‹ Épigraphie indigène du Musée archéologique d'AlgerChapitre 6 sur 15 · ACA · texte numérisé non relu

ACA

Entrez: vous serez accueillis avec joie et vous vous assiérez a l’ombre des sciences.

N°112. Inscription arabe en relief ; cinq lignes, dont les quatre premières ont la même désinence ; bon lype orienlal. Plaque en marbre mesurant 0,n56 de largeur sur 0m54 de hauteur. Remise au Musée par le service des Bâtiments civils, en 1870. (M. Albert Devoulx, Alger).

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A renouvelé la construction de cette belle chambre, avec l’aide de Dieu, le Souverain, le Grand (3), le Kbezinadar (4) Ibrahim, iils d'Ismaïl ! Que Dieu le récompense par le bien au jour de la rétribution. Année mil cent quatre-vingt-trois.

L’année 1183 a commencé le 7 mai 1769 et fini le 26 avril 1770. Cette inscription rappelait le souvenir des embellissements qu’Ibrahim ben Ismaël avait fait exécuter, après sa nomination aux fonctions de kheznadar (5), dans la chambre qu’il habitait, alors qu’il partageait l’existence peu luxueuse des janissaires de l’odjak n° 257, ses compagnons d’armes. Celte fort jolie cham-

(1) Année hégirienne.

(2) Année grégorienne.

(3) Ces deux qualificatifs se rapportent à Dieu et non au personnage dont le nom suit.

(4) Trésorier particulier du dey.

(5) Il devint ensuite kheznadji ou grand-trésorier de la Régence,

bre, un peu basse sous son plafond peint et donnant sur la rue Bab Azoun, était entièrement tapissée de carreaux vernis et coupée par deux divisions de quatre arcades ogivales que supportaient trois élégantes colonnes rondes en marbre. En dernier lieu, le proviseur en avait fait son cabinet.

Après avoir èié affectée à un hôpital militaire, la caserne Bab- Azoun fut occupée pendant plusieurs années par le lycée. Elle a été démolie en avril 1870 pour faire place à un futur palais de justice, dont remplacement est actuellement garni de constructions provisoires.

N° 113 Inscription turque en quatre lignes ; caractères creux remplis de plomb ; type oriental, bon. Plaque en marbre mesurant 0m405 de largeur sur 0m38 de hauteur. Remis au Musée par le service des Bâtiments civils, en 1870. (M. Albert Devoulx, A Iger ) .

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Je traduis ainsi d’après Mohammed ben Otsman Kbodja :

A fait cette construction afin qu’elle reste comme une trace de lui dans ce monde périssable, celui qui n’a pas son pareil pour la bonté et la générosité, Hassan pacha, vizir aux excellentes qualités. Au jour de la Rétribution, il trouvera sa récompense. Année 1211.

L’année ci-dessus a commencé le 7 juillet 1790 et fini le 25 juin 1797. Cette inscription consacrait le souvenir d’embellissements faits par Hassan pacha dans celle des chambres de la caserne Bab-Azoun (ancien lycée), qu’il avait habitée avant son élévation au pouvoir, alors qu’il partageait le sort des janissaires composant Todjak n° 138. Cette pièce, donnant sur la mer, était revêtue en entier d’un parement de carreaux vernis et coupée

par une division formée de quatre arcades ogivales soutenues par trois colonnes cannelées, en marbre. Son plafond peint offrait des baguettes dessinant des losanges. Celle belle et élégante chambre était, en deinier lieu, le salon du proviseur.

N° 114. Inscription turque en quatre lignes; caractères remplis de plomb ; type oriental, bon. Plaque en marbre mesurant 0m54 de largeur sur 0m3 1 de hauteur. Remis au Musée, en 1870, par le service des Bâtiments civils. (M. Albert Devoulx, Alger).

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Je traduis ainsi d’après feu Mohammed ben Otsman Kbodja :

L’aga des Arabes, Ibrahim aga, de son bien légitime, a établi ce lieu. Que Dieu, l’Unique, réalise ses désirs et l’introduise dans le ciel le plus élevé du Paradis! Année 1243.

L’année hégirienne indiquée ci-dessus a commencé le 25 juillet 1827 et fini le 13 juillet 1828. Cette inscription rappelait des embellissements faits dans l’une des chambres de la caserne de Bab-Azoun (ancien lycée), par Ibrahim, aga des Arabes de la Régence et beau-fils du dernier dey, lequel perdit contre l’armée française la bataille de Slaouéli, le 19 juin 1830. Cette chambre, ornée d’une double colonnade en marbre et d’un revêtement de carreaux en faïence vernie, se trouvait dans la partie occidentale de l’édifice et donnait par conséquent, sur la rue Bab-Azoun. Elle fut le berceau de la bibliothèque publique et avait été affectée, en dernier lieu, au cabinet de physique du lycée. J'ai déjà dit que cette caserne a été démolie en 1870.

