Aristote, Eth. Nie, VI, v, 1140 b
ne serons jamais à même de jouir des biens que nous aurons préparés au prix de tant de souffrances . Le sage ne négligera pas le soin de ses affaires, mais il ne se laissera pas absorber par elles. Il faut être philosophe à tout âge ; il n'est jamais ni trop tôt ni trop tard, car il n'est jamais ni trop tôt ni trop tard pour être heureux ^ Epicure rejette les paradoxes des Stoïciens : la vertu est une, on a toutes les vertus ou on n'en a pas du tout, les fautes sont égales. Contentons-nous d'être des hommes pleinement hommes : vouloir s'élever plus haut, agir mieux, c'est une ambition non moins funeste qu'insensée. Le sage, d'après lui, n'est pas insensible : il souffre de la douleur et s'afflige de la perte de ses amis.
Il condamne formellement l'hypocrisie. Nous ne saurions prendre trop de précautions pour bien juger des choses qu'il convient de fuir ou de rechercher; n'ayons pas trop de confiance dans notre propre esprit, que tant de causes d'erreur peuvent égarer; il faut choisir un homme de bien, l'avoir sans cesse devant les yeux, de manière à vivre comme en sa présence, se demander quel