‹ Epidaure: Les Prêtres - Les GuérisonsChapitre 13 sur 35 · CRE · texte numérisé non relu

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Très souvent, les malades offraient en ex-voto des images d'animaux chers à la divinité. Dans un sanctuairé de Thèbes on a retrouvé de véritables troupeaux d'animaux en bronze, en plomb ou en terre cuite. Citons les plus fréquemment mentionnés : des serpents, des coqs, des boucs, des griffons, des sphinx, des lions, des cerfs, des ours, des grenouilles. Un lièvre votif (1) a été trouvé à Samos avec une dédicace « par ‘Hexorwv à ’AtoXkw. On consacrait aussi à Asclépios des images de plantes, d’arbres ou de feuilles. M. Homolle signale une feuille votive dédiée à Mars (Dictionnaire des antiquités grecques et ro-

maines, art. « Donarium », p. 375).

Un usage assez répandu consistait à graver sur les murs,

les portes et les colonnes des temples la préparation des nouveaux remèdes. Eudémius fit inscrire sur les portes du temple de Cos la célèbre recette qu’il découvrit contre les morsures des animaux venimeux (Pline). Dans le temple d’Éphèse un orfèvre consacra au Dieu la composition d’un collyre qui guérissait toutes les affections des yeux réputées incurables. Suivant Sprengel les inventeurs de nouveaux instruments de chirurgie suivaient la même coutume. Érasistrate donna au temple de Del-

phes un appareil destiné à extraire les dents. Un bas-

de xévôee, douleur. «Il procurait l'oubli des chagrins et la sérénité de l'âme. » (Odyssée, XXI, 91.)

1. Le lièvre était un des symboles de l’ardeur érotique et était consacré à Vénus. Les anciens croyaient qu'après avoir mangé de la chair de cet animal on embellissait pendant neuf jours suivant les uns, pendant sept jours suivant les autres. (Diclionnaire Daremberq et Saglio. Art. « Bestiæ mansuetæ.)

relief trouvé à l’asclépieion d'Athènes représente une trousse de chirurgien ventouseur.D'autres appareils étaient offerts en ex-voto : des sondes, des boîtes à drogues en marbre de Paros, ou faites d’une matière plus délicate. Ces offrandes peuvent provenir de médecins appelant sur leurs malades la protection du dieu, ou le remerciant après guérison obtenue. IL nous semble plus naturel de penser que ces appareils votifs étaient offerts par des malades guéris d’affections chirurgicales soignées dan les asclépieia. Deux observations trouvées dans les stèles d’Épidaure que nous citerons plus loin prouvent en effet que les prêtres pratiquaient des opérations. Les malades dédiaient au dieu l'instrument dont on avait fait usage pour les guérir?

Ne pouvant consacrer au dieu l’organe ou le membre guéri, les malades en offraient l’image, en or, en argent ou en métaux divers, quelquefois travaillée avec art. Les parties du corps représentées étaient Le plus souvent normales telles que le dieu les avait rendues. Pourtant il arrive qu’on trouve le mal figuré : ainsi une hernie dont avait souffert un patient. La collection du D° Sambon, publiée dans le British medical Journal contient une statuette de femme enceinte ou atteinte d’une tumeur abdominale. De nos jours, il est également rare de rencontrer un ex-voto figurant une affection réelle, Charcot avait recherché sur les plaques votives la représentation de symptômes hystériques. « Une seule fois, ditl, j'ai rencontré, à l’église des Saintes-Maries, en Camargue, la représentation très nette d’une maladie hystérique. C’est le

moule en plâtre d'une jeune fille d'une douzaine d'année,

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atteinte de pied-bot. Le moule reproduisait exactement la contracture hystérique de ce membre. À côté du moule une photographie montrait la jeune fille quérie débarrassée de sa contracture. »

La collection du D° Sambon contient des organes sains tels qu’on les rencontre le plus sou-

vent : visages entiers ou parties de

visages, yeux, bouches, nez, mâchoire, oreilles, cous, mains, doigts, p16.10.— Moulage de seins genoux, jambes, pieds, phallus, CHSTR en FREE vulves, hanche, etc... Un ex-voto conservé au musée du Vatican représente une poitrine re un autre un thorax ouvert qui montre ses viscères.

