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bouffissure, des fièvres erratiques, de la douleur de tête , ete., tous accidents que cette femme avait éprouvés (Hipp. Liv. 1 des Mal. des femmes) (G).
Dans les fluxions brusques et violentes qui envahissent la face , lorsque surtout la gorge est prise , donnez le plus tôt possible issue au pus qui se forme dans la gorge elle-même ; car sans cela, le malade courrait risque d’être suffoqué. C’est ce qui arriva à la femme de Griffon.
Lorsque vous voyez des douleurs oculaires et des ophthalmies résister opiniâtrément . ne vous acharnez pas trop à combattre le mal. Donnez plutôt à la nature un peu de trêve et de relâche ; car j’ai reconnu la vérité de ce que dit Gelse, que les maladies des yeux, que l’on avait fatigués en vain par de nombreux remèdes, guérissent d’elles-mêmes. Un enfant que nous vîmes malade dans une maison de la rue de Navarre,, en fut un exemple évident, et nous mit à même de vérifier la justesse de ces paroles d’Hippocrate : Les yeux malades s améliorent, s’il s’y fait en même temps 'line enflure et un écoulement de larmes et de chassie , et que les larmes soient mêlées à la chassie et pas trop brûlantes , la chassie blanche et douce , et la tuméfaction légère j dans ces conditions , les yeux se collent la nuit, afin d’être exempts de douleurs, et de cette maniéré, le mal ne sera ni très- dangereux ni long. Mais s’il existe un flux abondant de larmes brûlantes avec peu de chassie et peu de gonflement , et même seulement un gonflement d’un seul œil, alors le mal sera très-long , mais il ne sera pas encore dangereux. L’affection est , dans ce cas, exempte de douleurs , et vous ne devez en attendre la solution que vers le vingtième ou le quarantième jour. ( Prorrh . Liv. 2. Trad. de Littré). La raison de ces paroles est facile à concevoir
Le domestique d’un gentilhomme de Soissons, depuis quelques jours , perdait nuit et jour du sang par le nez. On regardait celte hémorrhagie comme un effet de l’âge, et l’on
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était bien loin de soupçonner qu’elle pût avoir une fâcheuse terminaison. 11 n’était pas sans fièvre. Après être resté quelque temps levé, vaincu enfin par le mal, il s’alita. La main qui le touchait sentait une chaleur mordante et trèsélevée. La nuit fut sans repos. Le matin, en allant à la selle et en se levant pour y aller , comme par suite d’une détente, il rendit par haut et par bas une grande quantité de matières fétides ; les matières vomies étaient vertes. Le pouls s’affaissa. Il mourut subitement à midi. Ceci confirme ce que Galien a écrit quelque part : Toute excrétion fétide est pernicieuse. Ne vous étonnez pas que la fièvre ne se soit pas allumée vers la fin de la maladie : quoique n’ayant duré qu’un jour, la fièvre, par sa véhémence, avait presque épuisé la chaleur naturelle. Car Galien, expliquant pourquoi chezPithion (Histoire 5. Sect. 5. Liv. o des Epidémies), au second jour de la maladie , la respiration fut courte , tandis qu’elle aurait dû être large et fréquente , écrit : Si la respiration ne fut pas , dans ce cas , grande et fréquente , comme elle aurait dit l’être en raison de la fièvre , nous répondrons que la chaleur fébrile qu’avaient allumée les humeurs putrides , s’était elle-même consumée dès le premier jour , et que ce qui restait de chaleur naturelle était si faible quelle se serait éteinte avant qu’une chaleur fébrile eût pu se rallumer , comme si les sucs en ébullition eussent été corrompus. C’est ici le lieu d’appliquer l’aphorisme : Ceux qui , épuisés par une maladie aiguë ou chronique , par une plaie ou par toute autre cause , ont un flux de bile mire ou de matières semblables à du sang noir , meurent le lendemain (Aplior. 53. Sect. 4. Trad. de Daremberg). Or le malade était épuisé par le flux de sang , et ce que dit Hippocrate du flux de bile noire ou de matières semblables à du sang noir, peut très-bien , selon moi , s’appliquer à toute excrétion indiquant la décomposition de quelque partie du corps (II).
