DiOGÈNE Laerce, X
ami le jour même de sa mort nous montre que, loin d'être tourmenté du regret du passé, il trouvait dans le souvenir des biens dont il avait joui non seulement la consolation de ses maux présents, mais le courage de supporter d'épouvantables souffrances.
Enfin puisque le plaisir et la douleur ont pour cause la satisfaction accordée ou refusée à un désir, il faut bien se garder de ranger tous les désirs sur la même ligne : il y en a de naturels et nécessaires (comme le besoin de boire et de manger), de naturels mais non nécessaires (comme le désir de faire bonne chère, d'être couché mollement, de se vêtir chaudement en hiver et légèrement en été), d'autres enfin ne sont ni naturels ni nécessaires (comme le goût des richesses, des bijoux, des honneurs, de la puissance, des couronnes, des statues). Gicéron critique cette classification^ : il faudrait, dit-il, distinguer d'abord deux classes, les désirs naturels et les désirs non> naturels; puis subdiviser la première classe en deux espèces, les désirs nécessaires et les désirs non nécessaires. C'est là une misérable chicane et, à notre avis, Épicure avait raison contre ses adversaires. De quel droit prétend-on ériger la