‹ Épigraphie indigène du Musée archéologique d'AlgerChapitre 5 sur 15 · VA · texte numérisé non relu

VA

Je traduis ainsi d’après feu Mohammed ben Olsman Khodja :

Ali pacha ayant profondément médité sur ce monde périssable

et examiné comment il pourrait consacrer ses richesses à son salut (reconnut), que ce serait en les affectant à des œuvres durables.

(1) Cette date est placée, en réalité, entre la 2e et la 3* ligne.

Il espère, au fond de son cœur, obtenir des éloges sincères.

Que Dieu soit satisfait de lui et le place dans le paradis le plus élevé. 1178.

L’année hégirienne indiquée ci-dessus a commencé le 1er juillet 1764 et fini le 19 juin 1765. Je n’ai pu reconnaître de quel édifice provient cette inscription. On pourrait supposer qu’elle a appartenu à une fontaine, parce qu’elle est presque semblable à celle de la fontaine de l’Amirauté, à la Marine, laquelle renferme pourtant une ligne de plus qui explique clairement de quoi il s’agit.

N° 80. Inscription arabe en trois lignes; mauvais style et mauvaise orthographe ; caractères creux remplis de plomb ; type barbaresque très-mauvais ; très-mauvaise exécution. Plaque en marbre mesurant 0m83 de largeur sur 0m22 de hauteur. (M. Albert Devoulx, Alger.)

(Indications du livret , page 139. Inscription à caractères en plomb, provenant de l’ancienne caserne Kharratin (Trésor et Postes), datée de 1125 (1713) et relative à l'embellissement d’une chambre de janissaires. Remis le 1er octobre 1855, par M. Sarrus, inspecteur des bâtiments civils.)

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A été achevée la construction avec l’assistance du Créateur. Que Dieu accorde le pardon à celui qui a construit, le profond pêcheur (?)

Emhammed fils d’El-Haçan, le kheznadji d’Ali pacha, que Dieu, dispensateur des richesses, le comble d’abondance.

Sa date est mil cent vingt-cinq, dans le mois de redjeb. Il l’a achevée en lui donnant la plus belle forme.

La date indiquée est comprise entre le 24 juillet et le 22 août 1713. La caserne d ’El-Kherratin, dont provient cette inscription,

avait son entrée dans la rue Bab-Azoun, et a été successivement affectée à un hôpital militaire, à un hôpital civil et au service du Trésor et de la Poste. Son emplacement est actuellement compris dans les maisons de la rue Clauzel et du Boulevard de la République, entre les rues Bosa et de l’Aigle.

N° 81. Inscription arabe en deux lignes, formant chacune trois cartouches ; caractères creux remplis de plomb; bon type oriental ; détériorations causées par l’encastrement de la plaque dans une cheminée. Plaque en marbre mesurant 1 m43 de largeur sur 0m34 de hauteur. (M. Albert Devoulx, Edifices religieux de l'ancien Alger, chapitre lu, page 16G. — M. Albert Devoulx, Alger.)

(Indications du livret , page 138. Fragment d’inscription qui parait provenir de Djama Sida et qui figurait avec d’autres marbres dans une cheminée du palais du Gouvernement. Caractères en plomb.)

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Quel beau monument (1) ! Il est vaste et a été élevé à une grande hauteur. . • . Il est le plus beau bienfait. Il a été bâti (de manière à durer) perpétuellement. . • . Notre prince, doué de la supériorité, Hassan pacha

a construit habilement sa kibla (2), en l’orientant exactement

(1) Ce mot s’applique surtout aux monuments des temps passés. Il faut remarquer en outre qu’il est au pluriel et que cependant tous les mots qui s’y rapportent sont au singulier.

(2) Point de l’horizon vers lequel les musulmans doivent se tourner

en faisant leurs prières ; c’est la direction de la Mecque. Dans les

mosquées, ce point est indiqué par le mihrab ou niche, où se place

l’imam.

de manière à mériter les éloges, . •. à cause d’un récit traditionnel, dans lequel il est rapporté qu’au Paradis est une demeure . • . qu’obtient celui qui à Dieu (qu’il soit exalté !) a bâti une mosquée.