M. Girard dans sa description de l’Asclepieion d’Athènes fait remarquer le grand nombre d’yeux figurés en ex-voto. Si fréquentes que pouvaient être les ophtalmies et les différentes affections oculaires, il est difficile de penser que le nombrel’emportât à ce point sur celui des autres maladies. C’est que la consécration de la plupart de ces ex-voto se rattache à la crainte du mauvais œil. Les anciens croyaient que certaines personnes possédaient dans Le regard une puissance pernicieuse qui s’exerçait sur tout ce qui les entoure, sans qu’ils aient besoin de recourir à aucune formule magique, sans même que leur volonté intervienne.

Démocrite, qui vivait au v’ siècle, croyait à la fascination et s’efforçait d’en rechercher l’explication : « {/ sort des yeux de ceux qui fascinent des images qui ne sont pas entièrement privées de sentiment et d'action, et qui,

portant tous les caractères de la méchanceté et de l'envie

SRE de ceux dont elles émanent, les impriment et les transmétlent à ceux qu'ils veulent charmer et portent un trouble funeste dans leur corps et dans leur éme. » |

Mais il suffisait de porter en amulette l’image d’un bon œ1l pour se préserver du mauvais. Un bas-relief qui appartient à la collection du duc de Bedford présente au centre un œil redoutable. Sur la paupière supérieure un homme est accroupi; près de lui un gladiateur est armé d’un trident. Au-dessous de la paupière, on voit rangés un corbeau, une grue, un scorpion, un serpent et un lion

attirés par l'œil fascinateur.

Fic. 11. — Le mauvais œil (Es Bas-relief de la collection du duc de Bedford.

Les amulettes qui avaient servi à garantir du mauvais œil, étaient ensuite offertes au dieu en ex-voto. Les phallus possédaient le même pouvoir et on en trouve un grand nombre figurés en ex-voto dans les temples, provenant de ceux qui avaient été préservés de la fascination.

1. Félix Regnault, Æypnotisme el Religion, p. 72. Schleicher frères, éditeurs, 1 vol. in-16, Paris, 1896.

MAT D’autres moyens étaient encore employés pour prévenir , le mal. Dès qu’on redoutait l’influence pernicieuse, il suffisait de faire promptement le geste encore en usage de nos jours en Italie sous le nom de geste de la /igue. On ferme la main, le pouce placé entre l’index et le médius, en avançant le bras vers la personne dont on se sent me-

nacé. Un autre geste préservateur consistait à fasre les

F1G. 12. — Geste contre la fascination, F1c. 13, (Dict.desantiq.gr.etrom.;,fig.2885, p.988). : Mains votives.

cornes au fascinateur. On étendait le pouce, l’index et le médius, et on fléchissait les deux derniers doigts. Un grand nombre de mains représentant ce geste ont été cataloguées par Otto John et Dilthey. Elles étaient fabriquées en métal, dédiées au dieu en ex-voto et recouvertes le plus souvent des animaux qui avaient le pouvoir d’éloigner le mauvais œil.

Sur la base d’une de ces mains on voit une niche où une femme étendue tient un enfant dans ses bras. Elle

avait sans doute été garantie de la fascination par Le dieu

et LOS met

pendant qu’elle était enceinte. La main que nous reproduisons paraît tenir l’image d’un large iris entourant une pupille.

Ces mains votives ne nous semblent point avoir d’autre signification et bien que leur aspect rappelle celui d’une paralysie du nerf cubital, il n’est point utile de recourir à cette hypothèse difficile à soutenir. Une conception basée sur les croyances populaires est plus vraisemblable.

