Traduit par Defrasse et Lechat
FE — 61 — tuaires d’Esculape; mais ils ont trouvé dans la religion nouvelle de quoi satisfaire leurs croyances anciennes. Des saints et des vierges prirent la place de l’ancien dieu- | médecin.
Dans nos pèlerinages modernes, des malades viennent encore implorer des guérisons miraculeuses et laissent comme autrefois des ex-voto sur le mur des sanctuaires.
Le D' Félix Regnault a vu des lettres adressées au Bambino de Santa Maria d’Aracellia à Rome, renommé pour guérir les enfants. Les Lettres sont déposées dans la châsse du saint, à quion laisse Le soin d’en prendre connaissance et d’exaucer les prières. Aux abords des sanctuaires bretons des images en cire figurent des bras, des seins, des oreilles que les fidèles achètent et offrent à l’église. On trouve de semblables pratiques à Anvers en Belgique, à Spalato en Dalmatie, à Naples.
A plus d'un point de vue la Normandie marche de pair avec la Bretagne. Les pèlerinages et les superstitions y sont à peu près aussi nombreux. Dans la jolie petite église d’Annebault (Eure), des malades viennent de dix lieues à la ronde demander à saint Milfort la guérison de rhumatismes ou de maux de ventre. Les pèlerins ont largement creusé au couteau le piédestal et la jambe du saint pour recueillir la poussière de plâtre qu’ils mélangent ensuite aux aliments. Des mèches de chanvre, des épis de blé réunis en bouquet, de longsrubans de coton, des épingles, des fleurs attibeialles sont suspendus à la statue. Les rubans ont servi à entourer le ventre des malades et les épingles à retenir des bandes à pansement. Le sacristain
m'a confié que les paysans apportent parfois des œufs
ea es
frais ou du pain coupé en tranches. Aux pieds de la statue j'ai recueilli une inscription votive assez curieuse
pour être citée :
Donnai asaint Mille frot pour avoir aux tenu guérisont par sont intercession aux près de Dieu pour moi dont
J'avais la hanche passée sous la côte (1).
Malgré tous les progrès de la science, nous sommes obligés de convenir que l’humanité est toujours à peu près semblable à elle-même, par ses croyances, ses traits les plus généraux et sa structure la plus intime.
A Épidaure, comme dans nos pèlerinages modernes, c'est le même troupeau lamentable de malades éternellement soumis à la douleur, éternellement trompés par
l'espérance |