J’ai déjà établi dans mes Edifices religieux de l'aneien Alger (chapitre lu) que cette inscription provenait évidemment de Djama Ketchawa, mosquée aujourd’hui remplacée par la Cathédrale. Je ne puis donc que renvoyer à cet ouvrage.

N° 82. Colonne en marbre, sans aucune inscription, et présentant les dimensions ci-après : fut et base, 1 m22 ; chapiteau, 0m31 ; total lm53.

(Indications du livret , page 127. Colonne monolithe, ionique avec chapiteau et base. Provenant de la Jenina, troisième étage ; dans la menza ou chambre de terrasse placée à l’Est. Remis le 12 juin 1856, par le service des Bâtiments civils).

N° 83. Inscription en caractères hébraïques ; creusés ; plaque mesurant 0m28 sur 0ra28.

( Indications du livret, page 141. Epitaphe hébraïque, caractères creux, du jeune David, fils de Simon Machetou, datée de 5599. Trouvé en 1857, dans les déblais de la rue de la Lyre, impasse des Caravanes, et donné par M. Serpolet, architecte-voyer).

Etant incompétent pour publier le texte et la traduction de cette épitaphe, d’ailleurs sans importance, je me borne à donner les renseignements qui précèdent.

N° 84. Inscription turque en quatre lignes ; caractères creux remplis de plomb ; type oriental, bon. Plaque en marbre mesurant 0™79 de largeur sur 0ra485 de hauteur. (M. Albert Devoulx, Alger).

(Indications du livret , page 127. Frise de la grande porte du palais de la Jenina, relative à la pose d’une porte en marbre en 1227 (1812), par ordre d’Ali pacha. Remis par M. Philippe Picon).

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Je traduis ainsi, d’après feu Mohammed ben Otsman Khodja :

Que le dépositaire de l’autorité, Ali pacha, objet des éloges, .• . soit à jamais favorisé de l’assistance de Dieu !

Par son éminente sollicitude et la manifestation de son pouvoir, . • . a eu lieu le renouvellement de la porte (du palais du) gouvernement et (a été assurée) sa durée.

Nous demandons au moment où elle est ouverte, que les yeux des ennemis soient fermés, . • . par les mérites de celui qui glorifie son maître (Dieu), Mahmoud Ahmed (1).

O vous qui regardez, dites : ce que Dieu a voulu! . • . (5) C’est un lieu élevé, merveilleux, solide. 1227.

L’année hégirienne 1227 a commencé le 16 janvier 1812 et fini le 3 janvier 1813. Au n° 37 du présent travail, on a déjà trouvé une inscription arabe constatant qu’en 1042 (1632-1633), la porte du palais avait ôté refaite une première fois. La seconde reconstruction, dont il est question dans l’inscription ci-dessus, est en outre rappelée dans la note ci-après, consignée sur un registre du beylik et donnant une date précise : « L’an mil deux cent vingt-sept, le dixième jour du mois de redjeb, sous le règne de l'éminent El-Hadj Ali pacha, la porte du palais a été reconstruite en marbre magnifique. Puisse Dieu bénir ce changement l »

La date indiquée par cette note correspond au 20 juillet 1812.

(I) Ce sont deux des noms du prophète. Il s’agit donc de Mahomet qui porte plus particulièrement le nom de Mahmoud dans les cieux.

(1) Quelle chose Dieu a voulu ! C’est une formule par laquelle on ma¬

nifeste son admiration.

N° 85. Colonne en onyx calcaire; mesurant 2ra85 de hauteur et lm50 de circonférence ; aucune inscription.

(Indications du livret, page 139. Colonne en onyx calcaire des carrières d’Aïn Tekbalet, près de l’Isser (route d’Oran à Tlcmcen), avec son chapiteau dans le style arabe. Envoyé de Tlemcen, en 1858, par les soins de M. Charles Brosselard, alors commissaire civil, et d’après les instructions de M. Majorel, préfet d’Oran).

