ET • M
IVSTIN 1 • PATER NI • VETE RANI • L • P RI • MINE • AVG • POT ENTINA COIV • —
POSVIT » (BOURIGNON.)^
Il nous parait possible de lire :
D[iis) m[anibus) et m[emoriae) lustini[i) Paterni, veterani l(egionis] pri{mae) Mine[rviae) Aug{ustae).
Potentina co{ii)ju[gi) posuit.
Aux dieux mânes et à la mémoire de Justinius Paternus, vétéran de la légion première Minervia Augusta. Potentina a fait élever [ce monument] à son mari.
Ainsi que l'a fait remarquer Bourignon , le cognomen Paternus, qu'il n'est pas rare de rencontrer dans les inscriptions romaines, se lit sur un certain nombre de monuments trouvés dans le midi de la France et plus particulièrement à Nîmes, Périgueux et Lectoure (2). Une inscription de Poitiers le fournit aussi.
(1) CL L , t. XII, nos 677, 2355, 2601, 2929 et 4354.
(2) Le tome xii du Corpus en fournit 67 exemples.
Le cognomen Potentina s'est déjà rencontré à Carpentras (1) et Narbonne (2) ; celui de Potentinus se lit sur uner inscription de Grenoble (3). La forme Polenta est enfin donnée par une inscription d'Afrique (4).
M. Audiat a reproduit la copie de Bourignon. Il lit, à la 2® ligne, le nominatif conjux qui peut d'ailleurs tout aussi bien convenir que le datif conjugi.
La légion I Minervia fut créée par Domitien. Elle tint garnison à Bonn, dans la Germanie inférieure, et dut comprendre certains contingents de vétérans tirés de la Germanie inférieure^ de la Belgique, et de la haute Italie (5).
D'autres légions portèrent aussi le n° I. Ce furent les suivantes :
La legio prima Adjutrix, créée par Galba;
La legio prima Germanica ? créée par Auguste et licenciée par Vespasien ;
La legio prima Italica^ créée par Néron ;
Et la legio prima Parthica, créée par Septime Sévère.
Une épitaphe de Valence (6) mentionne un autre vétéran de la légion prima Minervia ; une inscription de Fréjus (7) nous fait connaître, en outre, que cette légion — dont Arles, Tarascon, Vienne et Narbonne nous ont encore fourni le nom par des inscriptions funéraires (8) — portait les surnoms de
Pia Fidelis.
Bibliographie : Bourignon, p. 39. — Chaudruc de Crazannes, p. 161. — Audiat, p. 50.