Des malades guéris consacraient à ‘Asclépios des hymnes gravées sur des

ex-voto. Nous en citerons deux à titre

F1G. 14 (1). — Main vobive, compositions inspirées par une su-

documentaire. Ce sont de pauvres

perstition maladive sans le moindre intérêt artistique.

« Écoute ce que veut dire ton fidèle zacore : 4 Asclépios, comment pourrais-je aller dans ta demeure dorée, dieu bienheureux, dieu souhaité, tête chérie, comment le pourrais-je, pripé de ces pieds qui me servaient autrefois à gagner ton sanctuaire, si toi-même, par un effet de ta bienveillance, tu ne m'y conduis après m'avoir quéri, afin que je contemple, 6 mon dieu, toi dont l'éclat surpasse celui de la terre au printemps. »

1. Dict, des antig. gr. et rom. de Daremberg et Saglio, fig: 2886, page 988 (musée de Berlin). Il est à remarquer que cette main a six doigts. Les mains similaires n’ont en général que cinq doigts et la dernière phalange de l'index et du médius est fléchie, d’où l'aspect de paralysie du nerf cubital,

ER

« Éveille-toi, dieu secourable, roi des peuples, doux enfant du fils de Latone et de la véritable Coronis. Secoue le sommeil de tes paupières et écoute la voix de tes fidèles, qui, joyeux, invoquent ta puissance, aimable Asclépios et tout d’abord celle d'Hygieia., Éveille-toi, dieu quérisseur, et entends ion hymne. Salut. »

Dans sa courte description d'Épidaure, Pausanias rapporte qu’« on a dressé à l’intérieur de l’enceinte des stèles (il en restait six de mon temps mais il y en avait davantage anciennement), sur lesquelles ont été inscrits les noms des femmes et des hommes quéris par Asclépios, avec la maladie de chacun et la façon dont il fut quéri; ces inscriplions sont en dialecte dorien… » M. Cawadias a découvert dans l’xfaroy deux stèles. L’une d’elles, la mieux conservée, a été publiée par lui dans l'Egauspts pyaokoyinn (1883, p. 199 et suiv.). Elle est en pierre calcaire, haute de 1 m. 75, large de 0 m. 75 et épaisse de 0 m. 17. D’après l’orthographe et la forme des lettres elle ne semble point antérieure au 1v*siècle avant notre ère.Nous en donnons la traduction telle que M. Salomon Reinach a publiée dans la Revue archéologique.

Dieu, bonne fortune.

Guérisons d'Apollon et d’Esculape.

1) Un homme ayant les doigts de la main paralysés, à l'exception d'un seul, vint en suppliant vers le dieu, et voyant les tableaux (ex-voto) dans l’enceinte sacrée, il se prit à douter des guérisons et à railler les inscriptions qui les attestaient. S’endormant alors il eut une vision.Il lui sembla qu’il jouait aux osselets auprès du temple et

Di

se préparait à jeter un coup : soudain le dieu parut et s’élançant sur sa main lui étendit les doigts l’un après l’autre. Le dieu s’étant éloigné, l’homme, pour bien se convaincre de la chose, referma ses doigts et les rouvrit un à un; le dieu lui demanda s’il avait encore des doutes au sujet des inscriptions, sur les offrandes du temple, et il répondit que non. Le Dieu lui dit alors : « Parce que tu n’as pas cru tout à l'heure à des choses qui ne sont pas incroyables, je t’accorde maintenant une incroyable guérison. » Et, le jour ayant paru, il sortit guéri.

2) Thyson d'Hermione, enfant aveugle. — Comme :ïl était tout éveillé, un des chiens attachés au temple lui soigna les yeux (en les léchant) et il sortit guéri.

