‹ Épigraphie indigène du Musée archéologique d'AlgerChapitre 4 sur 15 · JJ · texte numérisé non relu

JJ

(1) Cette peinture n’est plus apparente. A. D.

(1) Cette ligne ne se trouve pas dans le tableau manuscrit.

(2) Orthographe fautive pour mot qui se trouve dans le ma¬

nuscrit.

(3) Emploi fautif d’un O au lieu d’un O ; le manuscrit donne la vraie orthographe.

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(6) . ^î^wl 6^1 1

Je traduis ainsi :

Au nom de Dieu, le clément, le miséricordieux. .• . Que Dieu répande ses grâces sur noire seigneur Mohammed !

Quand tu souhaites ardemment d’obtenir l’objet de tes désirs, • • . visite le tombeau de la couronne des savants, le tsa’lebi (7).

Il est une citadelle (8), un instructeur (9), un modèle, un refuge, une direction (10), .-. un imam (1 1), que Dieu lui accorde toutes les faveurs !

(I) Un pour un 3, faute que ne commet pas le manuscrit.

(?) Dans le manuscrit *LsrU est placé avant ïj^Ss.

(3) Le manuscrit emploie la forme s»La c. qui est la bonne.

(4) Dans le manuscrit on trouve la variante qui parait préfé¬

rable, bien que le sens soit le même.

(5) Cette ligne ne se trouve pas dans le manuscrit. Les diverses restitutions que j’y ai faites ne sont donc qu’hypothétiques. La lecture de certains mots offre quelque incertitude.

(6) Celte ligne ne figurant pas sur le manuscrit, je ne puis restituer le passage que renfermait le morceau de plaque qui manque

(7) Le marabout Sidi Abderrahman appartenait à la tribu des Ta’lba, qui dominait jadis dans la Mitidja et qui était anéantie lorsque la domination turque commença en Algérie.

(8) Ce qui protège quelqu’un et fait sa force.

(9) Qui donne l’éducation, qui instruit et dirige.

(10) Ce qui sert à guider quelqu’un et à lui montrer le bon chemin, surtout en matière de religion.

(II) Chef, guide; et aussi celui qui récite les prières au peuple, par délégation de l’imam suprême, successeur de Mahomet.

Par lui, Dieu a rendu Alger célèbre au Usant . • . et à l’Occident. Dans les malheurs, son tombeau est donc indispensable.

Que de difficultés il a résolues, fait cesser et dissipées, malgré les obstacles.

Quelques personnes qui le savaient par expérience, ont dit : . • . son pèlerinage procure la plus pure des prospérités.

O mon Dieu, réalise donc les vœux de celui qui vient le visiter, . • . et accorde lui dans ses deux vies (1), toutes ses demandes.

11 est décédé, que Dieu perpétue l’éclat de sa lumière - (2).

En ce qui concerne le marabout Sidi Abd Errahman et-Tsa’lebi et son établissement, je ne puis que renvoyer au chapitre YII (page 37) de mes Edifices religieux de l'ancien Alger.

N» 55. Inscription arabe en relief; quatre lignes ; beau type oriental. Stèle en marbre avec fleurs sculptées derrière; largeur : 0m27 ; hauteur (de la partie écrite) : 0m55. (Inédite).

(Indications du livret, page 142. Profession de foi gravée en relief sur un mchabad) .

iiil VT *J| ^

Il n’y a de dieu que Dieu,

Mohammed est le prophète de Dieu ;

Il est sincère, digne de confiance ;

Que Dieu répande ses grâces sur lui et lui accorde le Salut !

N° 56. Inscription arabe en relief ; sept lignes ; mauvais type. Colonnetle en marbre, à plusieurs pans, cassée dans la partie supérieure; hauteur : 0m56 ; grosseur : 0m38 ; base carrée, mesurant 0m22 sur 0ra23 et ayant 0m)4 d’épaisseur. (Inédite).

(1) Dans la vie d’ici-bas et dans la vie future.

