‹ Épigraphie santone & aunisienneChapitre 15 sur 96 · FILIA · texte numérisé non relu

FILIA

AiLx dieux Mânes, à Julia Benhonia et à Marcus Terentius.... Maria leur fille.

Au lieu de Bbnnonia, on peut lire Vennonia, nom plus usité; le changement du b en v, et réciproquement, est fréquent en latin.

Ce cippe a 1 mètre 69 cent, de hauteur sur 45 cent, de largeur et 56 d'épaisseur. Ses lettres ont 5 centimètres. Il provient, comme beaucoup d'autres, des murs de Thôpital général. Ces murs semblent être un musée inépuisable. En effet, c'est sur le plateau élevé,, où se sont construits

pta» taardr l^hâ|Nilal géhérei ai. leicowmoli.da la Providence^qu'ôtait bâti le Caintole.

c Lesieur de Perne, goauemeuf de la Villedô^ Saintes» rseonte^ Armand Maiohin, page 107» ayant, en Taiméo 1609) receu oommandement.du. Boy. Hbkby IV d-y^fair^t dresser quelques Bastions, fit ruiner vne vieille- Tour^ à- Tenbée de la Citadelle ipOMXC en. afvoic lea matériaux. Bt ayantfait bôeheu aa fond, d&la^ ITour ebaiix environa, il/ s'y treuua grande quantité de pierres en vu maaoea«b dont les vues témoignoient auoir servi à quelque grand Edifice, conmie pourroit estre vu Temple ; et les autres sembloient estre des débris de quelques Monuments et Sépulchres. On y treuua plusieurs pièces de grandes Colomnes canelées et rudentées, garnies de leurs bases, chapiteaux, architraves, frises, corniches, efc moulures de bonne grâce et juste proportion; Ensemble, d'autres structures representans quelque forme d'Autels à l'antique, avec diverses figures et jnscription», dont les vues avoient la ressemblance de Prestre» Flammes dédiés à Jupiter Capitolin, qui sacrifloient avec des jnstruments de Beligion, connue Pateres, Symputn, liiuesy Disques, et autres de cette nature. »

Sur les instances de Samuel Veyrel, apothicaire de Saintes et antiquaire, Louis de Pernes, lieutenant du roi, les fit encastrer dans la partie des fortifications qui servent aujourd'hui de terrain au jardin de l'hôpital. En 1816, en démantelant un mur, et depuis jusques et y coiApri» \W&^ toutes le&foi&^on a Heaué ua xmeUon sur l'emplacement de l'ancien Gapitole, on n'a paa aian- (pié d'y fajxe dies trouvailles. Les antiques (]iâ restent à Saintes vienoent de là.

Toutefois, notons un fragment étranger à cette ville. n a été trouvé â Aulnay, Âunedohacum, en 1859, et transporté au Musée de Saintes.

Ce débris a 92 cent, de hauteur; il en a 60 dans sa plus grande largeur. Ses lettres varient de longueur àchaque ligne ; elles ont 9 cent, à la première, à la deuxième et & la troisième, 7 ; enfin, 13 à la dernière. Je ne me cbat^ pas de rétablir l'inscription. Contentons-nous de ce que ces lignes nous donnent.

Celui qui reposait sous ce marbre, s'appelait Lucius Âlbimius; il a vécu 27 ans. C'était un soldat qui serai sept ans.

Lucros ALBIMIus anNOXXVH STIpepîdiobuk Vn

me Srnis Est.

Il est évident que l'a de la première ligne est mis pour V, fiiiu» ; n doit être la fin de vixn ou de decttar, .GNATis est certainement pour .iEtâhs.

Quels étaient tous ces morts dont nous trouvons ainsi énumérés les noms, l'âge, la profession? Qui nous dira les espoirs ou les regrets ensevelis sous ces tombes? Qui nous racontera l'existence de ces hommes qui ont passé dans les champs que nous foulons, vécu de notre vie,

éprouvé nos passions? Surtout que reste-t-il d'eux î Pas même un peu de cendres ; et si nous en parlons encore , c'est qu'une pierre, élevée sur leurs cadavres par des mains pieuses, vient, à travers les âges, tout à coup nous raconter qu^eux aussi ils ont été vivants.

Un autre autel sépulcral nous vient encore d'Aulnay. On l'a découvert sous le pavé de l'église en 1859. Peut-être avait-il servi primitivement de dalle. Gomme le précédent, il a été consacré à un soldat. L'inscription au nioins est complète. Elle est remarquable à plus d'un égard.

