‹ Epigraphie romaine du Poitou & de la SaintongeChapitre 66 sur 190 · INSCRIPTION RELATIVE A LA DÉESSE CARPUNDA · texte numérisé non relu

INSCRIPTION RELATIVE A LA DÉESSE CARPUNDA

« Autel de pierre de près de 2 pieds de haut sur 15 poulces quarré de large, [appartenant au secrétaire de M. de Berrier, intendant de Poitiers], trouvée (sic) dans un jardin tout joignant le cimetière de Saint-Jean, preuve incontestable que c'est l'autel consacré à l'une de ces deux statiies dont on n'a que les restes [et qu'on adorait dans le temple Saint-Jean] :

Autel votif de Poitiers.

« DAEA

CARPVNDAE

CASTISSIMA

(N et D liés) {T et I liés)

HORTMDA • LIB • F •

(de Beaumesnil. ) (Voir pl. vu.)

(l) Ledain, Epigr, rom., p. 13.

« Le cippe de 2 pieds de haut et 15 pouces de large sur lequel est gravée cette inscription se voyait près de l'église Saint-Jean, à Poitiers, en 1747. 11 a disparu ; mais dom Fonteneau a recueilli la copie de l'inscription. C'est un ex-voto, probablement un petit autelj dédié à la déesse gauloise nommée Carpunda.

(( Deœ Carpundœ Castisstma Hortumda libenter fecit. »

( Ledain, Epigr. rom,)

Sans donner les raisons sur lesquelles il s'appuie, de Beaumesnil considère « Hortuda » comme une affranchie de Claudia Varenilla dont nous citerons plus loin l'épitaphe. De Longuemar est le premier qui ait fait une déesse gauloise de Carpunda, Comme nous venons de le voir, son exemple a été suivi par M. Ledain. Nous serions aussi de cet avis si nous connaissions un peu mieux l'histoire de l'autel dont nous parlons ici, et surtout si nous étions un peu plus certain de son authenticité. Mais nous avons déjà dit que le Recueil d'inscriptions qui passe pour faire suite au volumineux travail de dom Fonteneau, n'a certainement pas été formé par le savant bénédictin. On l'obtint en réunissant, à une époque qui n'est pas très éloignée de nous, tout ce que la bibliothèque de Poitiers contenait de croquis , signés ou non , des monuments et inscriptions , non seulement de la région du Poitou, mais encore de la France (1). C'est ainsi qu'à côté de certains dessins qui sont datés du dernier siècle, — et dont la plupart sont peut-être dus à de Beaumesnil, — figurent des estampages de cloches pris en 1817, ou des vues de monuments signées par des auteurs qui vivaient encore il n'y a pas trente ans.

Le dessin de l'autel votif de Carpunda, en particulier, nous parait être de la facture de de Beaumesnil. 11 est identique d'ailleurs aux deux exemplaires qui sont contenus dans le volume manuscrit de cet antiquaire, et nous le croyons, par conséquent, tout aussi apocryphe que l'autel de la déesse Oca.

Bibliographie : De Beaumesnil, Recueil manuscr., pp. 60 et 92. <— Bibliothèque de Poitiers, Inscript, et monur)i. — De Longuemar, p. 144. — Ledain, Epigr, rom., p. 14. — Coll. de dessins delà Société des An t. de l'Ouest, carton 3, (reproduction au lavis du dessin de de Beaumesnil).

(l) L'un de ces croquis représente le pont du Gard.

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