(2) Cette ligne ne se trouvant pas dans la poésie manuscrite, il m’est impossible de restituer le passage gravé sur le morceau de plaque qui manque.

(Indications du livret , page 142. Pilastre en marbre portant en relief la profession de foi).

il Y!

Jjr-J

Lâ j ti&\

Lj.-c

II n’y a de dieu que Dieu, le Souverain, la Vérité, l’Evident. Mohammed est le prophète de Dieu. Qu’il nous soit utile.

N° 57. Inscription arabe en relief; type oriental; mauvais. Colonnette octogone, en marbre, cassée dans la partie supérieure ; hauteur : 064; grosseur : 0m33. (Inédite).

( Indications du livret , page 142. Pilastre en marbre portant en relief la profession de foi).

Sur deux des pans, la profession de foi mahométane esl répétée, chaque ligne ne contenant qu’un mot.

it

Il n’y a de dieu que Dieu , Mohammed est le prophète de Dieu.

N° 58. Inscription arabe en relief; type barbaresque, très mauvais. Partie supérieure d’une stèle en marbre avec arabes-

ques derrière ; largeur: Û«18; hauteur : 0m37. (Inédite). (. Indications du livret , page 142. Mchahad avec arabesques).

Voici ce que j’ai pu lire sur cette épitaphe mal écrite et en partie fruste :

. .j <AÎ! çjS-i

.... «XjJl

Ceci est le tombeau de celle qui a été pardonnée par la bonté

de Dieu et . Ahmed fils d’El-Aïd . fils de Mami

Kahia .

N° 59. Inscription arabe en relief; cinq lignes ; type oriental ; bon. Stèle en marbre surmontée d’un croissant dont la corne droite est brisée; largeur sans la bordure : 0m27 ; hauteur (de la partie écrite) : 0m52 ; arabesques dans la partie postérieure. (Inédite).

{Indications du livret , page 142. Mchahad surmonté d’un grand croissant brisé, avec profession de foi) .

il 4. J! Y

oXi-JI

«xcjJ!

Il n’y a de dieu que Dieu,

Le Souverain, la Vérité

évidente. Mohammed

est l’envoyé de Dieu ; il est sincère dans ses promesses, digne de confiance.

No 60. Inscription arabe en relief ; quatre lignes ; type barbaresque, mauvais, enjambement entre la première ligne et la seconde. Stèle en marbre; largeur : 0m21 ; hauteur (de la partie écrite) : 0m35 (Inédite).

( Indications du livret , page 141 . Les deux stèles du tombeau d’un Hassan (1). Epitaphe et profession de foi).

Ceci est le tombeau de celui à qui il a été pardonné par la bonté de Dieu, Hassan Pacha. Que Dieu lui fasse miséricorde et fasse miséricorde à tous les musulmans !

L’absence de date enlève à celte épitaphe de pacha l’importance qu’elle aurait sans cette négligence. En l’état, il est impossible d’indiquer avec certitude quel est le pacha auquel s’applique celte inscription, qui doit être assez ancienne à en juger par sa ressemblance avec des épitaphes remontant aux premiers moments de la domination turque en Algérie. L’autre stèle de cette tombe fait l’objet du n° suivant.

N° 60 bis. Inscription arabe en relief; quatre lignes; type barbaresque, mauvais. Stèle de tête d’une tombe, dont la stèle de pieds forme l’objet du n° 60. (Inédite).

(1) Berbrugger n’a pas remarqué qu’il s’agissait d’un pacha; cependant le mot est parfaitement lisible. A. D.

(2) Sous le mot il y a un caractère qui semble un ou un

, mais qui pourrait aussi figurer un j, attendu l’irrégularité du type.

Il m’a été impossible de donner à cette lettre un rôle rationnel dans la phrase, et je pense que c’est simplement une fioriture inventée par l’ouvrier pour remplir un vide trop grand.

