INCUBATION
Purifications. Jeûnes. Sacrifices. Processions et office nocturne. Le Plutus d’Aristophane. Les pratiques de l’incubation et le christianisme. Le pèlerinage de Tinos. La préparation au sommeil hypnotique. Prêtres
d’Esculape et médecins hypnotiseurs.
Les Grecs, comme tous les peuples de l'antiquité, attribuaient aux rêves une origine surnaturelle. Les associations d’idées et d'images qui apparaissent dans l’inconscience du sommeil leur semblaient venir d’une puissance du dehors, engendrées par une influence divine. Par les songes, les dieux faisaient connaître leur volonté aux mortels. L'observation et l’interprétation des rêves formaient en conséquence la partie La plus importante de la science des devins.
Tous les dieux pouvaient se manifester en songe aux hommes, pour leur révéler l’avenir ou leur accorder une guérison. Athéna apparut à Périclès pendant son sommeil et lui enseigna le moyen de guérir un homme qui était tombé du haut des propylées de l’Acropole. Asclépios ne guérissait point les malades d’une autre manière.
\ DRE ER Dans toutes les observations rapportées sur les stèles, 1l apparaît en rêve aux pèlerins et les guérit par sa propre volonté, par des remèdes ou des procédés chirurgicaux.
Les malades n’attendaient pas la venue fortuite du songe divin. Ils s’efforçaient de plaire à la divinité par des actes religieux et de provoquer ainsi son apparition salutaire. L’ensemble de ces moyens constituait l’incubation ou éyxeunats : Les prêtres ordonnaient des jeûnes, des purifications et des sacrifices ; les pèlerins circulaient en longue procession dans les allées du sanctuaire ; Le soir les prêtres célébraient l'office, chantant les hymnes en l’hon- neur du dieu et les malades allaient s'endormir sous le portique dans l'attente du dieu guérisseur.
On lisait sur la porte du temple :
« Sois pur, pour entrer dans le temple parfumé !
Étre pur c’est n'avoir que des pensées pieuses et justes. »
Ambrosia d'Athènes, aveugle d’un œil, était venue supplier le dieu de la guérir. Elle se moqua de quelquesunes des guérisons qui lui semblaient invraisemblables, Le dieu lui apparut en songe et pour la punir lui ordonna de placer dans le temple un cochon d’argent en souvenir de sa stupidité. Mais Esculape était bon, et elle partit guérie (1). Pandaros avait été guéri de taches qu’il portait sur le front. Echédore, atteint de la même affection, vint en suppliant vers le dieu. Il avait reçu de l’argent de Pandaros qu’il devait consacrer à Esculape. Echédore garda l’argent mais reçut Le juste châtiment de sa fourberie. Le dieu lui attacha autour ‘de ses taches le ban-