‹ Epidémies et éphémérides. Traduites du latinChapitre 12 sur 24 · J 68 ÉPIDÉMIES · texte numérisé non relu

J 68 ÉPIDÉMIES

douleur cessa, vers le troisième jour , tomba dans le délire et mourut le quatrième jour. D’où Galien conclut (Comm. sur le §. 17 du liv. 2 des Prorrh.) que l’on doit toujours remonter à la cause première de ces douleurs brusquement survenues ; et rechercher , par exemple , si la partie souffrante n’aurait pas été offensée, contusionnée, blessée dans la nuit et par hasard. Dans ces sortes de douleurs , les médecins doivent , dit-il , se garder d’une crainte prématurée , comme d’une sécurité téméraire (E).

C’est une opinion commune que tantôt le catarrhe préexiste à la fièvre , et que tantôt la fièvre est la cause occasionnelle du catarrhe , et que la conduite à tenir n’est pas la même dans l’un que dans l’autre cas. Toutes les fois que la fièvre est jointe au catarrhe, si vous ne trouvez pas la raison de celui-ci dans l’action d’une cause extérieure , regardez la fièvre comme l’auteur du catarrhe. Voyez surtout ce qu’Hippocrate dit sur ce point dans un de ses livres des Maladies et dans celui de la Maladie sacrée , où il enseigne que, par effusion ($(xyv<riç) , il se fait dans le cerveau un départ de pituite des parties supérieures vers les inférieures, d’oii résulte une abondante sécrétion d’urines. Si donc la fièvre est la cause du catarrhe, c’est la fièvre qu’il importe d’attaquer. Si, au contraire, l'affection catarrhale, en portant le trouble dans les humeurs et en allumant une chaleur qui leur est étrangère, provoque la fièvre, ne tenez pas compte de cette fièvre : elle n’a que la valeur d’un symptôme.

André Bailleu, fils d’un conseiller royal, rejeta parla bouche, à l’âge de 20 ans, une grande quantité de sang. On eut de vives craintes pour les poumons. Toute la thérapeutique fut dirigée sur ces organes. En palpant doucement les hypochondres , on y sentit un battement et comme une sorte de palpitation. Il semblait que le sang partait des hypochondres et se portait vers les parties supérieures ,

comme conduit par la main. Au moment où il atteignait les parties supérieures, il déterminait un frissonnement et il jaillissait des poumons. Ce crachement de sang tenait lieu de ces hémorrhagies qui sont familières aux jeunes gens. Le traitement fut détourné des poumons et porté tout entier sur les hypochondres. D’abondantes purgations coupèrent court à ce crachement de sang. Ce fait mérite d’être signalé (F).

Dans les accès de fièvre , il faut , contrairement au précepte d’Hippocrate , permettre les aliments aux personnes bilieuses , chez lesquelles l’orifice de l’estomac , d’une exquise sensibilité , est facilement irrité par les humeurs bilieuses, ainsi qu’aux malades atteints de fièvre syncopale, épuisés par les maladies, et aux atrabilaires affamés ; sans quoi le cœur défaillerait et leur manquerait.

Dans le cas de fausse grossesse , tantôt c’est la mole qui est expulsée vers le troisième ou le quatrième mois , plus ou moins ; tantôt c’est le germe, qui, la force prolifique manquant, n’a pu prendre la forme et la disposition qui conviennent aux organes. Lorsque c’est le germe et que l’imprégnation ne s’est pas effectuée , il convient d’attendre la sortie des secondines. Dans le cas de mole, les secondines n’existent pas. Il importe d’établir avec soin cette distinction , afin de ne pas arrêter le flux de sang plus tard ou plus tôt qu’il ne faut. Si vous soupçonnez que les secondines sont retenues , gardez-vous d’arrêter le sang. On reconnaît le faux germe à l’aspect laiteux et à demi-fluide du produit expulsé. La mole n’offre qu’une masse sans forme et sans organisation , comme je le constatai chez la femme de l’avocat. Guérard , qui , au bout de quatre mois, rendit une mole après une forte perte de sang. Je fus étonné qu’elle ne rendît pas dans ses lochies des pellicules semblables à des toiles d’araignée , comme cela arrive aux femmes qui, dit Hippocrate, ont eu , pendant leur grossesse , de la

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