Ül 'T Jl^

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Il n’y a de dieu que Dieu ; Mohammed est le prophète de Dieu ; il est sincère, digne de confiance. Que Dieu répande ses grâces sur lui et sur sa famille.

N° 61. Débris de pierre tumulaire sans inscription.

(Indications du livret , page 142. Fragments de mchahad).

N° 62. Globe en marbre ayant une circonférence de 0m93 ; sans inscription.

( Indications du livret , page 139. Globe en marbre avec des espèces de méridiens et un équateur en relief. Provenant de la caserne Médée).

N° 63. Stèle en ardoise, cassée dans sa partie supérieure, dont il reste une portion offrant des arabesques; nulle trace d’inscription contrairement à l’assertion du livret; largeur: 0m32 ; hauteur (du fragment de la partie sculptée) : 0m23.

(Indications du livret , page 142. Mchahad en ardoise, avec profession de foi.)

N°64. Inscription arabe en caractères couflques ; relief assez faible, quatre lignes; fioritures; en mauvais état. Tablette en marbre mesurant 0m33 de largeur sur 0m22 de hauteur. (Inédite).

(Indications du tivret, page 141. Inscription en caractères coufiques, provenant de Bougie. Acheté en 1855).

J’allais entreprendre de déchiffrer cette inscription, d’une lecture très-difficile, lorsque M. Richebé, professeur à la chaire d’arabe d’Alger, en fit la copie ci-après, dont j’eus connaissance

par M. Mac Carthy, conservateur-administrateur de la Bibliothèque et du Musée. Je ne puis mieux faire que de me borner à reproduire la leçon du savant professeur.

jS-> ^ y> ^

gr? j y<r 4>

Je traduis ainsi :

Au nom de Dieu clément et miséricordieux, que Dieu répande ses grâces sur Mohammed.

Tous ceux qui sont sur elle (sur la terre), doivent mourir. Ceci est le tombeau d’Abou Beker, fils d’Youssef. il est décédé, que Dieu lui fasse miséricorde, dans le mois de rebi’ Ie»* de l’année cinq cent douze.

Sur la face postérieure de cette stèle, se trouve gravée une autre inscription en caractères coufiques, mais très-allérée. M. Richebé a seulement pu reconnaître que c’était le texte d’une prière. La date indiquée ci-dessus est comprise entre le 22 juin et le 21 juillet de l’année 1118 de J.-C. Cette épitaphe est la plus ancienne des inscriptions arabes dont j’ai pu prendre connaissance.

N° 65. Inscription turque en relief ; trois lignes ; type oriental, bon. Plaque en marbre mesurant 049 de largeur sur 037 de hauteur. (M. Albert Devoulx, Alger).

(Indications du livret , page 135. Inscription turque en relief provenant du Fort-Neuf de la Pointe-Pescade ; avec la date 1239 (1823) et la mention d’Hossaïn pacha. Remis le 18 janvier 1855 par le service de la Douane .)

(1) Les cinq derniers mots ne figurent pas sur la copie de M. Richebé.

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Li) i jJ 3 £-> ^£Jo ^3 j->\

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Je traduis ainsi une traduction faite en arabe par feu Mahammed ben Otsman Khodja :

Le gouverneur d’Alger et son souverain, lequel est Hossain pacha,

pour les besoins de la guerre sainte, a fait élever ce fort et l’a érigé comme une trace durable.

Année mil deux cent trente-neuf (1239).

L’année 1239 a commencé le 18 septembre 1822 et fini le 6 septembre 1823. Le fort dont celle inscription rappelle la construction est établi à six kilomètres environ à l'ouest d’Alger et défendait une crique appelée par les indigènes Mers-Eddebban , le Port-aux-Mouches, et par nous Pointe-Pescade. Un poste de douaniers y est actuellement installé.

N° 66. Inscription arabe en quatre lignes ; très-mauvaise écriture se rapprochant du type oriental ; mauvaise exécution. Ardoise mesurant 0m50 de largeur sur 0m36 de liauleur. (M. Albert Devoulx, Alger).

