FECIT
Geraud Audebert, (ou Aubert), de SaitU-yfean-d^Angily, m'a fait.
Il est très rare de rencontrer de ces noms d'artistes à cette époque. Us travaillaient pour Dieu, et ils ne demandaient qu'une chose, que leur nom, oublié de tous, fût au moins su de lui.
A côté de l'artiste de SainWean-d'Angély, plaçons un évêque de Saintes.
Vm: ID:
AVG : OB :
GODERA NN»: SAN TONENS:
EPS : HVI» :
Q: LOQ:
ABB: PUS IMVS:
Le VIII des ides d'août — 6 août — est mort Goderan, évêque de Saintes et abbé très pieux de ce Heu.
En fouillant, l'an 1835, l'antique abbaye de Maillezais, on découvrit, dans la grande nef, un tombeau. Le couvercle montrait un évêque avec mître , crosse , chape , pallium et anneau. Ses mains étaient croisées sur la poitrine ; la tète s'appuyait sur un large coussin, et aux
pieds était couché un chien. Dans ce tombeau, on trouva des ossements, un vase de terre cuite , du charbon , des plantes aromatiques, une crosse, un anneau d'or épiscopal et une plaque de plomb. Sur cette plaque étaient gravés les mots que nous venons de reproduire.
Vin
La crosse de bois portait, sur un cercle d'argent, cette inscription : BAUm fa$toral de Goderan (évoque) de Saintee.
VffiGA PASTORA LIS GODERANNI SANTONENSIS
Goderan, moine de Saint^Rémy de Reims, pieux chapelain de saint Hugues, abbé de Gluny, succéda, en 1060, à Humbert, abbé de Maillezais en Poitou. Né à Reims, à peine sorti de l'enfance, il était allé au monastère de Haut-Villers pour y apprendre la grammaire, le chant et la liturgie. De retour à Reims , et ne trouvant pas la règle de Saint-Rémy assez sévère, il entra à Cluny. Comme chapelain de saint Hugues, il accompagna celuici à Maillezais, où l'abbé de Gluny venait présider l'élection d'un nouvel abbé.
Dans ce chapitre, où assistèrent Hugues de Gluny ; le duc d'Aquitaine ; Isember t, évêque de Saintes ; Geoffroy, abbé de Saint-Jean-d'Angély ; Gérard, abbé de Luçon, Goderan fut élu abbé de Maillezais. Plus tard, sa piété le fit choisir par le concile pour évêque de Saintes, en 1068, à la place d'Amoux, déposé comme simoniaque. Mais le chapitre de Saintes avait nommé Boson. Goderan, pour mettre fin à cette rivalité, se démit de son évêché, et reprit exclusivement l'administration de son abbaye, n mourut^ dans sa chère solitude; en 1074.
\\à qui ebngOA lEHenpQ, mmiiç cld tfaill^sai^, d'écrire Thlatoire dQ eette abbaye (i).
Au musée de La Rochelle» musée un peu en perspective, une pierre tumulaire, qui peut être de cette époque, trouvée à FArepentis, près du fief Saint-Marc, porte en lettres creup^ :
BERNARDUS DE MARAYENTO
Puis ce vers hexamètre qvi est incomplet :
ETENTA SIBI SINT JLU VITA PERENNIS
M* Lf de JtiohemoQd qui le transerit dans La BocheBe el $e$ mmrmif, page 960, y voit anu rmESTA , et traduit : % Que tout ce qu'il possédait reste sans maître; qu'il ait, lui, la vie étemelle, » Je mettrais plus volontiers eimfiia rviBNTA, etraurais: BBaNARD db marvânt, (Merventou Marans).
A d'aulrei èti biens ; à lui la vie itemette.
L'épitaphe qui suit n'a pas plus de date que celle de Bernard de Marvant. n est portant plus facile de lui en fixer une. Elle existait sous le porche de l'église de Sainte^Marie, au faubourg de Saint-Pallais, de Saintes. U s'agit de Bérenger^ architecte du couvent Quel est ce Bére^ger?
(1) Voir fliMoifi 4i rfi»m de mS$H^ 9tr N. l^bbé Uevri«, ma t9.
 BBRENaÂRIYM TEQIT HIC lAPIS INGINERÂTVM ARTE MONâSTERIVM CVIVS FUTT JSDIPICATVM QYEltf PETRA DBFVNGTYM GOELAT GOELARE VOLEBAT PETRAS GVI PETRVS. . . . àKTE FAVEBAT.
L'abbaye des Dames fut fondée en 1047. Fuirelle bâtie aussitôt?
Le quatrain nécrologique de Bérenger est assez difficile à traduire. Outre que le dernier vers est incom^ plet, il y a sur les pierra de la bâtisse et sur la pierre funéraire des jeux de mots qu'on ne peut rendre en français.
C'est A. Bérenger que cette pierre couvre dans son tombeau. Constructeur habile de ce monastère ^ une pierre indique sa sépulture y quand ^ ces pierres, il les voulait sculpter, favorisé par saint Pierre.
Un Bérenger, Bengarius seu Berengarius, dit le GalUa, fut doyen du chapitre de Saintes, en 1326.
Autour d'un cintre au-dessus de la porte fermée qui donnait accès de l'église dans le cloître des religieuses, on lit ces mots :
PAX i ETERNA : AB • ETERNO i PATRE : SIT î HVI : OMVI.
Ces lettres sont certainement contemporaines de la construction de Tédiflce sacré :
Que la paix, grâce au Père étemel^ règne à jamais dans cette maison.
Et sur le mur du portail ces sept lettres seulement qui indiquent la sépulture de quelque abbesse :