'est que nous sommes trop attachés aux richesses et aux biens de ce monde, dont nous exagérons le prix.

Épicure aimait à répéter à ce sujet un argument spécieux dont la forme spirituelle devait plaire à l'imagination des Grecs : « Nous ne devons pas craindre la mort, disait-il, car tant que nous vivons elle ne nous atteint pas et dès qu'elle survient, c'est nous qui ne sommes plus. » Elle n'importe donc ni aux vivants ni aux morts; vivants, elle ne nous tient pas encore; morts, nous ne sommes rien^. Bayle a fort bien vu ce qu'on

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