N° 86. Inscription arabe en sept lignes; caractères creusés, mais non destinés à être remplis de plomb ; traces de peinture rouge; type barbaresque, mauvais. Plaque de marbre mesurant 023 de largeur sur 0m325 de hauteur. (M. Albert Devoulx, les Edifices religieux de l'ancien Alger , chapitre lxxxi, page 220. — M. Albert Devoulx, Alger).

(Indications du livret , page 137. Inscription provenant de la mosquée démolie Sidi Hedi ou Tiber'roten (les puces). Petite tablette de marbre blanc, sur laquelle on lit le nom de Mami raïs. La date est indéchiffrable) .

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Louange à Dieu, unique. Celui qui a ordonné la construction de cette mosquée très-grande, est Mami raïs (2), lorsque le moment de sa mort fut venu. Il s’est proposé en cela de plaire à Dieu, l'incommensurable. Année -

(1) 11 faudrait

(2) Capitaine de navire.

Cette inscription présente entre la 2e et la 3e lignes et la 3e et 4e lignes des enjambemen's assez rares en épigraphie arabe. La date a beaucoup exercé les amateurs de curiosités épigraphiques, mais aucun d’eux n’a pu trouver la solution du problème. C’est en vain que j'ai fait un appel à tous les indigènes versés dans la science des chronogrammes; personne n’a pu déchiffrer cette date énigmatique; comme il s’agit d’une rareté historique, je vais répéter ce que j’ai dit ailleurs (1), et rappeler qu’à défaut de solution indiscutable, j’ai présenté, sous toutes réserves et à titre de simple hypothèse, une version que m’a suggérée l’examen attentif du mystérieux texte.

La manière la plus habituelle d'employer pour la rédaction des chronogrammes, les caractères de l’alphabet arabe, d’après la valeur numérale qui leur est attribuée, consiste à former un ou plusieurs mots plus ou moins en harmonie avec la circonstance, et dont les lettres étant additionnées donnent un total égal à la date qu’on veut déguiser. Mais ici cette méthode n’a pas été suivie. En allant de droite à gauche, nous trouvons d’abord un zéro, c’est-à-dire un chiffre, puis un ! dont la valeur numérale est 1, ensuite un ~ valant 8, et, enfin, un adjectif numéral précédé

d’une conjonction : et cent. Trois systèmes ont donc été combinés et employés concurremment pour rendre plus obscure la date de l’inscription, bien que ce fut, à coup sûr, le renseignement qui méritât le plus de clarté. La combinaison a été si heureuse qu’aujourd’hui les plus expérimentés se déclarent impuissantsà deviner l’intention de l’auteur.

Il me semble que dans le cas qui nous occupe, les lettres numérales sont placées dans l’ordre indiqué par l’arithmétique pour la formation des nombres. Le zéro tiendrait donc la place des unités simples; le ! ou 1, serait placé dans la colonne des dizaines, et le £ ou 8, occuperait le rang des-centaines. La date proposée devrait donc être lue comme il suit :

£ (8) ! (1) • (0) et cent. Soit : 810 et cent.

(1) Edifices religieux de V ancien Alger , page 221.

On pourrait en conclure, à mon avis, que l’année cherchée est 810 plus 100, c’est-à-dire 910, ce qui nous reporterait à l’année 1505 de l’ère chrétienne et à une époque antérieure de 11 ans à l'établissement de la domination ottomane en Algérie. La présence à Alger, antérieurement à l’arrivée des Barberousse, d’un corsaire turc, — ou renégat, car le nom de Mami était choisi volontiers par les apostats, — n’aurait rien d’étonnant, attendu que celte ville était alors le refuge de forbans de toute origine, dont les déprédations forcèrent les Espagnols à bâtir, sur un îlot sis à 200 mètres de la ville, la fameuse forteresse connue sous le nom d 'El-Penon. Telle est l’explication que je crois pouvoir donner d’une date formulée d’après un mode inconnu et qui est resté sans imitation, comme il était sans doute sans précédent.