{ Indications du livret , page 139). Profession de foi sur ardoise, datée de 1162 (1748), et mentionnant un Abd-Allah. Donné le 24 mars 1855 par M. Tireau de l’Eymarière. Provient de la caserne Kharratin, aujourd'hui Trésor et Postes.

il \V *J! y

dl J.^0 siOl,

inr -

Il n’y a de dieu que Dieu , Mohammed est le prophète de Dieu .

Année 1162.

La troisième ligne, que j’ai laissée en blanc dans ma traduction, est très-difficile à comprendre, bien qu’elle ne contienne que trois mots dont le sens est très-clair quand on les considère isolément. Le premier mot signifie le plus ordinairement propriétaire, possesseur ou auteur de (et aussi ami ou compagnon). Le second mot peut être un nom commun : propriétaire, ou un nom propre : Malek. Quant au troisième, il est incontestablement un nom propre : Abd- Allah. En supposant les deux noms propres Malek Abd-Allah, on pourrait admettre qu’ils sont réunis par le mot sous-entendu , fils de, que les Turcs supprimaient souvent, ainsi que les contrôles des janissaires et autres pièces en olïreüt de nombreux exemples. On lirait alors : L’auteur (de ces travaux est) Malek, (fils d’) Abd-Allah. Mais le nom de Malek — qui est celui de l'imam auquel appartient la fondation de la secte malékite, — n’était pas adopté par les Turcs, lesquels suivent les rites de l’imam Abou Hanifa. Celte version semble donc inacceptable, puisque d’un côté, dans une caserne il ne saurait être question que d’un Turc, et que, d’autre part, un Turc ne s’appelait jamais Malek. Il me paraît inutile de présenter les autres traductions qu’on pourrait hasarder. En présence d’un laconisme aussi énigmatique, il est préférable de s’abstenir, car tout essai d’interprétation serait aventuré.

La présence de la profession de foi rnahométane pourrait faire supposer que celle inscription est une épitaphe. Mais il faut remarquer, d’une part, qu’on n’inhumait pas dans les casernes, et d’autre part, qu’on trouve quelquefois la formule sacramentelle dont il s’agit sur des épigraphes commémoratives de constructions, de réparations ou d’autres travaux. Je pense donc qu’il s’agit bien d’un embellissement de chambre, d’autant plus qu’on ne remarque pas ici les appels à la miséricorde divine que les lombes musulmanes offrent sans exception.

L’année 1162, indiquée sur celle inscription inexpliquée, a

commencé le 22 décembre 1748 et fini le 10 décembre 1749. La caserne El-Khcrratine, dont provient l’épigraphe en question, a été démolie en 1869; son emplacement se trouve compris dans les maisons de la rue Clauzel et du boulevard de la République, entre les rues Bosa et de l’Aigle.

N°67. Inscription arabe en relief ; six lignes ; écriture barbaresque très-mauvaise et quelquefois informe. Stèle en marbre mesurant 0ra17 de largeur sur 0m4 5 de hauteur (Inédite).

[Indications du livret , page 141). Stèle en marbre portant une sentence funéraire ; caractères en relief. Acheté le 27 janvier 1845.

« Toute âme subira la mort (1). Vous recevrez vos récompenses au jour de la résurrection. Celui qui aura évité le feu et qui entrera dans le paradis, celui-là sera bienheureux, car la vie d’ici-bas n’est qu'une jouissance trompeuse. » [Coran, chap. III, verset 182. Traduction de M. de Kasimirski).

N° 68. Pierres lumulaires sans inscription.

(Indications du livret , page 142). Deux djenabia ou parties latérales de sépultures mauresques. Arabesques. Voir le n° 23.)

N° 69. Inscription arabe en relief; quatre lignes; type orien-

(1) « Mot à mot : Toute âme goûtera la mort. Par âme il faut entendre toute âme vivante, tout homme. »

tal, médiocre. Stèle en marbre d’une épaisseur exceptionnelle, avec des arabesques derrière. Largeur: 0m26; hauteur (de la partie écrite) : 0m3Q (Inédite).

