‹ Épidémiologie à Ivry-sur-Seine de 1877 à 1899Chapitre 21 sur 23 · S décès à l'hôpital Trousseau, 2 à l’hôpital de la Pitié · texte numérisé non relu

S décès à l'hôpital Trousseau, 2 à l’hôpital de la Pitié

7!! décès à l'hôpital Trousseau ne sont point pour nous surprendre, si l’on sait que les enfants gravement atteints de croup et opérables ou non, étaient autrejois immédiatement transportés à l’hôpital Trousseau.

La mortalité annuelle varie de 1 à 27, et combien d’années où elle avoisine le chiffre de 27.

1880 et i885, 27 cas mortels; 1884,26; 1877,23; 1882 et i883, 19; 1891, 19; 1886, 17; 1888, 1 (> .

Après la découverte de Behring-Roux, la mortalité tombe à 1, et encore le cas unique de 1897 esl-il douteux. Il s’agissait d’un homme de 32 ans, mort d’une intoxication amygdalicnnc mal déterminée.

Monta litk m ensu kl lk

Pour les 22 mois de :

janvier,

juillet ,

février,

août,

mars,

septembre,

avril,

octobre,

mai,

novembre,

iG;

juin,

décembre.

La diphtérie était donc autrefois endémique à Ivry. Nous disons autrejois, car celle mortalité mensuelle

Courbe de la mortalité par DIPHTÉRIE , à Ivry, de 1877 à 1899.

qui varie de i4 à 4o et dont les écarls ne sont pas très

considérables entre chaque mois, porte sur l’ensemble des années qui précèdent et qui suivent la découverte du vaccin antidiphtérique. — Son maximum d’intensité paraît-èlrc en décembre, janvier, février, mars et mai.

Mortalité selon l’age i5 enfants île 2 mois à 1 an (2 de 2 mois);

de

an à 2 ans ;

de

3 ans ;

de

4 ans ;

de

5 ans ;

de

6a ns ;

de

8 ans ;

de

10 ans ;

de

’i 12 ans ;

de

i 20 ans ;

de

ans -

de 60 ans

C’est de 1 à 2 ans que la mortalité est la plus grande puis de 2 à 3 ans.

On remarquera que la mortalité atteint tous les âges de la vie.

Mortalité selon le sexe 147 cas du sexe masculin; i3o du sexe féminin.

Durée de la maladie

Les 2 3 des décès se produisent après un à cinq jours de maladie.

Mortalité par quartier

Ivry-Port, 102 — 8i3o habit, (dern. recensement);

Ivry-Centre, 84 — (»y3 7 — —

Petit-Ivry, yi — 7161 — —

Dans chaque quartier, le chiffre des décès pour la diphtérie est proportionnel à la population, ce qui n’existe pas pour les autres maladies contagieuses.

Celle maladie apparaît ég-alement dans tous les milieux, dans tous les quartiers, dans les maisons riches comme dans les maisons pauvres, dans les agglomérations comme dans les maisons isolées, dans les hôtels luxueux comme dans les cités.

Mortalité par rapport a la morbidité

Les éléments pour apprécier le chiffre de la morbidité font complètement défaut. — On ne déclarait pas, on déclarait mal ensuite, puis les cas sont devenus de plus en plus rares.

On peut évaluer (avant le vaccin antidiphtérique) le rapport de la léthalite à la morbidité à environ 5o/oo, tandis qu’il est tombé à 12/00.

Nous ne pouvons donner que des chiffres approximatifs.

Epidémies de familles — de maisons — de quartier

La diphtérie autrefois la terreur des familles et le désespoir des médecins, la diphtérie dont l’étiologie est si obscure, atteignait jadis plusieurs enfants dans la même famille car on ne pratiquait que peu l’isolement et on ne désinfectait pas.

Elle apparaissait au hasard dans un quartier ou dans l’autre, dans une maison ou dans l’autre, mais heureusement ne se propageait pas au même degré que la rougeole, et même que la coqueluche, surtout à cause de la crainte qu’elle inspirait.

Voisins de palier, d’étage et même de maison, ne se fréquentaient plus quand un cas était signalé, et l’isolement se faisait de lui-même, dans une certaine mesure.

La maladie renaissait de ses cendres ou pour parler médicalement do ses germes, dans certaines maisons, à intervalles plus ou moins éloignés.

Certaines habitations, (verrerie, rue du Liégat, 17; roule de Vitry, 10 bis et 6 ; route de Choisy, 1 85 ; roule Stratégique, 29 ; rue de Seine, 26) étaient particulièrement frappées et à différentes reprises, mais sans virulence plus grande.