3) Cléo fut enceinte pendant cing ans. — Gette femme après cinq ans de grossesse vint en suppliante vers le dieu et s’endormit dans l’abaton (dortoir des malades) ; dès qu’elle en fut sortie et eut franchi les limites de l’enceinte sacrée (qu’un accouchement aurait souillée), elle mit au monde un garçon qui, dès sa naissance, se lava lui-même à la fontaine et marcha à côté de sa mère. Ayant obtenu cette faveur, elle écrivit sur l’offrande (sans doute un tableau qu’elle consacra au dieu) : « Ce n’est pas la grandeur de ce tableau qui est digne d’admiration, mais la divinité. Cléo a été enceinte pendant cinq ans, jusqu’à ce qu’elle s’endormît dans le temple et que le dieu la guérit. » |

4) Une fille de 3 ans. — Tthmonica de Pella se rendit au temple pour demander d’être mère. S’étant endormie, elle eut une vision. Il lui sembla qu’elle demandait au

dieu de concevoir une fille : Esculape lui répondit qu’elle

deviendrait enceinte et qu’il lui accorderait encore telle faveur qu’elle pourrait lui demander. Elle répondit qu’elle n’avait pas besoin d’autre chose. Or, devenue enceinte, elle porta l’enfant dans son sein pendant trois ans, Jusqu'à ce qu’elle revint implorer le dieu au sujet de son enfantement. S’étant endormie elle eut un songe. Il lui sembla que le dieu lui demandait si elle n’avait pas obtenu de lui tout ce qu’elle avait sollicité, puisqu’elle était devenue enceinte, et qu’elle n’avait rien ajouté au sujet de son enfantement, alors que le dieu lui demandait si elle n’avait pas besoin d’autre chose en promettant de le lui accorder ; mais puisque maintenant elle venait le supplier de lui accorder une autre faveur, il lui donnerait encore ce qu’elle demandait. Aussitôt, étant sortie en hâte du dortoir, elle mit au monde une fille dès qu’elle eut franchi l’enceinte sacrée.

5) Ambrosia d'Athènes, aveugle d'un œil. — Cette femme vint en suppliant vers le dieu, et se promenant dans l’enceinte sacrée, elle se moqua de quelques-unes des guérisons, prétendant qu’il était invraisemblable et impossible que des boiteux marchassent et que des aveugles vissent simplement pour avoir eu un songe. S’étant endormie, elle eut une vision. Il lui sembla que le dieu lui apparaissait et lui disait qu'il la guérirait mais qu'il exigerait d’elle, à titre de salaire, qu’elle plaçât dans le temple un cochon d’argent en souvenir de la stupidité dont elle avait fait preuve ; parlant ainsi, il entr’ouvrit l’œil malade et y versa un certain poison. Quand le jour parut, elle sortit guérie.

6) Un enfant muet vint en suppliant au temple pour

Daufresne 4

pee

recouvrer la voix; après qu’il eut offert le sacrifice préliminaire et accompli les autres cérémonies d’usage, le serviteur qui portait le feu du sacrifice se tourna vers le père de l’enfant et lui dit: « Consens-tu, d'ici à un an, si tu obtiens ce que tu es venu demander, à offrir un sacrifice au dieu pour prix de cette guérison? » Alors l’enfant dit tout à coup: « J’y consens. » Le père étonné lui ordonna de parler de nouveau, et l’enfant parla de nouveau et de ce moment il fut guéri.

7) Pündaros, Thessalien ayant des taches sur le front (1). — S’étant endormi, il eut une vision. Il lui sembla que le dieu attachait un bandeau autour de ses taches et lui ordonnait, quand il serait sorti du dortoir, d'enlever le bandeau et de le placer comme offrande dans le temple. Le jour paraissait, il se leva et enleva le bandeau : il vit que son visage était délivré des taches et consacra le bandeau dans le temple.

8) Échédore reçoit en punition les taches du front de

Pandaros outre celles qu'il avait déjà (2). — Cet homme

1. Peut être s’agit-il du vitiligo que Podiapolsky a observé au Turkestan, Il apparaît et disparaît sur le front sous l’influence d’une émotion. (« De l'influence des états psychiques sur les changements de couleur de la peau et des cheveux. » Revue de l’Hypnotisme, 1908, p. 309 et 335.)