(Indications du livret , page 140). Mchahad d’ Ali Ibn Hossaïn, mort en 1 229 (1813). Remis par M. Bounevialle, le 11 juillet 1855.)

im

Ceci est le tombeau de celui auquel il a été fait miséricorde

par la bonté du Vivant, du Subsistant ,

Ali , iils d’El-Hadj Hossaïn.

Que Dieu lui fasse miséricorde! Il est décédé en l’année

Il n’y a aucun renseignement historique a recueillir dans cette épitaphe, dont la date est comprise entre le 24 décembre 1813 et le 13 décembre 1814.

N° 70. Turban en marbre, sans inscription.

(Indications du livret , page 127). Turban de bache-aga, ayant jadis surmonté un pilastre tumulaire. La forme du turban, qui distingue ici certaines positions sociales, était ordinairement reproduite sur le mchahad.)

N° 71. Inscription arabe en relief; en partie fruste; type oriental, médiocre. Stèle en ardoise; largeur : 0ra22 ; hauteur (de la partie écrite) : 0m49 (Inédite).

(Indications du livret , page 137). Deux stèles en ardoise appartenant au tombeau d’ibrahim Oulid el-Khodja du Pantchek ou bureau des prises maritimes.)

v i,CsrJ LJ ! ^\.) . . .

6ÜÎ

Ceci est le tombeau de celui auquel il a été fait miséricorde, Ibrahim, enfant du Khodja (du) Pantchek.

Que Dieu lui fasse miséricorde !

Le Khodjet el-Pantchek était le fonctionnaire chargé de liquider et de distribuer les captures faites par les corsaires algériens (1;. La stèle de tête de cette tombe fait l’objet du numéro suivant.

N° 71 bis. Inscription arabe en relief; en partie détruite stèle en ardoise; largeur : 0m22 ; hauteur (de la partie écrite) : 0m51. (Voir le n° 71.)

il Y! Jî ^

JjLj

LjLo d) 1

Il n’y a de dieu que Dieu. Mohammed est le prophète de Dieu. Que Dieu répande ses grâces sur lui .

N° 72. Fragment de pierre tumulaire, sans inscription. (Indications du livret , page 142). Petit fragment de djenabia. )

(1) Voir mon Registre des prises maritimes.

N° 73. Inscription latine en caractères creux remplis de plomb; disque en marbre ayant un diamètre de 0m175. (Berbrugger, livret explicatif, page 124).

Jésus hominum Salvator. Ce monogramme du Christ est surmonté d’une croix et placé au-dessus des trois clous de la passion.

Le livret explicatif ajoute les renseignements ci-après :

Ce disque a été trouvé dans l’ancien bagne dit tebaren ben el-ar'a (tavernes du fils de l’aga) ou tebaren mtâ el-temmakin (tavernes des bottiers) ; il soutenait la tête d’un squelette. Ce bagne, aujourd’hui occupé par la direction des mines, avait sa chapelle chrétienne sous la domination turque, et comme, dès le XVIe siècle, il y a eu un cimetière chrétien en dehors de Bab-el-Oued, il faut que la sépulture à laquelle appartient notre disque ait été faite avant cette époque ou qu’elle ait été faite clandestinement. Remis en 1855 par le service des Bâtiments civils.

74. Inscription turque en relief; cinq lignes divisées en deux parties, plus la date; joli type oriental, bien exécuté. Plaque en marbre mesurant lm21 surOm74; la partie écrite a 1 m08 de largeur sur 0m69 de hauteur. (M. Albert Devoulx, Moniteur de l'Algérie du 21 février 18G9. — M. Albert Devoulx, Alger).

(Indications du livret, page 134). Inscription en relief datée de 1231 (1815) et mentionnant Omar Pacha. Elle se trouvait dans le vestibule à l’entrée du bordj el-G-oumen (à la Marine), lorsque l’amirauté en fit la remise en mai 1855.

