Ghaignet, Psychologie des Grecs, II, p
en revanche il avait une ardeur extrême pour la politique, pour les affaires publiques, etEpicure prescrivait de s'en abstenir. Nous ne devons donc accueillir qu'avec une grande défiance les renseignements qu'il nous fournit et il nous faut toujours réserver la liberté de notre jugement. Cicéron va presque jusqu'à rayer Epicure du nombre des philosophes : Tu quiclem totumEpicurunipeneephilosophorum choro sustulisti^ dit un des interlocuteurs àuDe finibus^ ; c'est là, nous le verrons, une sentence des plus injustes.
Quel usage pouvons-nous faire du poème de Lucrèce? Tout le monde sait qu'il ne nous donne pas l'exposé complet du système, mais seulement de la physique ; il est vrai que l'on peut dire que c'en est la partie la plus essentielle, puisque l'auteur énonce les principes d'où sont tirées la canonique et la morale. Il semble cependant que la physionomie de la doctrine a considérablement changé : chez le maître, la morale occupe la première place ; c'est elle surtout qu'il s'attache à développer ; la physique est reléguée au rang d'accessoire. Lucrèce s'arrête à exposer longuement les théories physiques, indépendamment de toute autre préoccupation, et s'efforce de leur donner un caractère