Lorsque des éruptions de lichen , de lèpre ou de leuce apparaissent sur notre corps , faut-il les considérer comme constituant une maladie indépendante, ou comme étant des manifestations symptomatiques d’organes primitivement affectés ? Selon les uns, il faut les regarder comme des maladies essentielles de la peau , sans les rattacher à des organes internes que l’on fatiguerait par d’énergiques purgations, comme étant le foyer qui les aurait engendrées , tandis qu’elles sont une affection de la peau occasionnée par l’altération du suc alimentaire dans son ultime assimilation. Ils vont jusqu’à ne considérer dans l’éléphantiasis que le vice extérieur, et ne l’attaquent pas au delà, comme le font ceux qui croient que le principe du mal a pénétré la totalité du corps avant d’en souiller la surface. Cette dernière opinion était celle d’Archigème, à en juger par le passage suivant d’Aétius : La gravité de V éléphantiasis ne tient pas seulement à la difficulté que Von éprouve à en opérer la résolution , mais surtout à V ignorance à peu prés complète ou l’on est du principe qui lui donne naissance. Au moment où l’affection se manifeste à la surface , elle ne naît pas , elle se complète. Son début a eu lieu à V intérieur des viscères y ses progrès la portent à la peau. C’est pourquoi il n’est pas invraisemblable que des tumeurs pareilles se développent aussi à l’intérieur. Si l’on demande à ceux qui sont d’une opinion contraire comment une si grande souillure de la peau pourrait se produire sans que l’intérieur du corps fût infecté : Comme un homme , répondent-ils , peut avoir la jaunisse , sans altération des parties internes : la partie malade est affectée d’un vice qui lui est exclusivement propre et qui en corrompt l’aliment. C’est ce qui fait dire à Hippocrate : Quand le pharynx est malade , et quand des abcès apparaissent sur le corps , il faut examiner les excrétions ; si elles ressemblent à celles des gens en santé , on peut nourrir le corps en sûreté (Aph. 15. Liv. 4. Trad. de
Daremberg). Ainsi donc , l’intérieur du corps restant sain , des tubercules poussent à la peau. Ce serait peut-être ici le lieu de citer ce Simon ( Épidémies , Liv. 6. Sect. 2) chez lequel des pustules larges et prurigineuses ne dépendaient que d’un vice de la peau. Personne ne s’est plus clairement expliqué à ce sujet qu’Hippocrate : Si , chez les enfants ou les jeunes gens , vous observez l'impétigo , la lèpre ou le vitiligo , et que ces éruptions s'accroissent peu à peu et très-lentement , ne les regardez pas comme l’effet de ce transport d’humeurs que les Grecs nomment métastase , mais comme une maladie essentielle. Si, au contraire , l’ éruption est abondante et subite , elle constitue alors bien certainement un transport métastatique. ( Prorrhétiques , Liv. 2. n° 49). Le vitiligo se produit dans les maladies mortelles , comme la phthisie ; l’impétigo et la lèpre, dans les maladies nées de l’alrabile. Ce passage est très-remarquable , et doit être , selon moi , interprété dans le sens que je viens d’indiquer.
La lèpre , le vitiligo , l’impétigo , se montrent sur le corps sous trois conditions (I) : ou comme maladie spéciale , ou comme éruption symptomatique , ou comme participant de ces deux états , ainsi que nous le dirons bientôt. Par exemple, Socrate , après avoir eu longtemps la peau brillante et nette , la voit peu à peu s’altérer , se flétrir , souillée de taches blanchâtres ou sillonnée d’ulcérations psoriques, au point que l’énergie même des remèdes semble propager le mal et lui donner des forces. Ce n’est certes pas là un dépôt, le produit d’une autre maladie ; c’est bien une maladie” indépendante , réelle , le résultat d’une dépravation de la nutrition se manifestant au dehors, d’un vice de l’organisme entier. C’est à l’extérieur même qu’il faut combattre ce mal , et ne pas fatiguer les organes internes par d’incessantes purgations ; car l’existence, la substance, l’essencedu mal réside tout entière à l’extérieur