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Je rends ainsi une traduction faite en arabe par feu Mohammed ben Olsman Khodja :

La vigie (ourdia) était devenue excessivement délabrée par vétusté. Et cependant elle était indispensable. .\ Grâces à Dieu, elle a été refaite et achevée, et a reçu actuellement une organi' salion .

Primitivement, la vigie ne comptait que deux canons, et cependant que d’exploits elle a accomplis ! Actuellement, elle a été transformée en fort armé de longs canons. C’est ainsi que cela devait être !

Son constructeur est Omar Pacha, compatriote de celui qui l’a conquise .\ Puisse-t-il exister tant que durera le monde, jusqu’au jour de la résurrection !

O artilleurs! qui d’entre vous désire se consacrer au service de ces canons, .-. qui sont les meilleures longues-vues des gens préposés à la surveillance des abords de ce port?

En l’année mil deux cent trente et un a eu lieu l’achèvement.

Mais lorsque sera venu le moment des flammes, dis : c’est en toi que réside sa date.

Année 1231.

Le fort dont provient cette inscription offrait une trentaine de pièces, toutes dirigées vers la mer, et était bâti sur la partie du quai revenant vers la ville dans la direction E. 0. On l’appelait en dernier lieu bordj el-Goumen, le fort des câbles, parce que la corderie de la marine en occupait le rez-de-chaussée ; sa partie inférieure est actuellement affectée au magasin général de la

marine. Son emplacement borda pendant quelque temps le côté occidental de la passe du port, mais dès le commencement du XVIIIe siècle, on prolongea la série des fortifications en bâtissant un autre et dernier ouvrage plus à l’ouest.

L’expression de la langue franque ouardia (garde, vigie), employée dans cette inscription, indique clairement que le fort d’Omar Pacha a été bâti sur l’emplacement même de cette petite tour dont parle le père Dan, en 1634, s’élevant « à l’entrée du port, vers le bout du môle, où l’on faisait la garde, et où, pour l’adresse des navigateurs, on mettait quelquefois, de nuict, un grand fanal ; laquelle était gardée par huit Maures qui faisaient la sentinelle le long du môle, et par une douzaine d’autres qui étaient à l’entrée dans un bateau. » Seulement, il est incontestable que le fort de 1815 remplaça un ouvrage qui avait lui-même succédé à la tour mentionnée en 1634.

L’année hégirienne 1231, indiquée ci-dessus, a commencé le 3 décembre 1813 et fini le 20 novembre 1816.

N° 75. Inscription arabe en deux lignes, divisées chacune en quatre cartouches formés par des arabesques; creux remplis de plomb ; bon type oriental, bien exécuté. Plaque en marbre ayant 2m36 de largeur, 0m33 de hauteur et 0m 1 05 d’épaisseur. (M. Albert Devoulx, les Édifices religieux de l'ancien Alger, chap. LU, page 165. — M. Albert Devoulx, Alger).

( indications du livret , page 134). Inscription turque (t) datée de 1207 (2) (1794), et mentionnant Hassan Pacha. Provient de la mosquée de Ketchawa, aujourd’hui la cathédrale. Remis le 19 juillet 1855 en même temps que les nos 76 et 77.

Là. L j aï! 1 ! L.> LLlw' ï I — sf, A.^x! ! î

i}. Â LHj J.; J ! ç) As «Lfc-Jb

(1) Cette inscription est arabe et non turque. — A. D.