(1) Cette date est placée au-dessus du premier mot de la dernière ligne.

115. Inscription arabe en relief ; six lignes ; la lre ligne manque ainsi que le commencement rie la 2e: elles ont été brisées lors de la démolilion de la porte de la Marine, en mai 1870; type barbaresque, mauvais, mal exécuté. Tablette en marbre de mauvaise qualité. Largeur : 0m48 ; hauteur : 0™585. Remise au musée par le service du Génie en 1871. (M. Albert Devoulx, Alger).

Les caractères de celte inscription sont très-enchevêtrés et d'une exécution si mauvaise qu’elle les rend souvent illisibles. De plus, le marbre, de très-mauvaise qualité, a beaucoup souffert du voisinage de la mer et aussi de restaurations effectuées dans une bonne intention mais qui. ont eu pour effet de rendre la lecture encore plus difficile. Cette inscription avait disparu sous une épaisse croûte de chaux formée par un grand nombre de couches successives, et n’a été retrouvée que lors des réparations effectuées en 1854. Ces circonstances défavorables m’obligent à faire des réserves très-expresses au sujet de la lecture que je suis parvenu à faire avec beaucoup de peine, mais dont je ne puis garantir l’exactitude. La première ligne et le commencement de la 2e existaient lorsque j’ai fait un estampage vers 1868, mais on les a détruites accidentellement lors de la démolition de la porte de la Marine, en mai 1870.

Voici un essai de lecture que je ne présente que sous réserves :

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A sa louange, ceci esl une porte nouvelle, heureuse. • . Son existence nous procurera la plus grande gloire de la part du Dieu dignes délogés.

(Elle a été établie) pendant les jours du sultan Mourad, que le Glorieux (Dieu), perpétue son élévation. ■ . Je dis donc: sois la bienvenue, ô porte ! que les félicités ne t’abandonnent pas !

Tant que tu seras ouverte, tu seras la porte de la générosité et d’une nouvelle victoire.- Tu as dans ton voisinage deux casernes renfermant des troupes

qui dans un jour de fêle manifesteront leur allégresse et bondiront comme des lions. • . Pour elles un triomphe, une victoire nouvelle et la supériorité sont préparés.

L’a achevée le maître (maçon) Moussa l’andalou, l’unique.-. Que le récompense Dieu . • ., gardien de toutes les créatures.

Et cela sous le règne de notre maître Hassan pacha . • . , que Dieu l’assiste! année 1039.

Les deux casernes dont il est question dans la 2e partie de la 3e ligne, sont la caserne dite d'Osta Moussa, aujourd’hui caserne Lemercier et celle qui était en face et qu’on nommait Dar eddroudj (caserne de l’escalier) parcequ’on y accédait par quelques marches. Elles étaient toutes les deux presque conligüesà la porte de la Marine. Dans la date, le zéro est représenté par le signe o qui vaudrait 5 aujourd’hui. L’année hégirienne 1039 a commencé le 21 août 1629 et fini le 9 août 1630.

Celle inscription surmontait la porte placée à l’extrémité de la rue de la Marine et formant la seule communication entre la ville et le port. Les Européens ont successivement appelé cette issue: porte du Môle, porte de la Douane, porte de la Marine, et, depuis 1830, porte de France. Les indigènes lui donnaient indifféremment deux noms : Bab-el-Djihad , la porte de la guerre

sainte, dénomination des plus significatives surtout employée dans les écrits, et Bab-Dzira, contraction de Bab-el-Djezira, la porte de nie, en souvenir du principal des îlots sis en face de la ville et sur lesquels ont été établis les jetées formant le port. Le nom de Bab-Dzira s'employait aussi pour désigner le port, la Marine, l’ensemble des établissements maritimes. Au dessus de la porte qui nous occupe, existaient, gravées sur une pierre et recouvertes de peintures, les armoiries ci-contre, qu’on pourrait décrire ainsi :

