‹ ÉpicureChapitre 80 sur 121 · Sénèque, Z)e bcnef.,lV · texte numérisé non relu

Sénèque, Z)e bcnef.,lV

2. Gassendi, De \>ita et moribus Epicuri, lib. IV, cap. m : « Duplicem solemus assignare causam quare Deum homines colant : unam dicimus excellentem supremamque Dei natu-

doit être détachée de toute pensée d'utilité personnelle, que nous devons adorer Dieu parce qu'il est Dieu et que nous sommes nous : ceux-là reconnaissent ce qu'il y a de grand dans la doctrine d'Epicure pour qui la dernière démarche de la raison

ram quœ seipsa et sine uUo ad nostram utilitatem respecta cultus et reverentiai dignissima sit; alteram bénéficia quœ Deus seu bona largiendo, seu a malis avocando, aut contulerit, aut, quod magis movet, collaturus sit. Hinc si quispiam ad Deum colendum priore causa alliciatur, hune se affectu vere filiali componere asserimus, sin posteriore, prorsus servili. » Il est intéressant de rapprocher de cette doctrine une belle page d'Abélard : « Le nom de charité ne convient point à cet amour qui envisagerait en Dieu notre propre intérêt et la jouissance du bonheur éternel, amour d'où il résulterait que notre fin dernière serait en nous-même et non dans le Souverain Être. Ceux qui aiment de la sorte méritent le nom d'amis de la fortune et servent plutôt Dieu par un principe de cupidité que par un mouvement de la grâce. Pour être véritable et sincère, l'amour, suivant saint Augustin, doit être gratuit, c'est-à-dire qu'il doit rechercher son objet pour lui-même. Ce n'est donc point parce que Dieu nous donne des marques de son amour en nous faisant du bien qu'il faut l'aimer, mais parce qu'il mérite, quoi qu'il fasse, d'être aimé par-dessus toutes choses. Car la vérité nous dit elle-même que, si nous n'aimons que ceux qui nous aiment, nous n'en recevrons aucune récompense... Tel est cependant l'égarement de presque tous les chrétiens qu'ils ne rougissent pas d'avouer que si Dieu ne leur promettait aucune récompense, dès lors ils cesseraient de l'aimer. Humiliant aveu! Conduite mercenaire! » ÂBKLARD, Expositio i/i epist. Paiili ad Romanos. — Cette doc- Irine fut vivement combattue par Hugues de Saint- Victor, De sacramentis, II, 8.

KPICURE.

humaine est la méditation de la grandeur divine. Bien loin de railler cette théorie comme une inconséquence inexcusable, nous croyons qu'elle se rattache parfaitement aux principes posés par Épicure et qu'elle lui fait honneur.

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