D’après le livret, celte inscription provient de la petite mosquée dite Mesdjecl Tiber R’outin, laquelle fait l’objet du chapitre lxxxi, g 2e, page 220, de mes Edifices religieux de l'ancien Alger.

N° 87 (et dernier du livret). Inscription arabe en trois lignes ; caractères creux remplis de plomb; type oriental ; assez bon ; encadrement de carreaux en faïence bleue, dans lesquels sont écrits en blanc quelques mots et notamment : L»

annonce la bonne nouvelle, ù homme généreux et

brave, que la patience "est le salut. Largeur totale : 0“92 ; hauteur totale : 0m76 ; la partie écrite mesure 0m63 de largeur sur 0m49 de hauteur. (M. Albert Devoulx, les Edifices religieux de l'ancien Alger, chapitre xc, page 234. — M. Albert Devoulx, Alger).

( Indications du livret , page 135. Inscription à caractères en plomb, provenant de la mosquée extérieure de la Casbah. Elle est datée de 1233 (1817) et entourée d’une bordure en briques émaillées de couleur bleue et couvertes d’inscriptions religieuses en caractères blancs. Ilemis par M. l’abbé Landmann, curé de la Casbab).

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L’auteur des bienfails et des bonnes œuvres . • . (est) le Seigneur Hossaïn Pacha, que Dieu l’élève jusqu’au plus haut des degrés (de la béatitude),

lequel se conforme avec foi à cette parole de Celui qui a l’étendard et l’intercession (2). « Quiconque bâtira à Dieu une

mosquée, Dieu lui bâtira, dans le Paradis, une demeure. »

Année mil deux cent trente-trois, .• . après l’émigration (hégire) de celui qui a l’illustration et la noblesse.

Année 1233.

L’année hégirienne 1233 a commencé le 11 novembre 1817 et fini le 30 octobre 1818. Cette inscription provient de la mosquée extérieure de la Casbah, aujourd’hui église Ste-Croix, laquelle fait l'objet du chapitre xc, § 1er, page 234, de mes Edifices religieux de l'ancien Alger.

N° 88 (3). Inscription arabe en relief; incomplète ; cinq lignes ;

(1) Il faudrait

(2) C’est-à-dire le prophète Mohamed qui tient l 'étendard de l’Islamisme et auquel appartient la mission d 'intercéder auprès de Dieu en faveur des hommes.

(3) Le livret explicatif, publié par Berbrugger, en 1861, s’arrête au n° 87. Quant au catalogue manuscrit il n’a pas été retrouvé. La perte de ce document important a eu un résultat bien regrettable : c’est d’anéantir, sans qu’on ait l’espérance de les remplacer, les renseignements que Berbrugger avait dû recueillir sur la provenance des inscriptions. Les n°s d’ordre que j’indique sont ceux du nouveau catalogue dressé par M. Mac-Carthy, document auquel je n’ai emprunté aucun des renseignements que je donne.

type barbaresque, médiocre. Fragment de stèle en marbre ; largeur : 0m21 ; hauteur: 0m265 ; épaisseur ; 0m055 ; bordure composée d’un chapelet d'oves ayant chacune la forme d’un œuf tronqué à ses extrémités ; au revers, ornementation sculptée, ayant pour motifs des fleurs ; avait été utilisé, comme moellon, dans la construction d’un mur, dans une campagne sise à la Bouzaréa, près d’Alger ; donné par une israélile à M. Serpolet fils, alors architecte-voyer, qui en a fait cadeau au Musée, en 1865. (Berbrugger, Revue africaine , tome 9, page 122).

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la ville d’Oran, dans la matinée du vendredi vingt-six choual

de l’année 1119, et il est décédé le samedi, dix-neuf . de

l’année 1122.

Le 26 choual 1119 correspond au 20 janvier 1708, et l’année 1122 a commencé le 2 mars 1710 et fini le 18 février 1711. Berbrugger a établi avec beaucoup de solidité ( Revue africaine , tome 9, page 122) que cette épitaphe devait être celle d’Ouzoun Hassan, général de l’armée algérienne qui enleva Oran aux Espagnols, le 20 janvier 1708. Je ne puis que renvoyer le lecteur à cet intéressant travail.

