Plutarque, Adv. Colot., XXVII
MORALK. 159
rons quelque plaisir; toutes les fois que nous fuyons une chose, c'est que nous croyons qu'elle nous apportera quelque douleur. Les Stoïciens euxmômes le reconnaissent : Vivere onines beatc volant ' .
La théorie d'Epicure c'est donc la morale du plaisir ou plus exactement du bonheur. Ce qui lui a fait grand tort, c'est qu'on l'a étudiée surtout chez les écrivains latins qui l'ont discutée ; or ces écrivains emploient pour désigner le souverain bien, selon Épicure, le mot voluptas, qui n'en est pas l'équivalent exact ; de là les fréquentes récriminations des Épicuriens contre la grossièreté de la langue latine, récriminations qui fâchent Gicéron, (solco subirasci)-. Du latin vient le français volupté, auquel^ nous attachons un sens assez bas; l'expression jucundus sensus, que nous trouvons dans Lucrèce, est plus juste. On confond la théorie d' Épicure avec celle d'Aristippe de Gyrène, dont il se sépare sur un grand nombre de points des plus importants. Ge qu'il recherche surtout, c'est la sérénité, l'égalité d'humeur, sùOupa; il met to ^aipsiv au-dessus de to T.^eaGat^ On rattache encore cette