du corps (J). Mais si cette efflorescence , cette éruption (car le mot exanthème, tiré du verbe è £av6éù> , je fleuris , embrasse d’une manière générale tout ce cpii existe à la peau, tout ce qui vient y émerger, y fleurir), se développe tout à coup et en quelque sorte de toutes pièces, ce ne sera pas le nom de maladie qui lui conviendra , mais celui d’apostase (1). De même lorsque, un jour critique ou un jour non critique , à la suite de la fièvre , la peau se couvre d’une teinte ictérique, cette coloration ne constitue qu’un symptôme, et non une maladie ; ainsi lorsque , sous l’influence d’une altération du foie, ou de l’ingestion d’une quantité immodérée d’eau bue dans un accès de fièvre chaude , l’abdomen se tuméfie tout à coup et en entier , on dit qu’il n’y a pas maladie , mais apostase ; si au contraire le gonflement s’opère peu à peu, bien que le vice d’où le mal tire son origine reste peut-être caché dans des parties profondes, il y aura maladie réelle de l’abdomen , et non affection apostatique. Ce n’est pas autrement que nous voyons apparaître à la peau des affections difficiles à classer parmi les essentielles , les symptomatiques ou les métastatiques. Ainsi des rougeoles , ainsi des varioles, et autres semblables, qui éclatent et se propagent par certain vent du sud ou par des constitutions épidémiques, et dont les unes sont des affections essentielles, les autres des maladies apostatiques. Lorsque, la fièvre étant à son début , ou parfois ne s’étant pas encore déclarée , ou bien encore n’ayant fait que peu de progrès , la peau se parsème et se couvre de ces pustules qui apparaissent comme des points rudimentaires, soit sur le ventre, soit sur la poitrine, soit à la face, une telle éruption constitue une maladie; et la fièvre modérée qui l’accompagne est regardée comme symptomatique et non comme essentielle. Que si , à un jour
(I) Voir l’Introduction, page 20.
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critique, la fièvre étant depuis longtemps allumée, éclate un pareil exanthème , ce ne sera plus une maladie , mais, pour parler la langue d’Hippocrate, une apostase. C’est pourquoi Hippocrate raconte, dans l’histoire de Pythion ou de Silène, qu’au huitième jour il apparut des ecthyma qui ne sauvèrent pas le malade , mais qui rendirent sa mort plus tardive qu’elle n’aurait dû l’être. Bien que cette excrétion , comme toute excrétion d’un autre genre , n’eût été que symptomatique, il en résulta néanmoins quelque soulagement (K). Ces ecthyma doivent être classés parmi les phénomènes apostatiques. Galien dit dans son commentaire que cette éruption ne fut pas profitable, parce qu’elle n’était ni analogue ni proportionnée à la maladie. Il faut en effet que l’apostase soit énergique et en rapport avec le mal , pour qu’elle soit avantageuse. C’est un point qu’Hippocrate a parfaitement distingué et caractérisé au livre de ses Prorrhétiques : il propose et précise trois conditions indispensables pour que le vitiligo ou l’impétigo (ce qui s’applique aux autres affections) constitue une maladie : la première , que le commencement du mal remonte à V enfance ou à l’adolescence du malade ; la seconde , qu’il se montre par degrés ; la troisième , qu’il aille longtemps en augmentant. Ainsi donc, dans toute altération cutanée, pour considérer comme maladie spéciale de la peau tout mal dont le foyer, dont la semence est dans la peau elle-même, trois choses sont de rigueur : il faut que la première apparition, le début de la maladie remonte à une époque antérieure ; il faut que l’on constate des marques de son accroissement et de ses progrès ; il faut enfin que graduellement elle atteigne son entier et complet développement. Le vrai éléphantiasis peut être cité comme exemple. Par contre, le caractère distinctif de l’apostase se tirera de l’absence des trois conditions ci-dessus : rien de pareil n’aura existé dans l’enfance ou l’adolescence du malade ; le phénomène
morbide éclatera soudainement; il se formera de toutes pièces. Le mal alors recevra le nom d’apostatique , de symptomatique ; il dépendra d’une affection intérieure, latente ; il en sera l’annonce. Mais dans de funestes maladies telles que la phthisie ou une cachexie confirmée , s’il se déclare un vitiligo , ou quelque affection analogue au vitiligo et à l’impétigo (c’est ainsi que chez les phthisiques nous avons vu se déclarer une tuméfaction, soit des pieds, soit de la face, soit de tout le corps, comme s’il eût existé une hydropisieû , ce sera une sorte d’affection bâtarde , tenant de l’apostase et de la maladie essentielle, mais au fond symptomatique.