N° 89. Inscription arabe en relief; sept lignes; enjambement entre la 2e et la 3e lignes ; mauvais type barbaresque. Fragment de stèle en marbre, mesurant 0in13 de largeur sur 0m20 de hauteur; servait d’obturateur à un conduit, dans une campagne sise

a la Bouzaréa, près d’Alger; a été donné par une israélite à M. Serpolet fils, architecte, qui en a fait cadeau au Musée, en 1865 (1). (Inédite).

Ceci est le tombeau de celui auquel il a été fait miséricorde, Mustapha fils de Redjeb. Que Dieu lui fasse miséricorde !

Aucun intérêt de s’attache à cette épitaphe d’un particulier entièrement inconnu.

N° 90. Inscription arabe en relief ; plusieurs lignes enchevêtrées qu’on ne saurait reproduire qu'au moyen d’un fac-similé ; type oriental, mauvais. Plaque en marbre mesurant 0m37 sur 037; donnée au Musée par M. le sous-lieutenant baron Henry Aucapitaine. (Inédite).

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Louange à Dieu ! A fait achever la construction de cette mos-

(1) Ces renseignements sont donnés par Bérbrugger à la page 122 du tome 9 de la Revue africaine.

quée bénie, l'honorable, le Irès-considérable, l’agréable Khelii, fils de Mohammed, que Dieu lui soit en aide. El cela à la date du milieu de chaban de l’année mil cent vingt-sept. 1127.

La date indiquée ci-dessus est comprise entre le 12 et le 21 août 1715. Dans une note placée à la page 289 du tome 9 de la Revue africaine (juillet 1865), Berbrugger fait connaître que celte inscription provient de la grande mosquée de Médéa et que le Musée la possède grâce au zèle éclairé de M. le sous-lieutenant baron Henry Àucapitaine.

N° 91. Inscription arabe en relief; quatre lignes ayant la môme terminaison ; bon type oriental. Plaque en marbre mesurant 0ra48 de largeur sur 0m39 de hauteur (Inédite).

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O Dieu, accepte de ton infime adorateur, Hassan Bey, fils de Khelii, la construction de cette mosquée, qu’il doit à les bienfaits, et fais qu’elle augmente la quantité de ce qu’il aura entre les mains (1). Que Dieu fasse miséricorde à tout homme qui dira amen! chaque fois qu’il portera ses regards sur cet édifice. En l’année 1213 de l’émigration de l’Élu (2); répands les grâces sur lui, ô Dieu, et accorde-lui le salut !

L’année 1213 a commencé le 15 juin 1798 et fini le 4 juin 1799. Il résulte d'une note mise par Berbrugger à la page 289 du tome îx de la Revue africaine (juillet 1865), que cette inscription provient de la mosquée appelée djama el-Ahmar , sise à Médéa, et

(1) C’est-à-dire : fais que cette fondation augmente le nombre des bonnes œuvres qu’d aura à invoquer le jour où il se présentera pour être jugé par toi.

(2) Mahomet.

que le Musée en doit la possession au zèle éclairé de M. le souslieutenant baron Henri Aucapitaine.

Celle inscription permet de constater que MM. Fcdermann et Aucapitaine ont commis une grave erreur chronologique dans les Notices sur l’histoire et V administration du beylik de Titeri , qu'a publiées la Revue africaine (t. ix, p. 280). Citons d'abord le texte incriminé : « Mohammed Frira, surnommé Ed-Debbah ou Fégorgeur, fut choisi par le pacha pour succéder à Ouznadji. . . Mohammed administra le Titeri pendant cinq années, de 1794 à 1799, époque à laquelle il fut tué. . . Ibrahim Tremçani (?) remplaça le bey Ed-Debbah et conserva le pouvoir jusqu'en 1801. Le bey Hassan occupa alors le gouvernement de Titeri . . C’esf le bey Hassan qui a fait construire à Médéa la mosquée appelée djamaa el-Ahmar, dont on voit encore aujourd’hui le minaret près de la porte des jardins (1). . . »

