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sement dissimulé sous l'autel. L'eau bouillante distillait dans un tube et tombait dans une marmite, dont le poids ainsi augmenté, tirait une corde qui faisait ouvrir les portes. Le D' Félix Regnault reconnait que de pareils gaillards étaient dignes d’inventer la machine à vapeur.
Rien n’étaif plus aisé que d’entretenir dans les lampes la lumière perpétuelle. Un réservoir placé dans une pièce voisine communiquait avec la lampe et y entretenait un niveau toujours égal. On faisait avec des fils d'amiante une mèche durable. ;
Les prêtres réussissaient sans la moindre difficulté à faire parler les dieux. Si la statue était creuse, il suffisait de s’y cacher. Dans le temple d’Isis à Pompée des conduits étaient creusés dans les murs qui portaient la voix à la statue. La Minerve d’Arezzo du musée de Florence a des conduits qui s’ouvrent derrière la tête après avoir parcouru l'épaisseur de deux nattes de cheveux.
Ces procédés sont devenus ce que nous désignons du nom de magie blanche. À une époque de foi et d’ignorance les trucs les plus habiles comme les plus grossiers pouvaient être facilement acceptés. Mais la science laissa la magie blanche aux prestidigitateurs et s’empara peu à peu de l’autre magie, « /a magie pathologique » qui persiste encore sous le nom de sciences occultes. Grâce à elles les derniers visionnaires du spiritualisme s’efforcent encore de communiquer avec un monde surnaturel où s’agitent
les chimères de leur esprit.
Comme tous les cultes de la Grèce, celui d’Esculape avait ses mystères que gardaient en secret les descendants
du dieu réunis en associations religieuses d’Asclépiades,.
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Ce mysticisme se développa surtout durant les premiers siècles du christianisme, où des personnes pieuses se croyaient particulièrement chéries du dieu et s’offraient comme intermédiaires entre lui et la foule des suppliants.
Suivant la tradition, ces mystères eurent pour origine l'initiation du dieu-médecin aux mystères d'Éleusis. Un soir Asclépios s'était rendu d’Épidaure à Athènes pour se faire initier et prendre part aux fêtes en l’honneur de Déméter et Coré. En souvenir, on célébrait chaque année dans la vallée du Hiéron, au mois de Boédromion, les Épidauria.
Si humble que soit Esculape dans le grand Olympe païen, ce serait abaisser ce dieu si bienfaisant aux mortels, que de concevoir son culte comme un amas de superstitions grossières; il contient en réalité un élément mystique qui lui donne une haute valeur religieuse. Sans doute parmi les suppliants d’Asclépios la plupart n’étaient que de naïfs superstitieux, mais on y rencontre quelques âmes élevées qui trouvaient dans la divination par les
songes de quoi satisfaire leur besoin mystérieux de sur-
naturel.
Le mysticisme ne revêt point dans le culte d’Asclépios
un caractère spécial ; il est le même que dans toutes les religions dont il forme l'essence véritable. Certains médecins le considèrent comme une névrose, caractérisée par l’exaltation de l’esprit, des superstitions de toutes sortes, une créance exagérée accordée aux rêves, aux présages, aux miracles. Les mystiques ont une terreur maladive de la mort, présentent des hallucinations et des obsessions,
recherchent l’extase. Ils sont convaincus de pouvoir sai-
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LS sir l’inconnaissable, en développant des facultés spirituelles, et d’agir sur les puissances mystérieuses par des prières, des expiations ou des sacrifices.
Dans l’asclépieion d’Épidaure, il y avait une association religieuse d’Asclépiades dont l’histoire secrète nous est à peu près aussi inconnue que celle des ordres mystiques des temps modernes. Ces prêtres prétendaient descendre d’Asclépios, par les héros homériques, Machaon ‘et Podaliros, et tenir de leurs ancêtres les secrets de l’art
de guérir. [ls propagèrent dans toute la Grèce le culte
d’Esculape et furent sans doute les fondateurs des pre-
miers sanctuaires. [l y aurait eu, suivant la tradition, une douzaine de familles d’Asclépiades réunies en autant de localités qui prétendaient chacune à l’honneur d’avoir vu naître le dieu.
Au moment où florissait le culte d’Esculape, la Grèce comptait plus d’une centaine d’asclépieia. Les familles d’Asclépiades ne pouvaient se multiplier dans la même proportion et il semble que leur histoire se termine au moment où commence la plus grande popularité du dieumédecin. Peu à peu elles perdirent le privilège exclusif qu’elles avaient de guérir et ne formèrent plus que des associations mystiques, distinctes des oracles d’Asclépios.
Les familles d’Asclépiades formaient une caste particulière comme les prêtres d’Isis ou de Sérapis, et parmi leurs disciples, elles devaient faire la même distinction qu’on retrouve dans les anciennes écoles de philosophie. A ceux qui n’étaient-point initiés, elles ne communiquaient qu'un enseignement exotérique, composé de connaissan-
# ces vulgaires ; à un petit nombre seulement était réser-