‹ Epidémie de la Guadeloupe, 1863-1866Chapitre 32 sur 34 · GOUVERNEMENT DE LA GUADELOUPE · texte numérisé non relu

GOUVERNEMENT DE LA GUADELOUPE

« L’admission en libre pratique dans le port de la Pointeà-Pitre du navire la Sainte-Marie , a été le sujet de polémiques qui ont imputé à ce navire l’introduction du choléra à la Guadeloupe, et ont cherché à rendre l’honorable maire de cette ville, responsable de ce malheur. L’administration a déjà déclaré, et elle déclare de nouveau que, en aucun cas, une semblable responsabilité ne pouvait peser sur le maire de la Pointe-à-Pitre qui, en donnant l’entrée, comme président

de la commission sanitaire et conformément aux conclusions du médecin arraisonneur, n’a fait qu’exercer une délégation consacrée par une pratique constante, tolérée par l’autorité et reconnue par la justice. Une enquête minutieuse a été d’ailleurs ouverte sur les allégations qui incriminaient la Sainte- Marie. Aucune de ces allégations, ayant quelque gravité, n’a été confirmée jusqu’ici.

» Un nouveau document vient d’être ajouté au dossier de cette enquête. On attachait avec raison une réelle importance à savoir dans quelles conditions de santé la Sainte-

Marie avait poursuivi son voyage : c’est ce que fait connaître une communication officielle de M. le vice-consul de France à Matamoros. En publiant cette lettre par l’ordre de M. le gouverneur, il n’est pas inutile de rappeler que la Sainte- Marie , arrivée à la Pointe-à-Pitre le 20 octobre dernier, en est repartie le 24 et qu’elle y a renforcé son équipage d’un matelot créole.

» Nul n’ignore les graves événements politiques auxquels fait allusion la lettre dont il s’agit.

» Quoique ce document semble péremptoire, les informations continuent, et si elles modifient dans un sens quelconque l’état présent de la question, elles seront immédiatement rendues publiques »

Voici la lettre de M. le vice-consul de France à Matamoros :

« Matamoros, 15 février 186G.

» Monsieur le gouverneur,

» Je m’empresse de répondre à la lettre que vous m’avez » fait l’honneur de m’adresser le 12 décembre 1865, laquelle » par suite des coups de vents du nord, qui n’ont cessé de

» battre la rade de Bagdad, et par conséquent ont empêché » toutes communications, ne m’est parvenue que le 8 de ce » mois.

» Depuis le 11 novembre, le navire Sainte-Marie , capitaine » Moufflet, était en rade. A son arrivée, tout l’équipage, me » disent les consignataires (je n’étais pas à Matamoros à l’épo- » que), était dans de bonnes conditions de santé.

, » Quant à des précautions de quarantaine, c’est chose pres- » que inconnue à Matamoros. Il faut une série de cas demor- » talité pour qu’on y ait recours, et je ne sache pas que,

» depuis l’arrivée à Bagdad de la Sainte-Marie , il y ait eu, ni » dans cette place, ni à Matamoros, plus de décès par suite » de maladie du genre de celles dont les symptômes me sont » signalés dans votre lettre, que d’habitude.

» Les consignataires, enfin, n’ont point été informés, et » ne pensent pas qu’il y ait eu à bord aucun cas de maladie » durant le séjour en rade.

» Je ne puis, monsieur le gouverneur, vous fournir déplus » amples ou de plus précis renseignements. Le capitaine » Moufflet, fatigué sans doute de son long séjour en rade, a » profité des tristes événements de Bagdad, pour partir sans » se faire expédier ni en douane, ni au consulat, et j’ai du » renvoyer ses papiers de bord à Son Excellence M. le minis- » tre de la marine.

» Veuillez agréer, M. le gouverneur, l’assurance de tout » mon dévouement.

» Le vice-consul de France ,

» Signé : Ch. Frossard. »

Les nouveaux renseignements ci-après, publiés dans le numéro du 25 mai de la Gazette officielle de la Guadeloupe,

levant tous les doutes au sujet de la Sainte-Marie, il est indispensable de les reproduire textuellement.

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