‹ Epigraphie romaine du Poitou & de la SaintongeChapitre 88 sur 190 · L. FVRIVS. L. F. ANI CRE M. MILES. LEG · texte numérisé non relu

L. FVRIVS. L. F. ANI CRE M. MILES. LEG

XIIIIC //////////

« V[V)cws\, FVRIVS. l.[vcii\. Y\ilws]. Km[ensis\, CRE- M[onae]. MILES. LEG[?b/z?s]. XIIII {quartœ decimœ). »

Notre copie (voir pl. xi bis) : .

L • FVRIVS • L ' F • ANI • CREM • MILES LEg

L{ucius) Furius, L[ucii) f{ilius), Ani{ensi tribu], ('rem(ona), miles

leg{ionis) XIIII G[eminae, anno[rum) stip{endiorum) H{ic)

s{itus) e{st].

Ici repose Lucius Furius, fils de Lucius, de la tribu Aniensis, né à Crémone, soldat de la légion XIV Gemina. Il vécut .... ans et servit pendant

« Un autre soldat de la même légion, dont Tépitaphe a été retrouvée à Zahlbach, près de Mayence, était originaire aussi de Crémone (1). Tous ces hommes faisaient partie d'une levée faite en Cisalpine et dans le sud de la Narbonaise (2). »

Créée par Auguste, et tirée par Claude en 43 de la Germanie supérieure, où elle tenait garnison, la légion XIV Gemina fut envoyée en Bretagne où elle resta jusqu'au règne de Vespasien.

Elle gagna dans cette province les surnoms de Martia Victrix et revint à Mayence d'où Trajan l'expédia plus tard en Pannonie.

(1) Brambach, Corpus inscripl. rhénan, 1172. (Cf. également, n° 948.)

(2) Revue poitevine et sainlongeaise, t. ii, p. 43.

Tandis que les légions de Germanie* étaient en Bretagne, Claude alla se placer à leur tête. Il les commanda pendant seize jours^ prit part, croit-on, au siège de Camulocluntun (Colchester) et revint à Rome avec le surnom de Britannicus . Nous ne savons quel fut l'itinéraire qu'il suivit pendant ce voyage, mais serions-nous certain qu'il prit la route d'Autun à Bordeaux, que nous n'oserions affirmer encore qu'il fût accompagné par des soldats de la quatorzième légion dont quelques-uns purent mourir à Aulnay.

Indépendamment de la légion qui nous occupe et des deux légions du siècle qui ne sont connues que par la Noiitia dignitatum, trois légions portèrent aux premiers siècles, le surnom Gemina. Ce furent, la légion VII Gemina qui tint garnison en Espagne et fut créée par Galba ; — la légion X Gemina, créée par Auguste et envoyée d'Espagne d'abord en Germanie , puis en Pannonie ; — enfin la légion XII Gemina créée de même par Auguste, qui tint garnison dans les mêmes * provinces que la précédente, et fut ensuite envoyée en Dacie où elle resta jusqu'au règne d'Aurélien.

M. Mommsen a publié dans V Ephemeris (1) la liste de tous les soldats dont on a découvert les épitaphes. Celle de la légion XIV Gemina ne contient pas le nom du soldat Furius.

La 14^ légion double ayant longtemps vécu dans les cantonnements de Mayence, les tombeaux romains découverts autour de cette ville ne pouvaient qu'en rappeler bien des fois le souvenir (2). Les soldats qu'ils nous ont fait connaître avaient été plus particulièrement fournis par des contingents de la haute Italie, des Alpes Cottiennes, de la Narbonaise, de la basse Germanie, de la Tarraconaise, du Norique et de la Pannonie.

Bibliographie : Biblioth. de Poitiers, Inscript, et monum. — Mangon de la Lande et Foucart, Mém. Anl. O., t. ii, p. 89. — Thibaudeau, édit. de 1839, notes, t. i, p. 435. — Massiou, p. 57. — Desjardins, p. 38 de 1 edit. in-f°. — Berthelé, Revue poitev. et saint., t. II, 1885-86, pp. 12 et 43. — Audiat, BuUet. Arch. 5., t. v, 1885, p. 184. — Héron de Villefosse, Bull. Ant. Fr., 1885, p. 130. — Ledain, Epigr. rom., p. 40 (et dans Mé7n. Ant. O., 1886, p. 180). — Audiat, Catalogue^ p. 70, n° 230.

(1) Ephem., t. v, pp. 200 et suiv.