Dans les fièvres continues, lorsqu’il y a diorose du sang , suivant l’expression d’Hippocrate (Liv. Des Maladies) , c’est-à-dire, lorsque le sang acquiert une nature séreuse , qui change sa liqueur douce en une sérosité iclioreuse , d’où naissent l’orgasme , l’incitation et de subites douleurs , le sang tiré de la veine par deux ou trois saignées, apparaîtra dans la palette, non louable, mais vicié. Que si , au même instant , il en est fourni par une hémorrhagie nasale , il aura toute l’apparence d’un bon sang ; l’un et l’autre d’ailleurs atténueront et résoudront la fièvre à un égal degré. D’où vient cette différence dans des parties de sang qui semblent provenir de la même source? On dit encore qu’il est extrêmement rare que le sang tiré de la veine céphalique soit altéré. Serait-ce que le sang de la basilique , plus matérialisé , donne plus aisément des signes d’altération, tandis que celui qui tire son origine de la tête est plus vermeil et moins matériel (L)? Cependant le sang qui flue de la tête a du corps et de la cohésion. Dans notre opinion , si le cours du sang se ralentissait dans le cerveau, le sang fourni par une hémorrhagie nasale montrerait les mêmes altérations que celui tiré de la veine basilique, parce que le ralentissement aurait été pour lui une cause d’alté-
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ration. Le sang de la saignée, par la raison qu’il coule de vaisseaux plus larges, et que se manifeste en lui la puissance de la faculté excrétrice , fournit une liqueur plus altérée, et de laquelle les parties les plus pures ont été séparées. Chez l’épouse du chirurgien Martin , à la suite d’une violente céphalalgie, une abondante et subite épistaxis fournit du sang altéré ; son cours avait été ralenti. Ainsi, dans le cas d’abcès développés près des oreilles, on tire de la veine céphalique un sang corrompu. Aristote dit, d’après Hippocrate, que le sang de la tête est fluide , et que celui du reste du corps est épais.
Quelques auteurs conseillent de dissoudre le camphre dans l’eau de plantain. C’est une préparation que beaucoup de médecins rejettent du traitement de l’érysipèle. Ils prétendent même que le camphre a une action corrosive et échauffante. Il en est qui racontent avoir vu succéder l’impuissance à l’usage des préparations de camphre ; bien plus, tous les organes génitaux être frappés de langueur et d’inerlie.
Nous avons déjà parlé plus haut de l’embarras que causent aux médecins les pertes de sang qui surviennent aux femmes enceintes , car elles rendent l’avortement imminent. On doit mettre tout en œuvre pour en arrêter le cours , et conseiller à ces femmes de ne pas sortir de chez elles. Le moment des couches arrivé , ce sera à la prudence des médecins à décider si cet écoulement doit ou non être arrêté.
Nous avons vu assez souvent des malades atteints de fièvre soit continue, soit intermittente, souffrir d’une douleur de côté telle qu’ils réclamaient avec instance qu’on les saignât, et qui se trouvaient bien de l’être. N’y aurait-il donc pas quelques avantages à ouvrir la veine au début des paroxysmes ? Ainsi , un purgatif a été souvent donné heureusement au début d’une fièvre d’accès, et l’accès a été
rendu plus doux. Ne devrions-nous pas suivre la méthode des Arabes , qui prescrivent un purgatif au début des paroxysmes, afin de jeter la perturbation dans le principe de la maladie au moment ou ce principe est en mouvement?
Une femme, au quarantième jour de sa grossesse, se rendit à cheval, de la campagne à Paris, par un temps couvert et orageux. En descendant de cheval pour gagner son logement , elle rencontra par hasard sa sœur , et la pressa avec tendresse dans ses bras (M). Bientôt sa vue s’obscurcit, elle ne peut se tenir debout. Sa voix s’éteint et sa respiration devient stertoreuse , comme si elle était en proie à un catarrhe suffocant. Elle est prise de convulsions. Bien ne peut lui rendre ses sens. Tous les remèdes échouent. Les convulsions ne cessent pas. En six heures , elle meurt. A l’ouverture du cadavre , on trouve les poumons altérés ^ pleins d’une sanie fétide. Mais ce ne fut pas là la véritable cause de la mort , bien que cela ait pu y contribuer. Pas d’altération remarquable dans le cerveau. Les ventricules renfermaient quelques corpuscules, mais si petits qu’ils étaient sans importance. Nous apprîmes qu’elle avait éprouvé d’autres fois de pareils accidents : ils étaient de nature épileptique. Elle n’eût pas succombé sans la continuité des convulsions. Bien n’est plus fait pour anéantir les forces. Peut-être l’altération des poumons dont il a été question ne fut-elle pas sans influence sur la production de cette mort subite (N).