11 résulte clairement de celte narration que Hassan fut nommé bey de Titeri en 1801, en remplacement d’ibrahim, qui avait succédé à Mohammed Frira en 1799, et que c’est pendant son commandement qu’il fit construire la mosquée dont l'inscription figure actuellement sous le n° 97 du Musée d’Alger. Or, cette épigraphe établit que le bey Hassan ben Khelil fit bâtir la mosquée en 1213, soit du 15 juin 1798 au 4 juin 1799. L’erreur chronologique commise par MM. Federmann et Aucapitaine est d’autant plus singulière, que ce dernier avait à sa disposition l’inscription de 1213 — puisque c’est lui qui l’a fait parvenir au Musée, — et qu’il n’a pas su reconnaître qu’elle donnait un démenti formel â la date assignée par lui et son collaborateur à la nomination de Hassan au beylik de Titeri. En présence d’un document dont l’authenticité ne saurait être mise en doute, il devient certain que celte nomination remonte au moins à l'année 1213 (1798-1799. (

N(l 92. Inscription arabe en relief; type oriental, assez bon;

(1) C’est ici que se place la note de Berbrugger dont j’ai parlé à l’alinéa précédent, et qui rappelle que M. Aucapitaine a fait remettre au Musée l’inscription de la mosquée dont il s’agit.

quatre lignes, divisées chacune en deux parties qui riment entr’elles; date en chiffres placée au centre; construction irrégulière de la première partie de la deuxième ligne : le mol qui la termine devrait être logiquement placé au commencement de la phrase, et n'a été rejeté à la fin qu’à cause des exigences de la rime ; détériorations évidemment causées par les débordements de l’Harrach. Plaque en marbre mesurant 0™93 de largeur sur 062 de hauteur; remise au Musée le 15 mai 1868. (Berbrugger, Algérie historique, pittoresque et monumentale, t. 1er, p. 54. Paris, Dclaliaye, 1843. — M. Albert Devoulx, Alger).

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Je traduis ainsi :

A été achevée notre construction merveilleuse, magnifique,

(1) Les deux premières lignes de la publication faite par Berbrugger contiennent une erreur typographique qui en rendent le sens ob cur. La première ligne commence par un et la seconde par un w> ; le compositeur, en plaçant mal les points diacritiques de ces deux lettres,

a transporté le >■ > à la première ligne et le 'JU à la seconde, ce qui

produit les deux mots et L , au lieu de ^ et w , et n’otTre aucun sens.

('!) Berbrugger lit Ls3. Cependant lej , placé au-dessus du ^ , est parfaitement lisible.

(3) Le texte porte bien ï»~' et non comme l’indique Berbrugger.

avec l’autorisation de celui qui l’a fait élever pour plaire à Dieu.

A son sujet, Ibrahim Pacha, fils de Ramdan, a donné des ordres, .\ et elle est devenue un pont pour nous, comme lu vois.

Fasse Dieu que son œuvre soit une œuvre comblée d’éloges, .-. et sa récompense une récompense abondante.

Année mil cent quarante-neuf . \ de l’émigration de celui qui a la puissance et la noblesse (1).

L’année 1149 a commencé le 12 mai 1736 et fini le 30 avril 1737. Cette inscription était placée, du côté d’amont, dans le parapet du pont bâti sur l’Harracb, non loin de son embouchure. On trouvera quelques renseignements sur ce pont à la page 230 du tome xn de la Revue africaine.

N° 93. Inscription arabe en relief; quatre lignes; incomplète; type barbaresque, mauvais. Partie supérieure d’une stèle en marbre ; largeur : 0™20, hauteur : 0m27 (Inédite).

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[sic) (sic) Ax: èiJ!

. . . (sic) , 1= j>j bu 1

Ceci est le tombeau de celle à qui il a été fait miséricorde par la bonté de Dieu, qu’il soit exalté, Fatma, fille du caïd Ali, lui fasse miséricorde .