D’ailleurs le tableau de la mortalité que nous avons dressé indique bien ces foyers.

C’est ainsi que roule Stratégique 29, nous y relevons deux enfants, Péliard Léon et Pétiard Léonie, le premier âgé de .‘1 ans 9 mois, le deuxième de 1 an 2 mois, (jiii stieeomhenl tous deux en janvier 1877.

En 1878, ou observe l’épidémie de maison suivante où l’on trouve .'1 morts sur 4 malades.

3 o septembre. — IL.. Marie, roule du fort d’Ivry, 0 (aujourd'hui rue Kléber), enfant de t\ ans, angine diphtérique, croup opérée à l'hôpital Trousseau, tjuérit.

10 octobre. — Caveau Frédéric, 22, rue Parmentier, (rue Saint-Frambourg à cette époque), à côté de la maison précédente, angine diphtérique, t\ jours de maladie, mort.

10 octobre. — La sœur du précédent, i/| ans, il mois, prise simultanément, 7 jours de maladie, morte.

•2b octobre. — Mente maison, Massé Vietorine, 2 ans 3 mois, angine diphtérique. Plaques diphtériques aux cuisses, aux fesses, aux organes génitaux, dans les plis du cou ; mieux le h'’®* jour, puis vomissement sanguinolent, épistaxis, gangrène de la gorge, intoxication profonde. Le Gcmc jour, presque subitement, meurt.

En 1880, au mois de juillet, deux enfants, D... Antoine, âgé de 7 ans et D... Jeanne, âgée de 3 ans 3 mois, meurent tous deux, rue de Beauvais, 3.

En août 1882, rue Nationale, 5f>, meurent l’enfant Grave Adolphe, âgé de G ans, et l’enfant Lizcrand Blanche âgée de 1 an 9 mois.

En mai 188/j, rue Molière, 9, meurent deux enfants.

— 1ZÏ —

Corduan Marie âgée de 9 ans el demi, el Gorduan Léonie âgée de 3 ans 2 mois.

En mars 1886, rue du Liégat 1 7, meurent les enfants Clialard Marie et Ghalard Jeanne (jumelles) âgées de

2 ans.

En lévrier 1888, route de Vitry 10 bis, meurent les enfants Bernard Catherine âgée de dans 3 mois et Bernard Anna âgée de 1 an (i mois.

En mai 1891, route de Glioisy 1 85, meurt l'enfant L dont Paul, âgé de 5 ans. — Lafonl Blanche âgée de

3 ans 3 mois, meurt au commencement de juin.

Les années 1 884 et 1 885 ont été particulièrement meurtrières.

11 esta remarquer (pic dans la plupart des épidémies de famille ou de maison, ce sont les enfants les plus âgés ipii sont les premiers atteints.

La raison de ce fait pourrait bien se trouver en ceci (pie les enfants âgés de 2 à 8 ans exercent leur palpera tout propos. Ils s’amusent par terre , au logis, sur le palier,, dans les escaliers, dans la rue, dans les jardins, remuent tout avec les doigts qu’ils portent à la bouche et sont plus aptes que d’autres à contracter la maladie qu’ils propagent ensuite avec une effrayante rapidité chez les enfants plus jeunes qui résistent beaucoup moins et présentent comme nous l’avons vu une mortalité si élevée. .

Associations ou coïncidences morbides

La diphtérie complique fréquemment la scarlatine et plus rarement la rougeole.

Dans la coqueluche elle est encore plus rare et ce n’est qu’une coïncidence.

Dans les cas dé mortalité relevés par nous nous trouvons !\ cas où la diphtérie a compliqué la fièvre scarlatine.

Remarques générales

La période d’incubation très variable et difficile à fixer paraît-être tantôt de un jour, tantôt de quatre jours et quelquefois de i5 jours.

Endémicité caractéristique.

Pas de marche particulière à signaler. Nous avons toutefois remarqué des recrudescences au moment des crues de la Seine, au moment, des pluies, et quelquefois une huitaine de jours après le curage des égouts dont les las d’immondices ne restent (pie quelques heures sur les trottoirs mais suffisent pourtant pour que les enfants jouent sur ces tas et remuent ces sahles et ces boues avec les mains.

Les années d’inondation 1 880- 1882-1 883- 1 885- i88y ont les chiffres de mortalité et de morbidité les plus élevés. H y a exception toutefois pour i88y.

N’y a-t-il là qu’une simple coïncidence ?•

Nous ne le pensons pas.

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