‹ Epigraphie romaine du Poitou & de la SaintongeChapitre 103 sur 190 · ET M · texte numérisé non relu

ET M

Lie

SENODONNAE

Lie

PATERNVS • MO • SIBI

ET

SVIS

VIVM

PARAVIT

Beaumesnil a connu ce texte. On lit au-dessous du dessin qui figure dans son Recueil :

« Pierre inscrite haute de 14 poulces sur 2 pieds 7 poulces de

— no —

long, au derrière du jardin du Monastère Royal des Dames de Sainte-Croix, sur les remparts, le long du Clain. »

Et plus loin :

(( Ce monument est aujourd'hui en l'abbaye de Saint-Cyprien de Poitiers, et à la possession de dom Mazet qui l'a fait retirer des décombres en 1783. Maintenant qu'elle (sic) n'est plus employée dans une bâtisse, on voit son épaisseur, laquelle est d'un bon pied. »

(( Cette inscription, est-il dit d'autre part dans le recueil de dessins qui passe pour faire suite à dom Fonteneau, seroit aujourd'hui à Saint-Ciprien (sic) sur une pierre sépulchrale de 2 pieds 8 p. [de] long, et de 1 pied 2 p. [de] larg. Autrefois enchâssée dans les murs de la ville et enlevée par dom Mazet. »

L'épitaphe de Senodonna disparut au commencement de ce siècle, très vraisemblablement en 1819^ à Tépoque où le mur qui la contenait récemment fut bâti.

De Longuemar et M. Ledain ne Tont citée que d'après la copie ci-dessus qu'ils ont attribuée à dom Fonteneau. Tous deux l'ont interprétée comme suit :

(( Dis manibus et mémorise Licinise Senodonnee Licinius Paternus monumentum sibi Et suis vivm (?) paravit. »

(( Le nom de Senodonna, — • a ajouté de plus M. Ledain, — doit être considéré comme étant d'origine gauloise. » (ly

La pierre a été retrouvée le 16 octobre dernier par le R. P. de la Croix qui dès le lendemain nous en adressait l'estampage. Elle faisait alors partie du revêtement d'une terrasse dépendant de l'immeuble portant le n° 3 bis de la rue de la Trinité, et appartenant à M. Gué, lithographe.

Cette pierre a 0 m. 40 de haut sur 0 m. 73 de large et 0 m. 20 d'épaisseur, mais elle a été taillée â droite, et cette opération a eu pour effet de faire disparaître une partie de la troisième ligne, qui — si la copie de 1783 était exacte, — se trouvait complète il y a 105 ans.

Notre copie (voir pl. lv) :

D M • ET M • Lie • « SENODONNAE • LIC •

PATERNVS MO • SIBI • F / SVIS • VIVM • PARAVIT •

(l) La copie de M. Ledain, écrite en caractères italiques, porte'à la dernière ligne : « Suis vvumi paravit «. Ce n'est évidemment là qu'une erreur typographique.

Points triangulaires. Les lettres, de très bonne forme, ont 0 m. 05.

On doit lire et traduire :

D{îis) M(anibus) et m{emonae) Lic{iniae) Senodonnae , Lic{inius) Paternus, mo[numenlum) sibi et suis vi{v)um paravit.

Aux dieux Mânes et à la mémoire de Licinia Senodonna. Licinius Paternus [son père] a, de son vivant, fait édifier (ce tombeau) pour luimême et pour ses proches.

Senodonna est un nom gaulois que plusieurs inscriptions de Bordeaux nous ont fait connaître (1).

La forme voisine Senobena a été signalée récemment par M. l'abbé Théclenat (2). La même racine se/io = vieux, se retrouve encore dans les noms suivants : Seno (3), Senno (4), Sentis (5), Senocondus (6)^ Senognatus (7), Senoruccus (8)^ Senovir (9), Senourus{10), Senon'œ (11) ,Caledu-Senodon{12) , Senuctus (13), Seneucus (14), Senicatus (15), etc. «

La formule VIVM (pour VIVVM) PARAVIT se rencontre assez fréquemment sur les monuments funéraires. L'omission du V devant une voyelle est assez commune en épigraphie.

Bibliographie: Bibliot. de Poitiers, Carton des mss. et auiog., 2® liasse, n°' 23 et 24. — Bibliot. de Poitiers, Inscript, et monum.., (msc. sans pagin.). — Beaumesnil. p. 42. — De Longuemar, p. 143. — Ledain, p. 169. — Ledain, Epig. rom., p. 26 (et dans Mém. Ant. 0. 1886, p. 166). — Coll. de dessins de la Soc. des Ant. de l'Ouest, carton 1, (reproduction au crayon du dessin de Beaumesnil). — E. Espérandieu, Bull. Ant. 0., 1888, 4' trim., (sous presse). — Bull, archéol. 1888, 4^ fasc. (sous presse).

fl) AUmer, t, i. p. 182. — G. Jiillian, Inscript, rom- de Bordeaux, Bordeaux, 1887. in-49, t. i, pp 286 et 390.