Ecusson en forme de cœur reposant par la pointe sur une boule et placé sous une couronne surmontée d’un croissant. Dans le champ, étoile formée de deux triangles entrecroisés, avec croissant au centre, ce qui s’appelle à Alger Khatern Sidna Sliman (le sceau de notre seigneur Salomon) ; quatre drapeaux tricolores (rouge, vert, jaune), placés par deux de chaque côté et en sautoir, accompagnaient cet écusson qui avait pour supports deux lions grimpants dont les pattes de derrière reposaient sur des canons, et qui était surmonté de deux navires (1). Les musulmans n’ayant pas adopté l’usage des armoiries, il est évident que pour eux ce dessin était simplement une ornementation et n’avait nulle autre signification. Ces armoiries de fantaisie devaient être l’œuvre d’un esclave chrétien qui lors de la reconstruction de la porte aura mis au service des Turcs ses talents en sculpture et ses souvenirs héraldiques, si inopportuns que fussent ces derniers. Lors des réparations faites en 1854, ces armoiries étaient en si mauvais état, grâce à la mauvaise qualité de la pierre et à l’effet destructeur de l’air de la mer, que le Génie les jeta à l’eau après en avoir exécuté une reproduction en plâtre colorié, laquelle figura aux lieu et place de l’original jusqu’en 1870, époque à laquelle elle fut complètement détruite par la démolition de la porte.

En 1570, un étendard à la croix blanche de Malte, une bannière avec la tête de Sl-Jean-Baptiste, et des boucliers, pris sur les chevaliers de Malte, étaient suspendus à la porte de la Ma-

;i) Une partie de cette description est empruntée à Berbrugger.

rine. Ces trophées furent enlevés et brûlés devant le pacha Hassan, rénégal vénitien, huit ans après, sur la réclamation des marabouts et des ulémas, scandalisés que les emblèmes de la religion chrétienne ornassent, même à litre de dépouilles, la porte d’une ville musulmane.

Les cloches trouvées à Oran lors de la prise de celte ville sur les Espagnols, en 1708, figurèrent aussi sur cette porte pendant quelque temps. Au dessous de l’arcade intérieure on remarquait une côte énorme que les indigènes disaient provenir de géants dont on aurait trouvé les ossements monstrueux en creusant les fondations des premières maisons d’Alger, mais qui, en réalité, appartenaità quelque célacé échoué jadis sur le littoral (I).

Celle issue importante était défilée et contre défilée. Elle se composait de voûtes qui au moyen de trois coudes à angle droit venaient déboucher dans la rue de la Marine. Au fond delà première voûte était établie, au-dessus d’une estrade en maçonnerie, une niche réservée au bouab ou portier-consigne qui s'y tenait depuis l’aurore jusqu’au commencement de la nuit. Une de ces voûtes existe encore au rez-de-chaussée de la caserne Lemercier.

En mai 1870, cette ancienne porte de la ville, restaurée en 1854, mais qui n’était plus utilisée et qu’on conservait comme souvenir, a été démolie pour l’agrandissement des annexes de la caserne Lemercier.

N°116. Inscription turque en relief; quatre lignes ; incomplète, la partie de droite manquant ; bon type oriental. Partie gauche d’une plaque de marbre; largeur:; 0m49 ; hauteur: 044 ; donnée au Musée par M. Bosquet, en 1872.(31. Albert Devoulx, Revue africaine, tome 16, page 144. Le même, Alger.

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(i) JBerbrugger.

4jL> ^1. . . i . . .

Je traduis ainsi d’après feu Mohammed ben Otsman Khodja.

. il donne aux créatures toutes les commodités.

. pour les largesses, il l’a établi comme un bienfait à

l’ucage des gens de l'arène.

. Il a accompli une œuvre digne de la plus grande

admiration, pour les gens de l’arène.

. Sa date est renfermée dans (les mots suivants): le

gouverneur de son époque est un boulon de rose.

Suivant l’habitude, le chronogramme annoncé n’offre pas toute la clarté désirable. Comme I addition des trois derniers mots du texte turc forme un total de 1386, ce qui est un résultat inadmissible, il faut se restreindre aux deux derniers mots, lesquels donnent pour somme le nombre 1 1 16, date possible et qui correspondrait à l’année 1704-1705 de J -Chr.

Celte inscription a été recueillie par M. Bosquet au moment où elle allait être détruite par les ouvriers qui démolissaient un bâtiment dans lequel elle gisait, ignorée, depuis bien des années. Personne n’a donc pu donner de renseignements sur sa provenance D’après les recherches que j’ai effectuées, elle devait rappeler la construction d’un local bâti à l’usage des meguarchia ou lutteurs, qui se livraient à leurs exercices sur un midan (arène) sis hors de la porte du Ruisseau (Bab-el-Oued), près du palmier des fours à chaux (1).

(t) Un coup de pioche a enlevé le mot qui suit et n’a laissé

que la première lettre, un isolé. Un distingue cependant la partie supérieure d'un * à lié gauche seulement, et suivant immédiatement le -5. Il est à supposer que le groupe se trouvait en cet endroit.

(2) Voir l’article que j’ai publié dans la Revue africaine, tome 16, page 143.

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