)!) Mahomet.

Celle épilaphe, qui renferme trois fautes d'orthographe , n’offre aucun intérêt historique.

N° 94. Inscription arabe en relief ; cinq lignes; type oriental, très-mauvais. Stèle en ardoise; largeur : 0m29 ; hauteur (de la partie écrite) : 0m53 (Inédile(.

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Ceci est le tombeau de celui à qui il a été fait miséricorde par la bonté du Vivant, du Subsistant, Mohammed, fils de Mustapha. Que la miséricorde de Dieu soit sur eux deux. An» née 1234.

Cette épitaphe n’offre aucun intérêt historique. L’année 1234 a commencé le 31 octobre 1818 et fini le 19 octobre 1819.

N° 95 Inscription arabe en quatre lignes; caractères faible ment creusés (2); type oriental, médiocre. Disque en marbre offrant un diamètre deOm28 (Inédite).

(1) Le lapicide , reconnaissant qu’il n’avait pas la place nécessaire pour

achever le mot , a abandonné les quatre lettres qu’il avait déjà

tracées, et a écrit ce mot en entier à la ligue suivante

(2) Il ne s’agit pas du système consistant à verser du plomb dans les caractères. La concavité est plus faible, a une autre forme et n’oifre pas les petits trous destinés à retenir|le métal. J’ai déjà dit que je ne connaissais que trois épigraphes gravées d’aorès cette méthode, empruntée aux inscriptions romaines.

Ceci est le tombeau de la vertueuse (1) et pure Falma, épouse du caïd bienfaisant, le caïd Mohammed. Que Dieu lui fasse miséricorde !

L'emploi du masculin à la dernière ligne pourrait faire croire que la miséricorde divine est appelée sur le caïd Mohammed, qu’on devrait alors considérer comme également décédé. Mais je pense que c’est simplement un nouvel exemple de la substitution fautive et assez commune d’un genre à l’autre. La forme, inusitée à Alger, de celle stèle ronde, et le système, rarement employé ici, auquel on a eu recours pour tracer l’inscription qu’elle contient, font regretter que les renseignements relatifs à sa provenance fassent absolument défaut.

N°96. Inscription arabe en relief; trois lignes; espèce de type andalou, bon; bonne exécution. Stèle en marbre ; largeur : 0ra40 ; hauteur (de la partie écrite) : 0™265 (Inédite).

O Dieu, je prends envers toi l'engagement solennel, dans la vie de ce monde, d’attester qu’il n’y a d'autre dieu que toi, et d’attester que notre seigneur Mohammed est (on adorateur et ton prophète .

(1) Ce mot signifie aussi : femme libre par son origine , qui n'est pas née esclave , qui est de bonne naissance.

N° 97. Inscription arabe, incomplète; type barbaresquc; mauvais. Débris de stèle en ardoise ; hauteur : 047; largeur : 0m23 (Inédite).

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Ceci.est le tombeau . martyr dans la voie de Dieu (1),

celui qui a été l’objet de la miséricorde divine . le hadj"

Mustapha, fils de ..... Ali .

N°' 98. Inscription arabe, incomplète ; type barbaresque, mauvais. Stèle en ardoise, cassée ; largeur: (OIS; hauteur: 0m35, (Inédite).

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Il n’y a de dieu que Dieu. Mohammed est le prophète de Dieu, Que Dieu répande ses grâces sur lui et lui accorde le Salut !

N° 99. Inscription arabe en relief; cinq lignes; type oriental, mauvais et mal exécuté. Stèle en marbre ; largeur : 0n>23 ; hauteur (de la partie écrite) : 037. (Inédite).

(1) Cette qualification indique qu’il s’agit d’un musulman tué dans un combat livré aux chrétiens.

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Il n’y a de dieu que Dieu. Mohammed est le prophète de Dieu; il est sincère, digne de confiance ; que Dieu répande ses grâces sur lui et lui accorde abondamment le salut !