Ce cippe, qui paraît avoir été plus long, a t mètre 30 de hauteur sur 62 centimètres de largeur; l'épaisseur est de

18 centimètres II était beaucoup plus considérable avant qu'on l'eût diminué pour rendre plus facile le transport de ce bloc. Au haut se trouvent trois fleurons ; celui du milieu représente une rose. L'inscription occupe un espace de 52 cent, de loagueur et 42 de largeur. Lés lettres de 5 centimètres sont disposées sur six lignes. L'l et Va de la première sont réunis; mais entre eux un point indique des mots différents. Les abréviations sont nombreuses ; un seul mot est écrit en entier ; nous espérons pourtant interprêter tous ces sigles d'une façon satisfaisanta

Una expression seulement daqs ces phrases offre des difdcttltés; c'est le terme qui suit Avnva. Faut-il lire n'ÂNL ea un s^ul mot?. Efani pour Efamv$ sans doute. Maia quel peut être ce nom?^ Nous avons la prtoom Lvcivs; le nom est Avnvs. Après, il ne reste plus que le cognomen et l'agnomen ; mais efanivs ne peutêtre rien de cela. Faut-il lire àfrânivs, par la substitution assez fréquente de Te en a et la disparition dû l'a aj^rès I'f? La difficulté ne serait que changée. Aeranivr egtjun nom de famille, et se place après, le prénom Lvcrvs. On ne peut le prendre ni pour le cognomen qu^ distinguait par quelque particularité les brancj^ea d'unç même famille, ni pour l'agnomen qui désignait unp action d'éclat particulière , une qualité personnelle Qt. souvent un vice ou un ridicule. Et puis on n'aurait pasi manqué d'écrire ce m,ot important en entier, comme on Ta fait pour Avnvs.

Doit-on voir là deux mots? Pour moi je n'hésite pas; j'en verrais même trois, e f est certainement une faute du sculpteur qui a fait un s au lieu d'un l. On sait combien ces erreurs sont fréquentes en épigraphie, et combien aussi est usitée la formule lvciï Filivs, un tel fils tTun tel. On doit donc lire Lvdvs Avnvs Lvctï Filivs.

La seconde ligne offre un intérêt à la fois historique et géographique. Je n'ignore pas c^u'un interprét^teur a changé tout cela, en traduisant A;>fi. for. ivli par ANimt

FOJMissimi ivLi; mais l'erreur est si grossière qu'on me permettra de ne m'y pas arrêter. J'explique ainsi : ANimsis FORt rvii. « Autius, de Fréjus, de la tribu Anietisis. » Il y a

dans Gruter seul vingt exemples d'inscriptions semblables. Citons, page 370 :

SEX • AVLIENO • SEX • F • ANI.... ïî VIR • VENAFRI- ET • FORO • IVLI •

A Sextus Aulienus, fils de Sextus^ de ta tribu Aniensis, duumvir à Venafre et à Fréjus;

puis :

L • APPVLEIVS • L • F ' ANI-..

Ludus AppuleiuSf fils de LuciuSy de la tribu de l'Anio.

11 est inutile d'allonger cette liste. Ces exemples suffi* sent pour prouver qu'il faut bien traduire :

Ludus Autius, fils de Lucius, de la tribu Aniensis, de Fréjus.

Les deux expressions iinitfn«t# et Forum Julii méritent d'être signalées. Elle attestent que Fréjus, fondée par Jules César, d'où son nom Forum Juin, avait à Rome le droit de cité. Caius Gracchus avait fait passer une loi qui donnait aux Latins le droit de cité et aux Italiens le droit de suffrages. Le sénat eut l'adresse de tourner cette arme contre lui en accordant de semblables concessions aux alliés. Et quoique, à la mort du tribun, la loi dont il était l'auteur eût été abrogée, cependant certains alliés qui s'étaient glissés dans les tribus romaines y restèrent. Salluste, aux chapitres xlh et xuii de la guerre de Jugurtha, nous montre les divers partis se servant à Rome des Latins, des alliés italiens, et alliés étrusques pour s'y disputer l'influence. Plus tard le droit de cité fut très facilement accordé. Alors les villes gauloises admises à cet honneur s'affiliaient par une fiction légale à une des 32 tribus qui se partageaient la ville de Rome. Fréjus appartenait à la tribu de l'Anio.

Le rçste est f acilç :

^ES LEGiON^9 Xim GEMous ANNO XXXV STIPçNDn XV Hjg Sitvs Est.

Soldat de la quairième légion double, après trerUe-'Cinq ans de vie et quinze de service milir taire, a été placé ici.

xxxa

Peut-être les lettres a n i sont-elles une partie du mot vfierAig. Y.o^ci upe pierre gui porte le mot en j^tier. EUe é^it, du temps de Bourignon gui la cite, ^^gfk 39, d^^ple mur extérieur de riiôpital.

ETM-

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