(2) Il faudrait 1209. C’est évidemment une erreur typographique, car la concordance indiquée par Berbrugger (1794) s’applique bien à l’année 1209 et non à 1207. — A. D.

jJ-Juj & ^sJt i (d^wLwîj L^U ^ j 1

UU ¥ £jj ^JjiblI3! J^.x5 -Xs-Sr? j^J » ^*33 ^ J-?”’

\[.*\ Ji JU. J^sr^lj ^xl'LT CJU^

Je traduis ainsi :

Quelle belle mosquée ! Elle est recherchée par les désirs avec un empressement extrême .\ Les splendeurs de son achèvement ont souri sur l’horizon du siècle .\ Elle a été construite par notre sultan agréable, à la puissance immense v Hassan Pacha, avec une beauté sans égale et sans pareille. .-.

Il a employé pour élever ses fondations sur la piété tout le poids de son illustration, au moyen d’une somme qui dépasse l’énumération .*. Elle est revêtue de la gaieté aux yeux de ceux qui la regardent. Elle est datée (par le nombre renfermé dans ces mots) : .*. Lorsque j’ai été achevée comme le bonheur, dans la prospérité et dans la gloire. Année 1209.

Le chronogramme indiqué dans la dernière ligne est exact. Il a été établi d’après l’abadjed barbaresque, qui diffère un peu du système oriental, plus particulièrement adopté pour les inscriptions turques. L’année hégirienne 1209 a commencé le 29 juillet 1794 et fini le 17 juillet 1795.

En ce qui concerne la mosquée Ketchawa, dont provient cette inscription, je ne puis que renvoyer au chapitre LH, page 165, de mes Édifices religieux de l'ancien Alger .

N°76. Inscription arabe en une seule ligne, divisée en trois cartouches; caractères creux remplis de plomb ; beau type oriental, bien exécuté. Plaque en marbre ayant 2,n35 de largeur, 0m33 de hauteur et 0m08 d’épaisseur. (M. Albert Devoulx, Alger).

(Indications du livret , page 142). Inscription arabe en plomb. Voir le n° 75.

* crs^.3' 6^1 sf. \ Jli

Dieu (qu’il soit béni et exalté !) a dit, dans son discours éternel (1) : Au nom de Dieu clément et miséricordieux! La prière est pour les croyants une prescription divine dont les moments sont déterminés (2).

Le dernier cartouche contient la fin du verset 104 du chapitre IV du Coran, qui rappelle aux musulmans que la prière est d’obligation divine et qu’elle doit se faire exactement à des moments déterminés de la journée. Ces oraisons obligatoires sont au nombre de cinq et prennent le nom du moment où elles s’accomplissent. La première est celle de ( el-fedjer , l’aurore), qui se dit au point du jour, lorsqu’il fait assez clair pour qu’on puisse distinguer les objets. A midi, le drapeau blanc U Ls) est hissé au mât de chacune des mosquées à minaret ; un quart-d’heure après commence, pour finir à une heure, le délai accordé aux fidèles pour la prière ( eddohr , usuellement eddehour , midi, heure de midi) ou de JLjJl ( ezzawal , déclin du soleil, à partir de midi). De deux heures et demie à quatre heures, suivant la saison (3), on procèdeàla prière de^ajJi ( el-asr , celle partie du jour où le soleil est visiblement sur le déclin ; l’après-midi jusqu’au coucher du soleil). L’avant-dernière prière a lieu au coucher du soleil , el-morreb ), et la dernière au moment dit (entrée de la nuit), soit une heure et demie après la précédente (4).

L’inscription dont je m’occupe provient de la mosquée dite

(1) Le Coran. L’adjectif l’ancien , l’éternel, est appliqué à Dieu

et par extension à ses révélations.

(2) Dans la première édition de sa traduction du Coran, M. de Kasimirski rend ainsi ce passage : « La prière est prescrite aux croyants dans les heures marquées » Dans la seconde édition, il modifie sa traduction de la manière suivante : « La prière est pour les croyants une obligation attachée à des heures fixes. »

(3) Le moment précis est indiqué dans des tables dont chaque mosquée possède un exemplaire.

(4) Pendant le jeûne observé durant le mois de Ramadan, il est accordé un quart-d’heure de plus pour cette dernière prière, afin qu’on ait le temps de terminer te repas.

djama Ketchciwa, sur laquelle on trouvera des renseignements au chapitre LI1, page 164, de mes Édifices religieux de l'ancien Alger .