Dans l’institution de la saignée , il est des règles à suivre , dont la connaissance a une grande valeur dans la pratique de notre art. Le point le plus important (cette observation est attribuée à Galien) , c’est de faire découler 1 ’ indication de la saignée de l’état général des forces. La saignée donne souvent lieu à d 'effrayantes défaillances. Et bien que les anciens, loin de les redouter, s’appliquassent à les produire, elles ne sont pas aussi exemptes de danger
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chez nous , dont le corps est plus délicat et moins vigoureux. La vigueur de constitution des anciens en diminuait le danger. Ces lypothymies, dont les anciens louaient les effets, résultaient de 1 abondance et de la soudaineté de l’évacuation. C’est le cas où elles offrent le moins de danger. Il est des évanouissements et des lypothymies qui surviennent presque sans évacuation préalable , et qui annoncent le manque radical des forces et le facile épuisement des esprits. Cette chute des forces et le présage de ces défaillances sont indiqués par l’état du pouls. Lorsque vous le verrez devenir plus fréquent et présenter des intermittences intercalaires ou des inégalités soyez sûr que la défaillance se produira. C’est un point où il importe de ne pas se tromper. Certes, il serait puéril et par trop pusillanime de se laisser arrêter par un changement quelconque dans le pouls, pour une fois que se produira cette lypothymie ; mais si elle se répétait ensuite, il faudrait se hâter de renoncer à la saignée.
Chez un grand nombre de personnes , chez celles surtout qui sont avancées en âge, nous avons rencontré ces intermittences, ces anomalies du pouls, en même temps qu’il nous paraissait convenable de saigner, et nous n’avons pas hésité à ouvrir la veine. Ces caractères du pouls ne sont point une contre-indication absolue à la saignée , lorsque d’ailleurs la largeur et la plénitude du pouls compensent cette inégalité. La pléthore produit souvent cette inégalité , et c’est elle aussi qui occasionne ces intermittences intercalaires. Les enfants aussi présentent cette inégalité durant leur sommeil, et ceux encore dont les artérioles gauches des poumons sont obstruées. J’ai souvent constaté ce phénomène et son peu de danger.
On demande souvent s’il faut laisser s’endormir les malades qui viennent d’être saignés. Un illustre personnage se laissa aller au sommeil peu après la saignée et ne tarda
pas à périr. Une mort si subite fut attribuée au sommeil. Un tel fait n’est-il donc. pas propre à nous effrayer et à nous instruire ? Et verrons-nous encore des médecins , moins jaloux de suivre les enseignements de leur art que de complaire à leurs malades , soutenir qu’il est indifférent qu’à la suite de la saignée on se laisse aller ou non au sommeil ? Mais, dira-t-on, les forces faiblissent., et il est à craindre que l’état de veille n’en accroisse la cbute, si l’on interdit le sommeil. Il est bien plus à craindre que le sommeil, rappelant au dedans les esprits et le sang des extrémités refroidies, n’engendre de plus grands dangers. Ainsi donc, sur ce point, avertis par des exemples funestes et mortels prenons nos mesures pour qu’il ne nous advienne rien de pareil.
On vante comme efficace contre les coliques , contre celles surtout qui siègent à la région de l’estomac , un mélange d’huile d’amandes douces et d’hypocras additionné de quelques grains de poivre long.
J’ai vu réussir chez un malade atteint de violentes coliques l’application sur l’ombilic d’un petit emplâtre caustique , en raison de la légère escarre et du mouvement de dedans en dehors qu’il y produisait. C’est une pratique analogue à celle de ceux qui guérissent les douleurs de dents en appliquant un escarotique à l’extrémité externe de la mâchoire inférieure. J’ai vu une femme enceinte, tourmentée par une rage de dents ^ tenir appliquées sur ses tempes des cendres chaudes jusqu’à un commencemént de brûlure: les douleurs cédèrent. Ces pratiques cruelles , loin d’être perdues pour nous, doivent nous enseigner à inventer des procédés analogues, mais mieux réglés.
