Artémidore (Oneironit. V
l'enceinte du temple, se lava au puits d'Aselépios, se couvrit de boue, recommença une seconde ablution et fit trois fois le tour du temple en courant. Fréquemment le dieu lui ordonnait de marcher pieds nus et de coucher en plein air dans la cour du sanctuaire. De nos jours les malades de Lourdes se baignent dans une eau glacée qui n’a que six degrés. Comme autrefois des guérisons incontestables se produirent, dues à une révolution brusque de l'organisme à laquelle s’ajoutent un violent choc nerveux et une émotion religieuse profonde. « Le patient reste quelques minutes dans la cuve, grelottant et balbutiant des prières ;c’est un Spectacle à la fois pénible et touchant de voir ceux pour qui la science du médecin est restée vaine, demander la quérison de leurs maux à Dieu, avec un élan de cœur infini (1). »
Marc-Aurèle rapporte qu’Asclépios ordonnait de monter à cheval, de faire de la gymnastique et des exercices violents. Agestratos (2) atteint de céphalée neurasthénique en fut guéri par les exercices du pancrace, combinaison de boxe et de lutte à main plate. Galien rapporte qu’un habitant de Smyrne, Nicomaque, avait contracté une telle obésité qu'il ne pouvait faire aucun mouvement. Esculape le guérit en le soumettant à jeun à de violents exercices corporels. Le D'Gruby, savant dermatologiste de notre siècle, fit une ordonnance semblable à une actrice de la
Comédie-Française qui présentait une tendance très mar-
1. Documents du Progrès. «Miracle de Lourdes », février 1909 (p. 181 et suiv.), Félix Régnault.