(2) Bull. Ani. F., 1887. p. 177 el Bull, mon., 1888, p. 154.

(3) G. Jullian, Inscript, rom. de, Bord' aux, l. i, p. 403.

(4) 0. I. L , t. XII, no 1.317.

(5) A. de Barthélémy, Légendes des monnaies gauloises, dans Eev. cell., t. ix, p. 29.

(6) Brambach, Corpns inscripl. rhen., n" 1330. — C 1. L , l xii, ii" 3029.

(7) Greuiiy, Hev. celt., t. m, p. 306.

(8) G. Jullian, Inscript, rom. de Bordeaux, t. i, p. 226.

(9) C. /. L., t. XII. n« 3584.

(10) Ihid., no 5686, 816.

(11) Ibid., no 2480.

(12) A. de Barthélémy, Re\). cell., t. ix, p 29.

(13) C. /. L., t. XII, no 3371.

(14. 15) Alimer, t. ii, p. 383.

ÉPITAPHE DE PARTILLA.

Musée des Antiquaires de l'Ouest.

Le 16 mai 1888, le R. P. Camille de la Croix a découvert à Poitiers^ dans rancienne église Saint-Barthélemy située rue Saint-Hilaife, n° 3 bis, un fragment de cippe de 0 m. 13 de haut sur 0 m. 42 de large, qui a été déposé au musée des Antiquaires de l'Ouest.

L'inscription qu'il porte est ainsi conçue. Notre copie (voir pl. XLiv) :

x,^xrT.x I I I I I

RI • FIL • ET IvL E • PARTILLAE

[D{iis) M[anibus)? ]n(/) fLl{ ), et Juliae Partillae [ ]tu[s

pos{uit) ?]

Aux dieux mânes. A fils (ou fille) de et à Julia Partilla, ....

X leur a fait construire (ce tombeau).

Les lettres, de très bonne époque, ont 0 m. 04 de haut. Ce fragment n'avait pas encore été publié.

Inscription du plan Saint-Simplicien à Poitiers.

M. Clément Pallu de Lessert a publié dans les Bulletins de la Société des Antiquaires de l'Ouest (l^'" trim. 1888), la copie suivante d'une inscription découverte par le P. de la Croix (( dans un mur moderne faisant partie des servitudes d'une maison appartenant au sieur Maingault sabotier », et située au n° 20 du plan Saint-Simplicien, au pied même de Tenceinte gallo-romaine :

(( Les lignes 1 et 2, dit M. de Lessert, contenaient les nomina et cognomina du défunt, car il s'agit d'un monument funéraire. Malheureusement il ne reste guère que les désinences de ces noms. C'est sans doute : CI* C à la première ligne; c'est ONIO à la seconde.

« La ligne 3 donnait la filiation du personnage. Le nom qui précède les lettres Jil était vraisemblablement le génitif de celui dont on trouve la forme dative à la première ligne. On peut donc sans témérité restituer : c IS YYLio.

« La ligne 4 est plus explicite. Elle nous renseigne sur la nature du monument qui portait l'inscription. EX TESTame/z^o est une formule bien connue. . . .

« L'O, dit encore M. de Lessert, est rigoureusement circulaire, il a été tracé au compas et son centre est marqué par un point triangulaire... » Et plus loin : « Nous n'avons pas remarqué des points à la fin des mots. »

La copie que nous avons prise nous-même, le 3 juin 1888, en compagnie du R. P. Camille de la Croix est un peu différente de celle que nous venons de donner. D'abord il existe parfaitement, à la fin des mots, des points triangulaires — qui sont même très apparents, — et ce que M. de Lessert a pris pour le « centre marqué » d'un 0 n'est ni plus ni moins que l'un de ces points. Ensuite le fragment de lettre qui commence la première ligne n'est pas la partie inférieure d'un C, mais bien celle d'un R; il ne peut y avoir aucun doute à ce sujet. Nous ferons enfin remarquer que les trois dernières lignes du fragment sont complètes à droite. Le grand espace vide compris entre les dernières lettres et le bord même de la pierre nous le prouve complètement. Il en est peut-être de même pour l'autre ligne.

Notre copie serait donc la suivante, (voir pl. xliv) :

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