J’ai vu beaucoup de femmes être prises d’une perte de sang immodérée par le nez ou par l’utérus. C’est une chose incroyable que la variété des maux auxquels elles sont sujettes. 11 faut cependant en tenir compte pour connaître
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le traitement que chacun d’eux réclame. Dans la cure de leurs maux, il faut s’ouvrir une voie différente de celle battue par le vulgaire. Ces femmes sujettes, comme je viens de le dire, à de fortes hémorrhagies, sont exposées à des catarrhes et à des rhumes de cerveau (O). Leurs maladies ont une longue durée, et prennent, pour peu que le foie soit chaud , le caractère des hémitritées. Cette chaleur native, par son excès, est on ne peut plus propre à engendrer une hile âcre. D’un autre côté, une humeur pituiteuse résulte de la froideur du cerveau et de quelque autre organe, surtout de l’estomac , viscère dépourvu de sang. Du mélange de l’une et de l'autre humeur naissent des hémitritées. D’où les fièvres qui assaillent les femmes sont marquées par la chaleur la plus ardente : cette chaleur ne pouvant être ni éteinte ni modérée par l’humidité naturelle, diminuée , amoindrie elle-même par ces flux excessifs du sang , siège de la chaleur. Car comment se produirait ce relâchement du ventre qui succède , suivant Hippocrate , aux pertes de sang excessives , si la force de la chaleur naturelle n’était pas accrue? Au demeurant , ce qui est vrai, c’est qu’une chaleur étrangère, une fois introduite dans le corps , se porte sur le foie comme sur l’organe le plus dépouillé de son humidité native. Ce sont de pareilles constitutions qui reçoivent une sorte de froid positif, pour parler le langage des anciens maîtres de notre art. Leur survient-il des frissons et des horripilations périodiques ou analogues? la durée en est interminable. Bien plus, de tels malades ne savent , durant leurs accès de fièvre , si c’est la chaleur qui domine chez eux ou si c’est le froid. Madame Gravi] le et Marie Tarteron en sont un témoignage. Car elles se plaignent continuellement de souffrir de la tête et d’éprouver une sensation de glace, principalement le long de la suture du coronal , ainsi qu’une faiblesse et un refroidissement à l’estomac. La raison de cet état n’a rien
d’étrange. Elles éprouvent des frissons presque continuels dans le rachis. Il est presque toujours dangereux de saigner de tels malades , de même que les femmes à chairs sèches et arides , que la moindre soustraction de sang fait tomber en lypothymie. Aussi Hippocrate signale-t-il, au 2e livre des Maladies des femmes , le degré de malignité qu’acquiert le sang , lorsqu’une saignée intempestive fait prédominer en lui les principes de la bile (P).
ANNOTATIONS
(A) Dans les fièvres, soit continues, soit intermittentes, surtout lorsqu’on a trop tardé à saigner et qu’on a laissé lafièvre s’accroître, on voit apparaître des pustules qui sont moins un signe de la malignité que de la violence de la fièvre. Ainsi, chez une demoiselle du Four, des efflorescences de cette nature apparurent dans les paroxysmes d’une fièvre tierce.
(B) Voici ce qu’Hippocrate écrit dans le traité de Y Aliment : Le fœtus a une forme distincte au 55e jour y il est apte à se mouvoir au 70e , et il atteint son entier développement, au 210°. Il dit encore à la fin de la 7e section du sixième livre des Épidémies : Tout ce qui se meut au 70e jour , est complet au bout cle 3 fois autant de jours , et se meut aussi au 90e jour.
(C) Il assura que la saignée l’avait soulagé de douleurs violentes de ventre dont il souffrait souvent, et qui dépendaient de flatuosités mélancoliques et de la chaleur du sang, suivant ce précepte d’Hippocrate : La saignée guérit les ventosités. ( Épiclém . Livre 2. Secl. 5).
(D) Il faut rapprocher de ce que je viens de dire l’aphorisme d’IIippocrate, au 2e livre des Prorrhétiques , sur lequel Galien n’a pas fait de commentaire: Si, dans le début des fièvres , il survient du délire , ou la sidération de
quelque membre , on doit regarder le malade comme perdu, à moins qu'il ne se présente quelque circonstance ou quelque signe de circonstance favorable , ou que le corps n offre une vigueur exceptionnelle. A ce passage se rapportent l’histoire citée et celle du phrénétique. Il faut rapprocher aussi de cette affection ce que dit Hippocrate, au commencement du 5e livre des Épidémies , d’un malade qui mourut d’une tumeur à la joue , tumeur qu’il caractérise par ces mots d’une remarquable appropriation : pourriture sèche.
