‹ Épigraphie romaine du Poitou [et] de la SaintongeChapitre 84 sur 217 · INSCRIPTION DU BALNÉAIRE DE POITIERS · texte numérisé non relu

INSCRIPTION DU BALNÉAIRE DE POITIERS

Musée lapidaire des Antiquaires de l'Ouest.

(( Inscription sur pierre provenant des fouilles du sol de la rue Lubac, à Poitiers, achetée directement par la Société [des Antiquaires de l'Ouest] aux ouvriers qui venaient de l'exhumer au coin de la rue Corne de Bouc et de la rue de Lubac. » (de LoNGUEMAR. — Copic dcssinée).

(1) Très provinciae Galliae primo unquam monumenlum in sua civitate posueriiul; iocum onlo civilalis Viducassium liberae dédit. Positum oclavuna decimum kaleudas ianuarias, Pio et Proculo^consulibus. '(Marbre dit de Thorigay, trouvé à Vieux, près de Caeu, dans le courant du wi^ siècle.)

(( Fragment d'inscription romaine sur pierre, découverte en 1870, à Poitiers, au coin de la rue Corne de Bouc et de la rue LuJmc, ou de l'Est, près de l'amphithéâtre. » (Ledain 6.)

Hauteur de la pierre , 0 m. 50; largeur, 1 m. 05; hauteur des lettres, 0 m. 09.

Notre copie (voir pi. xli) :

/// vlISET.x^BALL ///

//// ^ilBlTORIAD ///

//// NTEASPORT^ ////

//// vQT< HAF'"'P^ //

La lecture suivante a été proposée par M. Clément Pallu de Lessert :

« In Ihermis et in balineo... diribitoria cl... Anlea sportulas

aqux. Hxc optulU

(( Pour quiconque a riiabitude des inscriptions municipales, dit-il, nous sommes on présence d'un texte rappelant l'inauguration de travaux faits, pour la cité, par un bienfaiteur dont le nom n'a pas été conservé. Suivant l'usage, des distributions et des jeux ont accompagné cette inauguration. Au commencement de la quatrième ligne nous avons peut-être la fin du mot spcctaculcujue. Ea mémo ligne donne encore la cause qui avait déterminé cette libéralité. Dans le même genre, nous pourrions rapprocher de nombreuses inscriptions d'Afrique portant cette formule : Haec obtitUt ob lioiiorcm flaminii, ou oh honorem duunmiraius « en l'honneur do son élection au flaminicat » ou « au du uni virât ».

« La prcmièi'c ligne mentionne certains travaux exécutés dans les thermes et dans le balnéaire. Si l'interprétation est exacte, nous sommes en présence du seul texte éj)igrapliique qui nomme les thermes explorés par le R. P. de la Croix. Il en résulte aussi que la ville, indépendamment des thermes , possédait un Ijalnéaire dont l'emplacement est inconnu.

« Enfin la seconde ligne n'est pas moins intéressante. La seule restitution possible du mot ((u'cUe ])orte est diribitoria. On retrouve du reste sur la ])iorro dos traces du D initial.

<( Mais que désignait ce motf On n'en connaît qu'un exemple à Rome; encore était-il coium sous le nom i\o. diribitorium; diribitoria avec safonuc plurielle ost nouveau. Il nous apparaît, dans les rares textes (pii le ineiilioimeiit, eonime im vaste bâtiment sans cloisons intérieures, nnc sorte de halle couverte commencée i)ar Agrippa et inaugurée i)ar Auguste a])rès la mort de celui-ci. Il paraît avoii' servi à des usages multiples: les anciens graiinnairi<'ns nous disent <pie c'était le lieu où l'on distribuait

(diribere) les bulletins de vote pour les Comices, et où l'on payait la solde des soldats ; Dion Cassiiis nous apprend aussi que sous Caligula, pendant un été exceptionnellement chaud, l'on y établit un planclier et l'on y donna des spectacles publics. »

M. le colonel Babinet (1) appuyant l'interprétation attribuée au mot diribiioriam par M. Fallu de Lessert a cité les définitions (|ue donnent de ce mot les dictionnaires de Forcellini, de du Cange, d'Ambroise Calepin et de Vossius. Calepin en particulier pensait que le diribitorium était aussi le lieu où demeuraient les esclaves, et Vossius que c'était la salle d'école des jeunes esclaves. Nous ajouterons à cela que d'après Suétone (2) et Pline (3), cités par Anthony Rich (4) , le diribitorium était encore la place occupée par les agents de l'empereur lorsqu'ils assignaient aux conscrits leurs corps respectifs ou lorsqu'ils passaient les troupes en revue.