(2) Braiïibach, Inscripl. Rhénan , n^s 923, 989, 1172, 1173. 1175, 1179, 1181, 1184. 1185, etc.

ÉPifAPHE DE JULIUS ALBUS.

Musée de Saintes.

(( [Fragment] trouvé à Aulnay, Aunedonacum,en 1859, et transporté au musée de Saintes.

(( Ce débris a 92 cent, de hauteur ; il en a 60 dans sa plus grande largeur. Ses lettres varient de longueur à chaque ligne ; elles ont 9 cent, à la première ; à la deuxième et à la troisième, 7; enfin 13 à la dernière :

(( Lucius ALBIMIus ... anNO XXVII STIpendiorum VII hic Situs Est.

(( Il est évident que l'E de la première ligne est mis pour F, fllius ; IT doit être la fin de vixlT ou de decesslT ; AENATIS est certainement pour AETATIS. » (Audiat.)

Notre copie (voir pl. xl) :

ALBIMIE (sic) LEG II > LAENATIS ANNO • XXVIISTIVII H S E

(1) Ce cliché nous a été communiqué par M. Audiat.

La pierre est en trois fragments et les deux fragments de gauche ont été tout récemment découverts, par M. Audiat, lors de la translation des antiquités de la ville de Saintes dans le nouveau local qui leur est affecté.

Ainsi que l'a reconnu M. Audiat, la première ligne est très réellement terminée par un E , mais il n'est pas absolument certain que cette lettre ait existé de tout temps. Quoi qu'il en soit le texte doit incontestablement se lire :

[D{iis) m[amhus) et m{emoriae) C[au)?] Iul{ii) Albi, mU[itîs) leg[ionis) secundae, centuria Laenatis, anno[rum) XXVII, sli[pendiorum) VIL H[ic) s(itus) e{st).

Aux dieux mânes et à la mémoire du soldat Caius Julius Albus, de la deuxième légion, centurie de Laenas. Il mourut à 1 âge de 27 ans après 7 ans de services et repose en ce lieu.

Comme son collègue Au tins, le soldat Albus était entré au service à l'âge de vingt ans. On sait qu'il n'était possible de servir, dans l'armée romaine, qu'à partir de dix-huit ans, à moins que l'on ne fût fils de soldat, auquel cas la limite d'âge se trouvait abaissée de deux ans. Le temps à passer sous les drapeaux étant de vingt ans pour les légionnaires , on voit facilement que le soldat Albus n'avait pas été congédié, ou n'avait pu l'être que par anticipation, lorsqu'il mourut.

Non moins que pour les deux inscriptions précédentes , il serait intéressant de connaître quelles peuvent être les causes qui amenèrent à Aulnay le soldat Julius Albus, et peut-être aussi le corps dont il faisait partie.

Il y eut plusieurs légions romaines qui portèrent le numéro II :

(( Ce furent, dit M. Allmer, la légion II Atigtista, créée par Auguste et qui se trouvait à sa mort dans la Germanie supérieure; l'empereur Claude la transféra de là en Bretagne, où elle était encore vers le milieu du m'' siècle; — la légion U Adjutrix, formée à la hâte de soldats de marine par Néron, dissoute et réformée par Galba, puis définitivement constituée par Vespasien et mise d'abord en Bretagne, ensuite et à demeure en Pannonie; — la légion II Trajana, créée et préposée à la garde de FEgypte par Trajan; — la légion II Parthica de Septime Sévère, mise quelque temps en Orient, puis cantonnée en Italie, près de Rome,» — et nous pourrions ajouter encore à cette liste la légion II Italica créée par Néron.

La légion dont il est ici question ne peut avoir été que la II Augusta. Strasbourg (1)^ Arles, Bourgoin, Genève, Uzès et

(l) Brambach, Inscript, rhénan., ii° 1892.

Narbonne ont donné des inscriptions funéraires qui la rappelaient (1).

Bibliographie: Audiat, p. 46. — E. E[spérandieu], Revue poit. et saint., t. IV, 1887-88, p. 320. — Audiat, Revue de Saintonge et d'Aunis, 1888, p. 1 18. — Audiat, Catalogue, t. viii, p. 43, n° 42. — Allmer, Revue èpig., 48, 1888, p. 343. ~ Em. Espérandieu, BuU. Ant. O., 1888, p. 445.

ÉPITAPHE DE JUSTINIUS PATERNUS.

Inscription perdue de Saintes.

(( Sur le mur intérieur du jardin [de l'hôpital général à Saintes] :

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