2. Cette observation est à rapprocher de la lèpre de Naaman (Ancien Testament, Il, Rois, V).Naaman, chef de l’armée du roi de Syrie, était lépreux. Il vint avec ses chevaux et son char, et s'arrêta à la porte de la maison d’Élisée. Celui-ci envoya Naaman se baigner dans les eaux du Jourdain. Le remède avait déplu au malade qui désirait un simple exorcisme. Mais son mal disparut et dans sa reconnaissance, il voulut récompenser Élisée

ayant reçu de l’argent de Pandaros pour le consacrer au dieu vint à Épidaure pour la même raison que Pandaros et garda l’argent. S’étant endormi, il eut un songe. Il lui sembla que le dieu lui apparaissait et lui demandait s’il avait réçu quelque argent de Pandaros pour le remettre comme offrande au temple; il répondit que non, qu’il . n'avait rien reçu de tel de Pandaros, mais que si le dieu le guérissait, il lui offrirait une image avec inscription. Alors le dieu attacha autour de ses taches le bandeau de Pandaros et lui ordonna, lorsqu'il serait sorti du dortoir, d’enlever le bandeau, de se laver le visage à la source et de se regarder dans l’eau. Quand le jour parut, Échédore, étant sorti du dortoir, enleva le bandeau qui ne présentait plus de taches, et s’étant. regardé dans l’eau, il vit son propre visage portant non seulement les taches qu'il avait primitivement, mais encore celles dont avait été délivré Pandaros.

9) Euphanes, enfant d'Épidaure. — Souffrant de la pierre,il s’endormit, il lui sembla que le dieu lui apparais sait et lui disait : « Que me donneras-tu si je te guéris ? » L’enfant répondit : « Dix osselets. » Le dieu se mit à rire

et dit qu’il le guérirait. Le jour venu, il sortit guéri.

qui refusa. Guéhazi, serviteur d'Élisée, courut après Naaman, lui rapporta que son maître s'était ravisé et lui demanda des présents en argent et en robes. Élisée devina sa ruse et le rendit blanc de lèpre comme neige. « La lèpre de Naaman s'attachera à loi et à ta postérité à jamais. »

Hébra, le célèbre dermatologue fiennois, croit qu’il s’agit de la gale, guérie par les eaux sulfureuses du Jourdain, Les robes de Naaman contaminèrent Guchazi.

10) Un homme vint en suppliant vers le Dieu ; il était borgne au point qu’un de ses yeux n’avait plus que les paupières et semblait tout à fait vide. Quelques personnes dans le temple le taxèrent de naïveté parce qu’il espé-. rait recouvrer la vue alors qu'il n’y avait plus que la place d’un de ses yeux, et que lPœil lui-même n’existait plus. Il s’'endormit et eut une vision : il lui sembla que Je dieu préparait un remède, écartait ses paupières et le versait dans l'orbite. Quand le jour parut il sortit voyant des deux yeux. R

11) Alcetas de Habiké. — Cet homme étant aveugle, eut une vision : il lui sembla que le dieu lui ouvrait Les yeux avec ses doigts et qu'il voyait les arbres dans l'enceinte sacrée. Le jour paraissant, il sortit guéri.

12) Héraicus de Mitylène. — Cet homme n’avait pas de cheveux sur la tête, mais il en avait beaucoup sur les joues. Honteux des railleries dont il était l’objet, il s’endormit dans le dortoir : le dieu lui frotta la tête avec un onguent et fit que les cheveux y repoussèrent.

13) Hermodios de Lampsaque, impotent du corps. — Il s'endormit et le Dieu, l'ayant guéri, lui ordonna de sortir et de porter dans l'enceinte sacrée la plus grande pierre qu’il pourrait : en effet, il y porta celle qui est (aujourd’hui) devant le dortoir. |

14) Nicanor, boiteux. — Cet homme étant assis, un enfant lui vola son bâton et s’enfuit. Nicanor s’étant levé le poursuivit et dès ce moment il fut guéri.