(E) Ce chanteur Ruzée était sexagénaire , et il est surprenant qu’il ait été atteint d’une maladie aussi peu commune à son âge que le feu sacré. Cependant il y a dans le* commentaire de Galien sur le §. 22 de la 5e sect. du 3e liv. des Épidémies , un passage remarquable où il fait observer que , sous certaines constitutions atmosphériques , le feu sacré attaqua les sexagénaires, à cause de l’abondance des humeurs excrémentitielles. Chez d’autres malades , c’étaient d’autres parties qui se corrompaient. Galien nous enseigne encore , au chap. 4 du livre 3 de l 'Usage des parties, que, pendant certaines épidémies pestilentielles , le niai se portait à l’extrémité des pieds.
(F) Houlier, dans son commentaire sur les Coaques , montre comment le crachement de sang est dangereux poulies uns et ne l’est pas pour les autres. Ici se rapporte également l’aphorisme suivant des Coaques : Les douleurs avec battements à l’ombilic ont quelque chose qui présage l'égarement de l’esprit. Mais vers la crise , les malades rendent fréquemment par lé bas une grande quantité de phlegme avec douleurs (Trad. de Daremberg, N° 300), c’està-dire , l’amas des humeurs refoule et presse le sang , et met obstacle à son cours , ce qui est une cause efficace de palpitations.
(G) Hippocrate dit, au livre I des Maladies des femmes.
jg/( ÉPIDÉMIES
que le meilleur signe qu’une femme qui parait enceinte ne porte qu’une mole , c’est que les seins se gonflent , mais qu’il n’y vient point de lait. Remarquez encore ces paroles : Si la mole ne forme qu’une seule masse de chair , la femme en périt; si elle est divisée en plusieurs corps, elle n'en périt pas. Il ajoute : Elle rend une grande quantité de matières ' sanguinolentes et charnues (1).
(H) Hippocrate dit, au 2e livre des P rorrhétiques, que de fréquentes hémorrhagies nasales peuvent se produire sans dérangement pour la santé ; mais que cependant elles sont accompagnées de tuméfaction de la rate ou de congestion de quelque autre viscère ; c’est comme s’il disait de 1 alteration de quelque organe. Le malade dont il s’agit avait le visage décoloré et le teint plombé : l’hémorrhagie ne pouvait etre chez lui que mauvaise , si ce que dit Hippocrate , au hvi e > sect. 6 de ses Épidémies , est vrai : Chez les personnes à face naturellement pâle , une abondante hémorrhagie nasale n'a aucun avantage,- c’est le contraire pour es pci
sonnes hautes en couleur (2). , -, ,.
(Il Galien, dans son commentaire sur le g. 1 ‘ * •
des Prorrhétiques , regarde le vüiligo comme une maladie
de tout l’organisme, comme résultant d’une alteration te
la substance des parties solides. C’est un point a noter.
m Qu’une personne couche avec un galeux et en soit infectée, le mal sera tout cutané; la cure devra être toute
mie texte d’Hippocrate diffère un peu de la citation de Baillou :
fait irruption par les parties génitales. {Mal. des )em ‘T« abondantes et fréquentes ceux
gui on, ,e teint
*> «<» >’ ’mttr feZ q ti, le, Tk Z lé vin peut convenir ; sinon , El encore , si la tête porte bien Le vin , j
non. (Littré, t. V. Épid. Livr. G. Sect. G. IV 7).
ET ÉPIIÉMÉR1DBS.
extérieure. Mais qu’une affection de l’intérieur de ses organes se manifeste par des tubercules à la peau ou par une éruption analogue ,, n’est-il pas vraisemblable que la maladie cutanée provient de l’altération des parties internes? Une vieille femme était assise auprès d’un malade atteint d’une affection pestilentielle : celui-ci vomit sur elle un bouillon qu’il avait bu , et elle vit paraître sur son visage des taches propres à cette affection. Ces taches se développèrent sur presque tous les points du visage où étaient tombées quelques éclaboussures du bouillon vomi. N’étaitce pas une affection cutanée purement locale ? J’ai noté d’après l’opinion d’Avicenne , dans mon traité de Y Arthrite , qu’il est des affections de l’extérieur du corps que l’on aurait tort de rattacher à une affection intérieure. Cet auteur va jusqu’à considérer comme une affection externe cette aura qui s’élève des pieds à la tête et accompagne l'épilepsie. Qui donc s’oppose à ce qu’une affection spéciale se développe à l’extérieur du corps, ou à ce que quelque portion de principe virulent chassée par l’action des parties solides, y vienne susciter des tumeurs, des phlegmons? C’est pourquoi Hippocrate veut que l’on examine les matières rejetées par l’arrière-gorge ; car quelquefois elles sont semblables à celles des personnes bien portantes.
