CHAPITRE IIT
Considérations sur les complications intestinales dans
la rougeole.
Ton es HISTORIQUE.
Lorsque l’année 1893 nous à réservé la surprise de voir la rougeole dans un si bref délai faire un nombre de victimes relativement élevé dans notre milieu, nous avons pu nous convaincre que cette maladie peut, même à la campagne, revêtir une forme maligne et prendre un timbre de gravité qui n’est malheureusement basé ni sur une exagération, ni sur un préjugé populaire. Cette gravité avait fait dire à Déchaut, il y a déjà bien longtemps: «Quand j'arrivais à l’hospice des enfants assistés, je laissais passer inaperçues les premières rougeoles qui se manifestèrent, croyant comme tout le monde, que cette maladie était bénigne ; mais quand je vis à plusieurs reprises succomber le cinquième, le quart, le tiers de nos malades, je dus modifier mes opinions. » |
A notre tour, nous avons dû changer d'avis, et nous demander pourquoi les enfants du premier âge mouraient en si grand nombre ? |
On admet généralement qu'on ne meurt pas de la rougeole, mais des complications qui surviennent dans le cours de cette maladie, que la bronchopneumonie et la diphtérie semblent
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parmi elles rivaliser, se disputer les cas malheureux dela fièvre morbilleuse.
La mort, dans l'épidémie qui nous occupe, ne doit aucun tribut de reconnaissance, pas plus à la bronchopneumonie qu'à la diphtérie survenue à l'occasion de la rougeole. Nous avons remarqué que seules les complications intestinales, signalées à peine en passant par nos auteurs classiques, étaient responsables des décès.
Nous pensions donc, comme la plupart, que la rougeole n'était grave que par son association avec la diphtérie ou par la bronchopneumonie ; aussi, nous avons été étonné de voir survenir, chez une catégorie de malades, une complication qui était très peu signalée, et que Trousseau considéfait dans ses leçons cliniques comme une complication en général bénigne,
Cet étonnement nous a poussé à faire quelques recherches bibliographiques sur la question qui a trait aux complications intestipales.
Macry, élève du professeur Dieulafoy, dans une thèse que lui a inspirée son maître et à laquelle il donne pour titre de la Colite dysentériforme (colite hémorrhagique), au cours de la rougeole, fait l'exposé complet de ce qui a été dit sur les troubles intestinaux depuisle commencement du xvr° siècle jusqu’à notre époque, et s'exprime ainsi dans sa préface: «Trousseau qui avait été plusieurs fois rapporteur des épidémies à l’Académie de médecine, s'était trouvé à mème de noter assez souvent ces phénomènes sur lesquels il se plaint que l’on n'ait pas suffisamment attiré l'attention. C'est cette lacune que nous nous sommes efforcé de combler, sur les indications du professeur Dieulafoy, qui a été lui-même plusieurs fois témoin de faits semblables. C'est sur ses conseils et grâce à ses encouragements, que nous avons entrepris cette tâche fort pénible, car il a fallu, à cause de la pénurie des matériaux, parcourir un très grand nombre d'ouvrages et de relations d’épidémies. si
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Nous avons le regret de dire que c’est à peine si çà et là, nous avons eu à glaner quelques lignes, et nous avons pu nous convaincre amplement de l'exactitude de l'illustre clinicien que les auteurs ne se sont pas occupés de ce sujet.
Loin de nous la prétention d'offrir quelque chose de nouveau, nous avons voulu simplement traiter une complication qui n'avait pas été suffisamment décrite jusqu’à présent. L'on trouvera dans notre thèse tout ce que les auteurs ont dit sur ce sujet ; nous y avons réuni un grand nombre de documents disséminés çà et là dans les auteurs classiques, dans les articles de dictionnaires, dans les journaux. Nous avons parcouru, dans ce but, un grand nombre de publications périodiques étrangères, notamment le Schmids Jahrbucher, la Lancette, le Dublin journal, les Archives italiennes d'Omedei, ete. Le lecteur pourra ainsi recueillir tout de suite les renseignements qu'il lui faudrait chercher dans bien des endroits différents, d’où perte de temps et nécessité de connaître les langues étrangères, ce qui serait absolument impraticable pour beaucoup de personnes. »
Si nous avons fait de la préface de M. Macry une si longue citation, c’est pour lui reconnaître, en effet, le mérite d'avoir le premier noté, compulsé tous les documents historiques se rapportant à l'étude des complications intestinales, et, nous devons l'avouer, c’est dans son travail inaugural que nous avons pu recueillir tout de suite ce qui a été dit depuis le. xvrrr° siècle jusqu’à nos jours, ayant trait à ce sujet. Nous ne citerons de cet historique très complet que les renseignements donnés par les auteurs dont M. Macry a parcouru les ouvrages, renseignements qui semblent avoir le plus d'analogie avec les observations de nos malades. . |
C'est à Sydenham, Morton et Huxham qu'il faut reconnaître l'honneur d’avoir établi une distinction entre la rougeole et les fièvres éruptives, confondues jusqu'alors. Ces auteurs signalent la diarrhée comme une manifestation survenant très fréquem-