15) Un homme fut guéri d'un mal au doigt par le serpent. — Cet homme souffrait beaucoup d’une plaie cruelle (ulcère) à un orteil. Les serviteurs du temple le portèrent

deh ors et le firent asseoir sur un siège : le sommeil Payant pris, un serpent sortit du dortoir et guérit son orteil avec sa langue ; puis il se retira dans le dortoir. L'homme s'étant réveillé et se sentant guéri, dit qu’il avait eu un songe et qu’un beau jeune homme avait paru appliquer un remède sur son orteil.

16) Un homme de Toroné ayant avalé des sangsues (?). — S’étant endormi, il eut un songe : il lui sembla que le dieu lui ouvrait la poitrine avec un couteau, en retirait les sangsués, les lui remettait entre les mains et recousait sa poitrine. Quand le jour parut, il sortit, ayant les sangsues dans les mains, et depuis ce moment il fut guéri. Sa maladie était due à une ruse perfide de sa belle-mère,

qui avait jeté Les sangsues dans un mélange de vin et de

miel qu’il avala. , 17) Un homme ayant une pierre dans la vessie. — Cet homme eut un songe; il ui sembla qu'il... et s’étant

réveillé il rejeta la pierre et sortit en la tenant entre ses mains.

18)Eschine, alors que les suppliants étaient déjà endormis,monta sur un arbre et jeta un coup d’œil furtif dans le dortoir ; mais étant tombé de l'arbre sur une palissade de pieux, il se blessa grièvement aux deux yeux. Très souffrant et devenu aveugle, il implora le dieu, s’endormit et sortit guéri.

19) Enippos porta pendant six ans dans sa joue une pointe de lance:il ’endormit et le dieu,ayant arraché Ia lance, la lui remit entre les mains. Quand le jour parut, il sortit guéri, portant la lance dans ses mains.

20) La coupe. — Un porteur de bagages allant vers le

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temple, fit une chute quand il en était à dix stades ; s'étant relevé, il ouvrit son sac,il vit que les objets qu’il renfermait étaient brisés. Quand il s’aperçut que la coupe où son maître avait l'habitude de boire était brisée en morceaux, il se désola,et, s’asseyant sur la route,essaya d'en. rajuster les fragments. Un voyageur l’ayant aperçu : « Pourquoi, à malheureux, lui dit-il, perds-tu ta- peine à vouloir raccommoder ta coupe ? Esculape,, lui-même, le dieu d’'Épidaure, ne pourrait pas la guérir. » Ayant entendu ces paroles, le garcon mit les tessons dans son sac et se rendit au temple : à son arrivée, il ouvrit le sac et en retira la coupe toute guérie. IL alla raconter à son maître ce qui s'était fait et ce qui s'était dit, et celuiei, au récit de la chose, offrit la coupe au dieu.

La seconde stèle, comme la première, est faite de pierre calcaire, Elle présente 1 m. 71 de hauteur, 0m. 77 de largeur et 0 m. 15 d'épaisseur. Plus intéressante que la précédente au point de vue médical, elle est malheureusement très mutilée et des lacunes nombreuses rendent incompréhensible le récit de certaines guérisons. M. Salomon Reinach en a donné une traduction dans la Revue archéologique (1885, I, p. 265 et suiv.).

4) Sostrata de Phères fut enceinte pendant un an. — Cette femme, se trouvant au plus mal (?), se fit porter au temple sur une litière et s’y endormit. N’avant eu aucune. vision distincte, elle ordonna qu’on la ramenât chez elle. Sur la route, près de Kornoi (?), il lui sembla qu’elle rencontrait un homme de belle apparence, qui demanda aux gens de son escorte la cause de leur ennui. Il leur com-

manda alors de déposer la litière sur laquelle ils por-

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