(K) C’est le cas d’un Athénien, cité au 5e livre des Epidémies j qui était atteint de démangeaison , et avait la peau épaisse et semblable à celle d’un lépreux. L’usage des eaux minérales naturelles le débarrassa de ces affections ; mais il devint hydropique et mourut. Il est donc d’une grande importance de connaître les cas où il est convenable de tenter la cure de ces maladies. Lorsque des dartres , selon l’expression vulgaire , ou des éruptions impétigineuses paraissent dépendre moins d’une mauvaise disposition des parties internes que d’un vice spécial de la peau , y a-t-il donc autant de danger qu’on le dit à débar-
passer promptement de la dartre, ou de l’impétigo , la partie où elle apparaît ? Car si l’état des parties qui avoisinent l’éruption est sain , il n’y aura pas à craindre que le mal s’y manifeste, ni qu’il se reproduise sur le point où vous l’aurez supprimé , et il est absurde de prétendre que la diathèse elle -même gagne et se glisse de proche en proche.
(L) Cependant, dans cette même maladie, si le sang est tiré de la basilique droite, il se montre altéré; il ne l’est pas , si on le tire de la céphalique droite ou de la basilique gauche. Il est des médecins qui recommandent d’arrêter au plus tôt les hémorrhagies dans les fièvres continues, quoiqu’elles se déclarent au jour critique. Mais au contraire, Galien , dans son commentaire sur le §. 9 de la sect. 1 du liv. 1 des Épidémies , soutient que , dans les vraies fièvres continues et dans les fièvres ardentes, la crise s’opère par des hémorrhagies. Voyez le §. 6 du livre 2 des Prorrhé tiques. Et notamment il soutient, au chap. 3 du livre 3 de son Traité des crises , que la solution des fièvres ardentes continues et des inflammations viscérales , se fait par une hémorrhagie critique. Et dans son commentaire sur la section 1 du livre 2 des Épidémies , il blâme les médecins qui arrêtent les hémorrhagies survenues aux jours critiques. Bien plus , il dit au §. 63 de la 2e section du livre 1 des Épidémies : C’est le propre des fièvres ardentes de se terminer par des hémorrhagies.
(M) Peut-être les médecins ne connurent-ils pas la nature du mal , et était-il celui qu’Hippocrate décrit au livre I des Maladies des femmes. Que si pareil fait se présentait à nous , le souvenir d’une première faute nous rende plus prudents !
(N) Je suis plutôt porté à le regarder comme un catarrhe suffocant dû à quelque épanchement , comme il arrive à ceux qui ont subi une grande fatigue. C’est un mauvais
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signe , quand , dans ces affections, le malade s’agite beaucoup.
(O) Ce qui est dit ici des femmes peut également se dire des hommes auxquels on a , à dessein , tiré beaucoup de sang , ou qui en ont perdu par une hémorrhagie spontanée ou de toute autre manière; car ils sont sujets à de semblables maladies, à des affections nées de la crudité des humeurs.
(P) On distingue deux sortes de froid : l’un positif, l’autre privatif. Le froid privatif s’observe au début des paroxysmes, des lipyries , des fièvres ardentes, où le froid existe aux extrémités ; le froid positif, dans les affections où une grande quantité de matière pituiteuse fait naître une sensation de froid. Et ici il faut se garder ^ alors qu’on trouve les extrémités froides ou peu chaudes , de porter un jugement défavorable ; car ce phénomène est dû à l’abondance des humeurs crues , plutôt qu’à toute autre cause. C’est de tels malades qu’Hippocrate dit dans maint passage de ses Épidémies , qu’ils se réchauffent. C’est surtout aux pieds et aux mains que le froid privatif donne des marques de sa présence ; le froid positif envahit tout le corps; ce sont là les caractères qui les différencient. Quand Hippocrate dit, en parlant d’un phthisique , qu’il se refroidit au point de ne pouvoir plus se réchauffer, c’est du froid privatif qu’il s’agit.