N& 100. Inscription arabe, incomplète; bon type oriental, bien exécuté en relief (1). Partie supérieure d’une stèle en ardoise, surmontée d’un croissant, dont les pointes sont cassées; largeur: 0m30 ; hauteur: 0m39. (Inédite)

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Il est le Vivant, l’Eternel, le Survivant ! il n’v a de dieu que Dieu, Mohammed est le prophète de Dieu. Qu’il soit glorifié celui qui m’a fait revivre après l’anéantissement de ma vie.

N° 101. Inscription arabe incomplète; partie supérieure d’une stèle en marbre, avec arabesques; largeur: 0m21 ; hauteur : 0m28. (Inédite).

(1) Ce système est rarement employé sur les ardoises, à cause de la difficulté créée par la friabilité de cette pierre. Ordinairement on indique les caractères au moyen d’un double trait légèrement creusé.

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Il n’y a de dieu que Dieu. Mohammed est le prophète de Dieu .

Nu 102. Inscription arabe, incomplète; relief; type barbaresque, médiocre. Partie supérieure d’une stèle en marbre ; largeur: 0m!8; hauteur : 0m29. (Inédite).

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^ 2 Loi 1

Il n’y a de dieu que Dieu. Mohammed, le sincère, le digne de confiance, est le prophète de Dieu .

N° 103. Fragment de pierre tumulaire (ardoise), mesurant 0m78 de largeur sur 0m 1 2 de hauteur. Sans inscription.

N° 104. Fragment d’ardoise provenant d’une tombe et mesurant 0,n27 de largeur sur 0m17 de hauteur. Sans inscription.

N« 105. Inscription arabe en relief; trois lignes; type barbaresque, médiocre. Stèle en marbre, mesurant 0m2 1 de largeur sur 0m35 de hauteur (partie écrite); arabesques au revers. (Inédite).

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il n’y a de dieu que Dieu. Mohammed, le sincère, le digne de confiance, est le prophète de Dieu.

N° 106. Inscription arabe en relief; type oriental, mauvais. Fragment de colonnette mesurant 0m30 de hauteur ; largeur de chaque face : 0m09. (Inédite).

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Il n'y a de dieu que Dieu. Mohammed est le prophète de Dieu.

N° 107. Inscription arabe en relief; deux lignes; type oriental, mauvais. Stèle en marbre mesurant 0m20 de largeur sur 0n,39 de hauteur. (Inédite).

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Il n’y a de dieu que Dieu. Mohammed est le prophète de Dieu.

N° 108. Pilastre en marbre ayant une hauteur de 2m25 et une épaisseur de 0ml8; ornementation sculptée représentant un vase et des branches avec des fleurs ; aucune inscription.

N° 109. Inscription arabe en relief ; quatre lignes ; typeorien-

tal, mauvais. Stèle en ardoise, ayant une largeur de ü™28 et une hauteur totale de 0"‘60. (Inédite) .

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Il n’y a de dieu que Dieu, le Roi, la Vérité, l’Evidenl. Mohammed est le prophète de Dieu ; il est sincère dans ses promesses et digne de confiance.

N° 1 1 U . Tombeau en pierre, ayant 0m74 de longueur, 0m24 de largeur et CMS de hauleur; partie supérieure en dos d’âne; renfermant une inscription qui est fruste et qui semble avoir été détruite à dessein ; on peut, cependant., y reconnaître le passage du Coran : CyJ! Ji", toute dme (joutera la mort,

qui figure quelquefois dans les épitaphes. Ce tombeau ne doit pas être algérien, car sa forme, qui se rapproche de celle des tombes israélites, n’est pas adoptée par les musulmans de notre ville. Il est regrettable que les renseignements sur sa provenance fassent absolument défaut.

N° 111 . Inscription arabe peinte en jaune sur un fond noir; beau type oriental ; exécutée par M. Bresnier, en son vivant professeur à la chaire d’arabe d’Alger et calligraphe distingué. Fronton en bois mesurant lra44 dans la plus grande largeur et 0m53 dans la plus grande hauteur ; était probablement placé sur l’entrée d'une salle d’étude.

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