N° 77. Inscription latine, incomplète; la partie supérieure manque; dix lignes; caractères en relief; mauvaise exécution. Plaque en marbre mesurant 0m26 de largeur sur 0m49 de hauteur. (Berbrugger, livret explicatif , page 125).

Omnibus CHARUS O B 1 1 T POStRIdlE CALENDAS FEB

Ætatis suce ANNO 310 (1)

Dn I J 7 6 4

D'après les indications du livret , cette épitaphe provient du cimetière chrétien, dit des Consuls, lequel était établi sur le bord de la mer, à environ 600 mètres de la porte Bab-el Oued.

N° 78. Inscription arabe en sept lignes ; caractères creux jadis remplis de plomb, mais aujourd’hui vides; type barbaresque, mauvais; mauvaise exécution. Plaque en marbre mesurant 0m51 de largeur sur 0m52 de hauteur. (M. Albert Devoulx, Alger).

(Indications du livret , page 130). Inscription à lettres en plomb; mention d’Ismaïl Pacha et d’El-Hadj Ali aga, avec date dans un chronogramme. Remis le 25 juillet 1855 par le Génie.)

(1) « Il est évident que le zéro qui termine cette ligne doit être plus petit et placé à côté et au-clessus de la lettre voisine, car on a voulu dire que le défunt était mort dans sa trente et unième année. » (Note de Berbrugger).

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Louange à Dieu, qui ouvre les fermetures et qui dispense généreusement la subsistance.

Que la grâce divine soit sur celui qui a eu pour monture el~ Borak (1), Mohammed, qui a gravi les sept voûtes célestes.

A été élevée la construction du magasin, toujours rempli, pour la conservation des grains destinés aux troupes victorieuses,

Sous le régne du prince doué de la perfection, notre maître Ismaïl pacha,

Sur l’ordre de celui qui est chargé des intérêts du pays et des habitants, El-Hadj

Ali ar’a, que le garde le Souverain généreux (Dieu), par les soins

(d’Ibr)ahim, fils de Moussa, à la date (contenue dans ces mots) : le Vivant, le Dispensateur de la richesse (Dieu).

En additionnant, d’après le système barbaresque, les deux attributs de Dieu qui terminent cette inscription, j’arrive à un total de 1080, millésime d’une année hégirienne dans laquelle on trouve bien le pacha Ismaïl et le hadj Ali, ar’a ou chef élu

(I) El-Borak , être fantastique dont il est question dans le Coran, et

qui, selon les mahométans, a servi de monture à Mahomet dans son

voyage imaginaire de la Mecque à Jérusalem, et ensuite à travers les

cieux jusqu’au trône de Dieu, dans la nuit du voyage nocturne connue

sous le nom de \ -'•-y - (Voirie Dictionnaire de M. de Kasimirski).

par la milice pour la commander, à l'exclusion du pacha envoyé par la Sublime-Porte, réduit dès lors à un rôle passif. Il devient donc certain que l’épigraphe dont je m’occupe a été rédigée en l’année 1080 de l’hégire, qui a commencé le 1er juin 1669 et fini le 20 mai 1070.

Le magasin que mentionne cette inscription était établi dans les dépendances de la Jénina, sises entre cet ancien palais des pachas et la rue Jénina. Il a été démoli en 1854.

N° 79. Inscription turque en quatre lignes; d’une lecture trèsdifficile à cause de son mauvais état (semble avoir été soumise à un violent frottement qui a effacé ou altéré un grand nombre de lettres) ; caractères creux remplis de plomb ; type oriental, mauvais; plaque en marbre mesurant 031 de largeur sur 0m30 de hauteur (Inédite).

(Indications du livret , page 140. Inscription à caractères en plomb, datée de 1178 (1764). Donné le 2 août 1855, par M. Lichtlin, directeur de la Banque.)

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