‹ Epidaure: Les Prêtres - Les GuérisonsChapitre 24 sur 35 · RUE · texte numérisé non relu

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vée la révélation des mystères profonds. « Les choses sacrées ne peuvent étre révélées qu'aux élus, et ne doivent étre confiées aux profanes que lorsqu'ils se sont fait initier dans les mystères de la science. »

Certains personnages, que leur foi ardente rendait par-

ticulièrement chers à Esculape, avaient une puissance

égale à celle des prêtres. Ils pouvaient intervenir auprès

du dieu et obtenir de lui des guérisons qu'il tardait à.

accorder. Apollonius de Thyane, Proclus d'Athènes, Aelius Aristide sont les plus connus de ces mystiques dont l’his-

toire nous est conservée.

Apollonius naquit au bourg de Thyane, en Cappadoce, au début de l'ère chrétienne et mourut à Éphèse vers 97. À seize ans il passait tout son temps dans le temple d’Esculape à Egées. Le dieu lui apparaissait souvent et était heureux de le prendre à témoin des guérisons qu’il opérait (Philostrate). Grâce à son intervention fut guéri un jeune Assyrien quine cessait de boire et de faire bonne

chère.

Apollonius était alors un adolescent d’une rare beauté. Un gouverneur de Cilicie, aux mœurs déréglées, en entendit parler et vint au temple d’Esculape.« Qu’avez-vous à me demander ? » dit Apollonius. «Ce qu'on demande aux beaux objets, c’est-à-dire qu'ils vous admettent au partage de leur beauté et ne vous envient pas leur charme. » Le gouverneur prenait un air voluptueux, les yeux brillant deluxure. Apolloniusluilança un regard courroucé: « Vous êtes un fou, dit-il, ef un misérable >. Le gouverneur le

* menaça de la mort, mais Apollonius s’écria : OA ! misé-

ane

rable, un jour viendra. » Trois jours après, le gouverneur fut égorgé.

Apollonius ne tarda pas à embrasser la doctrine pythagoricienne dont il exagéra les austérités. Il entreprit de voyager et visita successivement La Pamphyllie, la Cilicie, Antioche, Éphèse, Babylone, les Indes où il étudia les dogmes des Brahmanes. Partout il prêchait au peuple la simplicité et l’abstinence, Lui-même marchaït pieds nus, ordonnait la communauté des biens et partageait ce qu'il avait entre les pauvres.

Quand il partit pour les Indes, il dit à ses disciples : « Par pris conseil des dieux et je vous ai déclaré leur volonté pour vous éprouver el voir si vous êtes assez forts pour me suivre dans mon entreprise. Mais puisque l'énergie vous manque, adieu et philosophez à votre aise; pour moi, il me faut marcher où la sagesse et la divinité me conduisent. » I savait toutes les langues et il dit à Damis, son compagnon : « Ne vous étonnez pas si je comprends toutes les lanques des hommes, je comprends même leur silence. »

Après avoir arrêté la peste d'Éphèse, il se rendit à Pergame où il s’arrêta dans le temple d'Esculape.A ceux qui étaient venus consulter Le dieu, il indiqua ce qu'il fallait faire pour obtenir des songes contenant des présages favorables et il fit plusieurs cures (Philostrate). Plus tard il se rendit en Crète, au temple Lébénéen, dédié à Esculape. On y vint de toute la Crète. Un jour Apollonius s’entretenait dans le sanctuaire avec plusiéurs personnes attachées au service de l’autel. Un violent tremblement de terre se produisit et la mer se retira de près

de sept stades. La plupart des interlocuteurs d’Apollo-

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nius furent pris de frayeur, mais il les rassura et leur dit : « N’ayez pas peur, c’est la mer qui vient d’enfanter de la terre.» Quelques jours après, des voyageurs venus

de Cydon annoncèrent que le jour du tremblement de terre, une île était sortie des flots,

À Rome, il ressuscita une jeune fille que lon croyait morte. Mais il fut compris dans l’édit de Néron qui bannissait les magiciens. Il fut plus tard consulté par Ves-. pasien et persécuté par Domitien. Il mourut à Éphèse

après avoir fondé une école pythagoricienne.

On lui érigea des statues et des temples, et Philostrate, son biographe, rapporte que, de son vivant, il a été redouté par les uns, comme un magicien, adoré par les autres comme un dieu, ou tout au moins vénéré comme un être

surnaturel.

Au moment où expira le culte d’Esculape, le philosophe Proclus fut un de ses derniers fidèles. Il naquit probablement à Constantinople en #12 et mourut en 485. Dès son jeune âge, Minerve lui serait apparue pour lui révéler sa destinée, et dans une maladie grave contractée au sortir de l’enfance, Apollon fut son médecin et vint

lui-même lui donner ses soins.

À Athènes, la fille de Plutarque (fils de Nestorius), Asclépigenie, l’initia à la magie chaldéenne et aux mystères d’Éleusis. Devenu chef d’une école de philosophie, Proclus s’efforça de mettre en harmonie le platonicisme et le mysticisme, plaçant au-dessus de la raison et de la

science, l’extase, qui permet seule d’atteindre à la puis-

sance théurgique.

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Marinus (1) nous rapporte qu’un certain Archiadas dont la fille souffrait d’une affection incurable vint supplier Proclus d’intercéder en sa faveur auprès d’Asclépios : « Proclus, ayant pris avec lui le grand Périclès, le Lydien, lustre philosophe lui aussi, se dirigea vers l’asclépieion, pour implorer le dieu en faveur de la malade. Car la ville avait le bonheur de posséder encore ce temple ; le sanctuaire du Sauveur n'avait pas encore élé pullé. Tandis que Proclus priail suivant les anciens rites, un changement subit se produisit dans l’état de la patiente/et elle éprouva un grand soulagement : le sauveur, en dieu qu'il est, l'avait quérie sans effort. Toutes les formalités religieuses étant accomplies, Proclus se rendit auprès de la jeune fille : elle venait d’être délivrée des souffrances qui la torturaient et était en bonne santé. » (Marinus.) *

De tous les malades qui venaient implorer leur guérison dans les asclépieia, il n’en est point dont la foi ait été plus profonde que celle du sophiste Publius Aelius Aristide, À la fin de sa vie son mysticisme s’exalta au point qu’il se fit prêtre d’Esculape, « sauveur de toutes choses et gardien des immortels ».

Il naquit à Adriani en Mysie, l’an 129 après Jésus- Christ. Son père avait été prêtre de Jupiter et sa famille vivait dans l’opulence. Il fit ses études dans les écoles les plus renommées, auprès du grammairien Alexandre à Cotyaeon en Phrygie, auprès d’Aristoclès à Pergame, puis il vint à Athènes écouter les leçons d’Hérode-Atticus.

À vingt ans, il partit en voyage et visita l'Asie, la

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