‹ Epigraphie romaine du Poitou & de la SaintongeChapitre 132 sur 190 · ÉPITAPHE DE MINICIA ALBIN A · texte numérisé non relu

ÉPITAPHE DE MINICIA ALBIN A

Musée de Saintes.

(( [L'inscription suivante], dont nous devons la reproduction à M. Marcel de Fontremis , a été trouvée au mois de juillet 1873, rue du Rempart^ â Saintes , dans les fondations des murailles de la ville, avec une foule d'autres débris romains, lorsqu'on bâtit le café dit des Colonnes, sur le Cours national, et transportée par nos soins au musée des Antiques. »

(Audiat, Epigr. sant.)

« Cippe de Minicia Albina: hauteur 1 m. 47, dont 0 m. 55 de soubassement ; largeur 0 m. 47; épaisseur 0 m. 23; les côtés sont arrondis. Les lettres ont 0 m. 05

« Au bas est l'ascia, un des plus beaux et des mieux gravés qui existent. On pourra le comparer avec Taiscée saintongeaise. »

(Audiat, Catalogue.)

Notre copie (voir pl. xxii) :

MINICIA ALBINA

(ascia)

D{iis) M(anibus) et m(emoriae)Miniciae Albinae.

Aux dieux Mânes et à la mémoire de Minicia Albina.

Bibliographie : Audiat, Bull, arch, S., t. iv, 1883, p. 110, et Bull, é'pigr. de la Gaule, t. m, 1883, p. 137. — Audiat, Catalogue. n° 8,

ÉPITAPHE DE DIVIXTA.

Musée de Saintes.

Société nationale des Antiquaires de France. Séance du mars 1876. — « M. le général Creuly signale une inscription récemment découverte à Saintes, dans le mur du jardin de l'hôpital. Elle a été communiquée à la commission de la topographie des Gaules, par M. H. Luguet, professeur de philosophie au collège de Saintes :

D M DIVIXTA

DIVIXTI FIL FILIO LO FRON ...NIS MA RITO

(( Divixta, Divixtifilia Filiolo Frontonis marito. »

(Bull. Ant. F.)

(( Une deuxième inscription [découverte à la même époque et au même lieu que la précédente, n"" 118], porte les mots :

(( D M DIVIXTA DIVIXTI FIL • FILIO LO FRON

/ONISME {M et E liés.) RITO

« D{iis) M{anibus). Dimxta, Divixti Jïl{ia), Filiolo Fron- (t)onis merito.

« Aux Dieux Mânes , Divixta fille de Divixtus , au fils chéri de Fronton, comme il le mérite.

(( On peut se demander si Divixta, fille de Divixtus, est la mère du défunt; il parait surprenant qu'elle ne le dise pas.

Alors à quel titre élevait-elle un cippe au fils d'un homme qui n'était pas son mari.

(( M. Mowat m'a fait remarquer que le petit défunt, enfant de Fronton, n'est pas nommé dans son épitaphe. Cela indique qu'il était mort avant la cérémonie de l'imposition du nom, qui avait lieu le huitième jour après la naissance.

(( Il pense qu'on doit sous-entendre les mots suo et entre flliolo et Frontonis , ce qui rendrait la phrase très claire. Si le monument n'est pas élevé par le père , c'est que probablement celui-ci était mort ou absent au moment de la naissance de l'enfant. » (Audiat.)

M. Audiat, qui avait lu merito au lieu de marito, s'étonnait, avec juste raison, dans V Epigraphie santone^ de trouver ce mot à la fin d'une inscription funéraire. « On se serait plutôt attendu, dit-il, à la locution bene meretUi. »

Dans le catalogue du musée d,e Saintes, notre érudit confrère n'a pas commis la même erreur en consacrant au monument les quelques lignes que voici :

« Autre funéraire élevé par une femme Divixta à son mari : long., 0 m. 45 ; haut., 0 m. 88; épais., 0 m. 25; le fronton , de 0 m. 20 est mutilé ; les lettres ont 0 m. 04 :

« D M DIVIXTA DIVIXTI FIL • FILIO LO FRON /// NIS MA RITO

(( D[ns] m[anibus], divixta DIVIXTI fil[ia] filiolo fron[to]- Nis (riLio) marito.

(( Aux dieux Mânes. Divixta^ fille de Dwixtus, àFilioluSj Jils de Fronton^ son mari.

(( Filiolus, nom commun , n'aurait ici aucun sens. Il faut en outre sous-entendre, après le génitif Frontonis, le mol filius qui est toujours représenté au moins par F. Divixta, Divixtus, sont des noms absolument gaulois qu'on lit à Luxeuil, à Limoges, à Virieu-le-Grand , à Bordeaux deux fois au masculin, deux fois au féminin à Strasbourg, Bàle et Langres, puis à Saumur sur un cachet d'oculiste divixev, etc. »

Cette interprétation est aussi celle qui a été» proposée par M. de Laurière :

(( Je crois, dit-il, qu'il faut considérer le mot Filiolus comme le cognomen du mari de Divixta ou le sobriquet par lequel il est habituellement désigné. Je lis donc :

« D{us) Mianibas). Divixta^ Dœixtijil{ia), Filiolo ^ Fron- \t6\ni8 {filio) marito. »

Nous croyons de notre côté qu'il est préférable de lire (voir pl. xxxiv) :

M(anibus). Divixta, Divixti fil{ia), filiolo Fron[to]ni s marito (pour mariti).

Aux Dieux Mânes. Divixta, fille de Divixtus, [a fait élever ce tombeau] au fils naturel (ou fils en bas âge?) de Fronton, son mari.

Comme on a pu le voir par le témoignage du général Creuly, cette inscription n'a pas été trouvée où l'indique M. Audiat. Elle provient donc, comme les p^^écédentes, des fouilles qui ont été pratiquées dans les murs du jardin de Thopital général, cette mine inépuisable de monuments romains.

Les noms de Divixtus et de Divixta sont essentiellement gaulois^ mais leur forme n'est pas rare (1). Une inscription de Luxeuil a donné la forme gentilice Divixtius (2). Le nom de Fronto se trouve, sous la forme Frontu, dans l'inscription celtique du Vieux-Poitiers.

Bibliographie : Bull. Ant. F., 1876, p. 92. — Audiat, Bull. arch. S., t. IV, 1883, p. 111, et Bull, épigr. de la Gaule, t. m, 1883, p. 137. — De Laurière, Bull, épigr., t. m, 1883, p. 194. — Héron de Villefosse, Bull, épigr., t. m, p. 250. — Audiat, Catalogue, n* 54, p. 45.

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