M. Ledain n'a donné dans son Épigraphie romaine du Poitou, que l'interprétation déjà proposée par M. Fallu de Lessert.

« Le dernier mot, dit-il cependant, pourrait bien être opéra. Quoi qu'il en soit, il n'en résulte pas moins de cette inscription, qui serait si intéressante pour l'histoire locale si elle était complète, qu'il y avait à Foitiers des thermes, des balnéaires, des diribitoria, dont la construction ou la réparation , ou l'inauguration donna lieu à des fêtes et largesses aux frais de quelque magistrat ou puissant personnage. »

Nous acceptons assez, pour notre compte, la majeure partie des restitutions qui ont été proposées par M. de Lessert, mais s'il nous parait possible de lire :

... in ^AerVtlSET un BKLIV eo

c/ïRIBITORIA D

aNTEA SFORT\/«s

\QV^^J^,^"' ^^"^tdit?

in ther]mis et in bal,i[neo.... di]ribitoria [ a\ntea sportu[las...,

nous ne croyons pas qu'il y ait lieu de voir, au commencement de la cinquième ligne un autre mot que la conjonction que; c'est donc de préférence à toute autre que nous accepterions pour ce mot la lecture [spcctacula]qne, mais ce texte n'en demeurerait pas moins très obscur dans certaines de ses parties.

(1) Dull. Ant. 0., 1887, p. 197.

(2) Claude, xvii.

(3) Hist. nat., xvi, 76.

(4) Dicl. des anliq. rom. et grecques, Paris, 1873, in-8°, p. 231.

Bibliographie : Bull. Ant. U., 1870, p. 397 et pi. ii. — Bricauld (le Verneuil, BuU. Ant. ()., 1885, pp. 587 et 593. — Nouv. Cal., p. 10. — Cl. Pallu (le Lesserl, Bull. Aul. (3., 1886, p. 10, et 1888, p. 450. — C Babinet, Bull. Ant. O., 1887, p. 197.- Ledain 6, p. 10.— Ledain, Epig7\ rom., p. 51, (et dans Mém. Ant. O., 1880, p. 192.)

INSCRII^TION DITE DU BALNEAIRE DE ROMAGNOUX.

Musée de la ville de Poitiers.

« Fragment de pierre trouvé à Marçay, déposé à la bibliothèque de Poitiers :

DVN

MENTISO

FLAMEN

BALINEVM SVI

S 0 » (Ancelin.)

(( Quatre fragments d'inscription d'un l)alnéaire , hauts de 42 centimètres [ont été] trouvés en 1833, a Marçay, près Vivonne, [et] offerts [au musée des Antiquaires de TOuest], par M. Thibaudeau aîné. » (Ane. Cal. P.) (1).

(( Ce fragment d'une inscri])tion relative à la fondation d'un balnéaire fut trouvé dans le sol, couvert de débris gallo-romains indiquant l'emplacement d'une grande villa au Komagnoux, dans le vallon du Palais, ])rès Vivône, et donné au musée de [la ville de] Poitiers, par ]\I. Thibaudeau aîné. »

(De Longuemar.)

(( Fragment d'inscription d'un balnéaire romain. Cette plaque en pierre dure, brisée en plusieurs morceaux, provient de la villa romaine de Romagnoux , commune de Marnay (i'/c), près Vivône, et a été olïerte au nuisée i)ar INI. Thibeaudeau aîné, en

(( Hauteur, 0 UL 42; longueur, 0 m. 21. » (Brouillet.)

(1) L'ancien catalogue du mnsée de Poitiers a été extrait des Mém. Ant. 0., t. x, 18 ij |i[). 1 à 03. Il avait clé rédigé par une comiui.ssion composée de MM. de Lamariouze, LHcointri'-l)u))ont. Ch. de Clicrgé, de Ciiasteignier et Fillon.

DVN

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