CONSTITUTION DU PRINTEMPS
A un hiver très-rude succédaient des vents du sud. De grandes inondations avaient lieu. Il se déclara, au commencement du printemps et principalement à la fin de l’hiver , une multitude de maladies cl d’innombrables affections ca-
tarrhales , qui , se jetant sur les poumons, y produisaient de la toux et des points de côté, et, sur la gorge, des angines et des douleurs tonsillaires. Sous l’influence d’une température plus printanière et plus tiède , ce fut subitement qu’éclatèrent les douleurs de côté. La saignée n’y produisait aucun bien ; et l’on se demandait s’il n’existait pas d’autre agent de guérison que cet héroïque remède de la pleurésie : car ceux à qui on avait ouvert la veine mouraient en foule, et l’on en inférait que ces douleurs tenaient aune sérosité cacoèthe et maligne, plutôt qu’à l’inflammation. La coction de cette humeur morbifique ne pouvait s’opérer. La douleur se déclarait promptement , à l’improviste ; la toux était sèche ; ensuite la douleur s’évanouissait ; le ventre s’irritait facilement. Après la saignée, la douleur cessait pour renaître aussitôt. Chez plusieurs malades, l’affection se portait sur les poumons , puis à la tête , métastase qui dé montrait l’orgasme , la violence , la subtilité du principe morbifique, et combien il était réfractraire à toute coction. Ces pleurésies tenaient de la nature de l’érysipèle (A).
Une dame noble fut prise , à la suite de frissons, d’une fièvre ardente avec langue sèche , douleur de côté aiguë et dyspnée. Trois saignées n’avaient pas calmé cette douleur, lorsque tout à coup elle diminua, ou pour mieux dire elle disparut. Le quatrième jour , il survint une forte rougeur des joues , du délire , du trouble dans les idées , de l’anxiété ; la malade se levait à chaque instant. La douleur de côté n’avait pas reparu ; elle avait été remplacée par une douleur de tête ; la fièvre avait tloublé d’intensité. L’administration d’un purgatif excita des vomissements, remua les humeurs, et , ce qui fut le pire n’amena aucune solution. Des vers de demi-pied de long furent rendus par le bas. Il y eut des alternatives de chaleur et de froid. Il était douteux que les vers lussent la cause du mal. La langue paraissait brûlée et chargée de viscosités. Il s’était produit une pneumonie